‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 148 sur 309 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tions qu ils lui font de changer de vie ne seront point ans effet : ceux-ci, dis-je, peuvent encore recevoir l'absoution sans remise.

Mais remarquez encore quil y a cette différence entre à première de ces quatre sortes de pénitents, et Les trois. lutres, que non seulement on peut, mais qu'on doit lonner l'absolution aux premiers, c'est-à-dire à ceux qui sont en péril de mort, s'ils sont dans les dispositions. marquées ci-dessus ; et quon peut la donner aux trois autres, mais qu’on n y est pas obligé : parce que l'habitude du péché est certaine en eux, et qu'il y atoujours sujet de craindre que la volonté de le quitter ne soit pas solideébvéritable, après avoir promis plusieurs fois d'y renoncer sans l'avoir fait. C'est pourquoi, encore qu'on les puisse Absoudre sans délai, supposé qu'on voie en eux les dispositions que j'ai dites, c'est pourtant le plus assuré jour le confesseur et le plus utile pour les pénitents, de différer l’absolution jusqu'à ce que la vérité de leurs résolutions se fasse voir par les effets, et que la sincérilé de leur contrition se manifeste par le changement de leur vie.

; SECTION VI

Jestruction des obstacles et difficultés qui se rencontrent uen la pratique du délai de l’absolution, au regard … des péchés d'habitude.

Entre ces obstacles et difficultés, j'en trouve quatre rincipales.

“La première est de ce qu'on n’a pas soin d'enseigner aux fidèles les vérités susdites, et de leur faire bien conévoir l'importance et la nécessité de cette conduite. De Mivient que, quand les confesseurs viennent à leur parlereleur différer l’absolution, plusieurs d'abord en sont surpris et choqués, et ont peine à se soumettre au jugement de ceux qui leur tiennent la place du souverain Juge.

Pour détruire cet obstacle, il est nécessaire que pasteurs, les prédicateurs, les catéchistes fassent bien er tendre aux chrétiens, que ce n’est pas en vain que Notre Seigneur a dit aux prêtres : À quiconque vous pardoi nerez les péchés, ils seront pardonnés : et à quiconq vous les retiendrez, ils seront retenus! ; et que ce paroles font voir clairement qu'il y à des personnes qui il ne faut pas donner l'absolution : et qu’en efteti la faut refuser à ceux qui ont le bien d’autrui, jusqu’à qu'ils l’aient restitué ; à ceux qui sont mal avec le pri chain, jusqu'à ce qu'ils aient fait ce qu’ils peuvent pou se réconcilier ; à ceux qui sont dans l’occasion prochaï ù du péché, ou qui la donnent aux autres, jusqu'à qu'ils en soient dégagés, ou qu’ils cessent de la do ner ; et à ceux qui sont en des péchés d'habitude qu'il ont promis plusieurs fois de quitter, jusqu’à ce qu} fassent voir les effets de leurs promesses : et que tout les absolutions qui se donnent à toutes ces sortes."Æ personnes, sont autant de condamnations, tant pou ceux qui les donnent, que pour ceux qui les recoïiver

Le second obstacle vient du côté des confesseurs, de les uns sont si ignorants, qu'ils ne savent pas ce qui peuvent et ce qu'ils ne peuvent pas, ce qu'ils doivent ce qu'ils ne doivent pas faire pour exercer ce ministèr comme il faut. Les autres le savent assez, mais sont négligents et traitent les mystères de Dieu si négligem ment, qu'ils ne se donnent pas le loisir et la peine d’ef seigner et de faire pratiquer aux fidèles les choses nk cessaires à leur salut. Les autres, possédés de l'espn d'avarice, se portent volontiers à donner beaucou d'absolutions, afin de ne pas perdre le profit qu'ils e attendent. Les autres, remplis d’une certaine compl sance humaine, d'une fausse charité et d’une cruelle >

l« Quorum remiseritis peccata, remittuntur eis ; et quorum tinueritis, retenta sunt. » Joan. XX, 23.

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