CHAPITRE VIU
tètre confessée : parce que la chose de soi n’est pas nauvaise.
Troisièmement,que cette considération n’a pas empêché que le quatrième Concile général de Latran, tenu sous Injocent III, qui ordonne à tous fidèles, sous de grandes eines, de communier à Pâques, ne déclare néanmoins que, pour une cause raisonnable et par l’avis du confeseur, la communion pascale peut être différée à un autre emps. | “Quatrièmement, que, quand cela ferait quelque tort à lui à qui on diffère l’absolution, ilen serait la seule cause jar l’attache qu’il a au péché, et pour avoir trompé pluieurs fois ses confesseurs en leur promettant de le quiter, et faisant tout le contraire. Et d’ailleurs ce tort et mal serait beaucoup moindre que celui qui arriverait on lui donnait une absolution, n'ayant point le vrai ‘sprit de pénitence : car ce serait l’enfoncer davantage lans la perdition.
“Cinquièmement, que les péchés pour lesquels on difère l'absolution à un pénitent, sont secrets ou publics. ils sont secrets, le confesseur peut trouver: des expélients pour cacher aussi ce délai d’absolution, et faire en onte qu'il ne fasse aucun tort à son pénitent. S'ils sont ublics, le pénitent doit s’imputer l'inconvénient et le ommage qui lui arrivera, si on s’apercoit qu'il n’ait point ud'absolution ; lequel ne peut être que très petit en omparaison du scandale qu'il a causé et du tort qu'il est fait à soi-même par les crimes qu'il a commis puliquement, comme par ses blasphèmes, par ses ivrofneries, par ses impudicités, par ses concussions et inustices, et par d’autres semblables désordres.
MSixièmement, qu'il est facile d'ôter tout sujet, non leulement de scandale, s’il y en avait, mais même d’étonlement. et de prévenir les ombrages que le monde peut rendre, voyant des personnes qui ne communient pas
près la confession, par deux moyens, dont j'ai déjà dit
le premier, qui est que les confesseurs peuvent et doive donner des expédients à ceux auxquels ils remette l'absolution, pour les mettre à couvert des soupcoï qu'on pourrait avoir d'eux, ne les voyant pas communi® Ce qui est assez facile aux confesseurs qui ont un pê de lumière et d'expérience.
Le second moyen est que les curés et vicaires dat leurs paroisses, et les missionnaires dansleurs mission! parlant des péchés contraires à la charité, fassent co naître aux chrétiens que c’est un jugement téméraire un péché mortel, de croire qu'une personne qui ne CON munie pas, après s'être confessée, soit coupable € quelque grand péché pour lequel on lui ait refusé l’a solution et défendu la communion : parce qu'il n’est pa nécessaire de communier toujours après la confessiof et que les plus sages confesseurs privent de fois à autre les personnes les plus vertueuses de la sainte comm nion, après même s'être confessées et avoir recu l'abst lution, pour les exercer en l'obéissance eten la mor fication ; et qu'ils la diffèrent aussi aux personnes 4 dévotes et imparfaites, afin de leur donner loisir de $ mieux préparer, par prières, par bonnes œuvres, et p une seconde confession en laquelle ils peuvent s'accus des fautes qu'ils ont oubliées en la première, et se pui fier de plus en plus par la contrition afin de recevoir Saint des saints dans une âme plus nette et plus sain
La quatrième difficulté est que celui à qui on diffà l'absolution peut mourir en cet état. |
Ilest vrai: mais je dis premièrement que cette raiso ne doit point avoir de lieu, puisqu'elle n'était point co sidérée dans la primitive Église, lorsqu'on différait 4 absolutions, non pas seulement pour quelques jours, mx pour plusieurs années, et quelquefois jusqu’à la mon
1 Le Vénérable fait sans doute allusion ici aux pénitences ca niques, imposées surtout pour des crimes publics.