‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 161 sur 309 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

« Avez-vous pas une ferme résolution, moyennant la grâce de Dieu, de changer de vie, et de vous convertir parfaitement ?

« Souvenez-vous que le Fils de Dieu s’est tout donné à vous, et qu'il a employé toute sa vie pour vous ; et considérez qu'au lieu de vous donner à lui et d'employer votre vie pour lui, vous en avez sacrifié la plus saine et la meilleure partie au péché et au diable. Si vous aviez eu toutes les vies des hommes el des Anges, vous auriez “dû les lui consacrer ; mais pour le moins donnez-lui de bon cœur ce qui vous en reste, qui est peut-être bien peu. Or sus, le désirez-vous pas ainsi ? Voulez-vous pas désormais vous donner, COnSacrer et sacrifier totalement à Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

« Voulez-vous pas aussi Vous donner à la très sainte

Wierge Marie, sa Mère, afin qu’elle vous donne tout à lui, et pour jamais ?

—….« Voulez-vous pas encore vous offrir à saint Joseph, “; votre bon Ange, à tous les Anges et à tous les Saints, “afin qu'ils vous offrent et consacrent à Notre-Seigneur et à sa très sainte Mère ?

« Protestez-vous pas que vous ne voulez plus être, ni vivre, ni penser, ni dire, ni faire, ni souffrir rien que pour sa seule gloire et pour son pur amour ?

« Voulez-vous pas aussi accepter dès maintenant, pour l'amour de lui et en satisfaction de vos fautes, tous les maux de corps et d'esprit qu'il lui plaira de vous envoyer, en cette vie eten l'autre : vous abandonnant totalement à sa très aimable volonté, afin qu’il dispose de vous dans le temps et dans l'éternité, en toutes les manières qu'il lui plaira ? »

lei, il faut encore les renouveler et confirmer dans les résolutions qu'ils ont prises, et dans les promesses qu’ils ont faites de quitter les occasions du péché et leurs mau- | aises habitudes.

SECTION V Les Remèdes.

Le confesseur n’est pas ici seulement en qualité de doë teur, pour instruire ses pénitents des choses qu'ils doiven savoir ; ni de juge, pour les interroger comme criminels ni de médiateur, pour les porter à se réconcilier avec Diet par la contrition et détestation de leurs offenses. Mais à y est aussi en qualité de médecin des âmes. À raison d quoi, il ne suffit pas qu'il en ait banni le péché qui L avait blessés et tués ; mais il doit leur appliquer des re mèdes convenables pour les empêcher d'y retomber, pois consolider leurs plaies, pour achever de les guérir pa faitement, et pour les affermir dans la santé spirituel que Dieu leur à rendue par son moyen ; et leur donné des moyens pour se fortifier et maintenir dans l’état d la grâce et du salut, les exhortant de les embrasser bon cœur, et leur représentant : Que s'ils étaient malades d'une maladie corporelle, avec péril de mort, et qu'a leur en offrit un remède avec assurance ou de guériso s'ils en voulaient user, ou de mort s’ilsle négligeaient, ils ne manqueraient pas de s’en servir : Qu'ils sont malades de plusieurs maladies spirituelles, qui tendent à leur don ner la mort éternelle : Que s'ils mettent en usage les r mèdes qu'on va leur proposer, ils guériront assurément®

sinon, qu’ils mourront infailliblement, et de la mort éternelle.

Or entre ces moyens, en voici six principaux et trêl efficaces :

Le premier, c’est la fuite des lieux, des compagnies e des occasions où l’on offense Dieu.

Le second, c’est de se confesser et communier souvent” pourvu qu'on choisisse un bon confesseur, qui soit capable, désintéressé, charitable, et qui ne flatte point ; et

Page 1