CHAPITRE VIII
juam sacerdotem ligare : suam enim conscientiam non œuunt, sacerdotis induunt ‘.
Nous pouvons bien mettre entre Îles saints Pères, le and saint Charles Borromée. Voici l'avertissement qu'il donne aux confesseurs : Les confesseurs, dit-il, seront wvertis de différer l'absolution jusqu'à ce que l'on voie imendement, à ceux dont ils jugeront probablement qu'ils tetourneront dans le péché, quelques promesses et quelques protestations qu'ils fassent de n'y plus retourner. Et à ceux meore qui sont demeurés et sont retombés plusieurs années dans les mêmes péchés, sans avoir eu soin de s’en corriger ?.
C'était aussi un des principaux avis que saint Francois Xavier, l'apôtre des Indes, donnait aux confesseurs. selon le rapport de Turcelin en sa vie, lors principalement qu'ils confessaient des personnes engagées dans les affaires et dans la corruption du monde; à savoir de ne les absoudre pas aussitôt qu'ils seraient. confessés. mais de différer quelques jours, pour préparer leurs esprits par quelques exercices de piété et de bonnes œuvres ; afin, disait-il, que durant ce temps ils effacent les taches de leurs âmes par des larmes et par des peines bolontaires. S'ils doivent quelque chose, qu’ils le rendent : Sils ont quelques inimiiés, qu'ils les quittent et qu’ils se ré- Concilient avec leurs ennemis ; qu'ils se détachent de l'habitude des vices de la chair, et des autres auxquels ils sont Sujets. IL vaut mieux que toutes ces choses précèdent l'absolution, que non pas qu’elles la suivent.
Voilà le langage des saints Pères. Si après cela vous Consultez les Docteurs de la théologie morale, vous verrez qu'ils sont dans les mêmes sentiments. Suarez”, Re- Iginaldus*, Conink”, Navarrus$, Tolet”, Filiuciusÿ, Bo-
ni Lib. 2 de Pœnitentia, cap. 9.
2 Jnstr. Confess. Voir ce que nous avons dit ci-dessus, p. 234, note 1. 3De Pænitentia, disp: 22, sect. 2.
ALib. 8, cap. 2, n. 16. — 5 Disp. 8, n. 233. — 6 Cap. 3, n. 21. 2Lib. 3, cap. 18, n. 5. — ?Tr. 7, cap. 12, n. 355.
nacina! et plusieurs autres enseignent unanimemer qu'il n’est point permis de donner l’absolution à ceux qui retombent toujours dans des péchés notables, sani aucun amendement : parce qu'il est évident qu'ils n'on pas une sincère et véritable résolution de les quitter
Venons aux raisons : en voici trois principales qui son de grand poids.
Considérez la première. N'’est-il pas vrai que tous le théologiens sont d'accord qu'on ne peut pas absoudi une personne qui est dans l’occasion prochaine du péché laquelle se peut quitter, jusqu'à ce qu'elle l'ait quitté effectivement : parce qu'il est certain moralement parlani que pendant œu’elle demeurera dans celte occasion, elll demeurera dans son péché ? Or quelle différence y a-t# entre une occasion prochaine de péché qui est hors d nous, et une habitude de péché qui est imprimée enracinée dans le plus intime de notre âme, sinon qu celle-ci, que nous portons continuellement dedans nous eskbien plus forte pour nous faire tomber dans le crime que celle-là, qui ne nous accompagne pas toujours L'homme peut-il porter du feu dans son sein sans @ sentir les effets, dit le Saint-Esprit? Peut-il marcher sù des charbons ardents sans se brüler les pieds ? Numqui potest homo abscondere ignem in sinu suo, ut veslimenit illius non ardeant? Aut ambulare super prunas,ut non comb burantur plantæ ejus?? Concluez donc qu'il ya encorepl de raison de différer l’absolution à celui qui est dans Pha bitude d’un péché mortel, jusqu'à ce qu'il l'ait vaineue ou que du moins il l'ait beaucoup affaiblie, qu’à celui qu est’ dans l’occasion prochaine du péché, jusqu'à ce qu l'ait abandonnée.
Voici la seconde raison. D'où vient je vous prie, que sacrement de Pénitence, qui a été établi du Fils de Die
! De Pænitentia, disp. 5, quæst. 7, p. 4, ? 2, n. 19.
2 Prop Nl, 27: