CHAPITRE VIIL VOX
our détruire le péché dans les âmes et pour les converà Dieu, opère aujourd'hui si peu d'effets dans la plu- Art des chrétiens, et qu'après tant de confessions, on oie si peu de conversions, sinon de la négligence et de à lâcheté des prêtres, qui le donnent à des personnes ans lesquelles il n’y a aucun esprit de véritable pénience? Avec quelle justice ceux qui sont assis dans ce ribunal pour y exercer le jugement de Dieu, peuvent-ils bsoudre un criminel qui demeure toujours dans ses rimes, et qui par conséquent porte toujours la malédicjon et la condamnation du souverain Juge? Comment jeuvent-ils absoudre en la terre celui que Dieu condamne ns le ciel, sinon en prononcant contre eux-mêmes lärrèt de leur éternelle damnation ?
Troisième raison, et qui est sans réplique. N’est-il pas “rai qu'il n’est point permis à un prêtre d'appliquer la forme d’un sacrement, si la matière ne lui est présente, du moins moralement, c'est-à-dire, s’il n’a du moins une certitude morale de la présence de la matière ? Or quelle est la matière du sacrement de Pénitence ? Vous savez que la matière éloignée ce sont les péchés, et que la prochaine ce sont les actes du pénitent, à savoir la confession, la contrition et la satisfaction. Vous savez que la Véritable contrition, soit parfaite, ou imparfaite qui est Pttrition, renferme en soi, une véritable volonté de imender ; et par conséquent que cette volonté faisant artie de la matière de ce sacrement, elle doit ètre connue du confesseur, de telle sorte qu'il ait une certitude morale u'elle est véritablement dans le cœur de son pénitent. Or par quel moyen peut-il avoir cette connaissance ? Estlee par les paroles, par les promesses et par les protestations du pénitent ? Oui bien, à la première ou seconde fois qu'il promet et qu'il proteste qu’il changera de vie; ais non pas quand, après plusieurs promesses, il a toujours persévéré dans son péché. J'en dis autant des | auxquelles il ne faut pas se laisser fléchir, quand
elles ne sont pas accompagnées des dispositions née saires à une vraie pénitence.
Le confesseur donc, après plusieurs récidives de s pénitent, ne peut plus connaître par ses paroles ni p ses larmes, qu'il a une véritable volonté de s’amende mais il ne peut avoir cette connaissance que par les effe c'est-à-dire par le changement de sa vie, et par la p tique réelle et effective des moyens qu'il lui donnera po vaincre ses méchantes habitudes. Or, afin de voir effets, il faut nécessairement différer pour quelque tem l'absolution, qui est la forme de ce sacrement, puisqu n’est pas permis de l'appliquer sur une matière qui tout à fait incertaine.
Ce sont ces raisons qui ont obligé la sainte Égli d'enseigner cette doctrine à ses enfants, et de la fai. pratiquer par tout l’univers et dans tous les siècles, ain qu'on le voit par les décrets des sacrés Conciles, par écrits des saints Pères, par la doctrine des théologien etdepuis peu d'années, par l’ordre de l’Assemblée gén rale du Clergé de France, tenue en l’année 1657, qui commandé d'imprimer le livre des /nstructions poure Confesseurs, dressées par saint Charles, lequel enseig manifestement cette pratique}.
Joignez l'expérience à toutes les raisons susdites,Æ demandez aux confesseurs qui donnent l’absolution in différemment à toutes sortes de personnes, quels fru ils ont vu de cette conduite ; et si après tant d’absolutio qu'ils ont données si facilement, ils ont vu quelqu'un leurs pénitents qui se soit converti par ce moyen. S y font réflexion, et qu'ils veuillent parler sincèreme ils vous répondront qu'ils n’ont point reconnu d'autre effets de ce procédé, sinon que les pécheurs non seule ment ne se sont pas corrigés, mais qu'ils ont pris dev occasion de se licencier davantage, et de s’abandonne
1 Voir là-dessus notre Introduction au Bon Confesseur, p. 132.
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