‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 163 sur 309 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

quelquefois obliger certaines personnes qui sont tellement engagées dans le péché, qu'il juge qu'il n'y a point d'autre moyen pour les en dégager que celui-ci.

Voilà les remèdes généraux, qui sont très efficaces, et qui sont propres à toutes sortes de personnes. Vous en Yerrez plusieurs autres particuliers, dans la section suivante.

Outre cela, il faut exciter ceux qui en ont le moyen, d’aimer les pauvres, et de leur faire tout le bien qu'ils pourront, pour l’amour de Notre-Seigneur, etafin de racheter leurs péchés par aumônes.

Tous ces moyens sont tellement nécessaires à une parfaite conversion, Le si on trouvaitun pénitent quine füt point disposé à s’en servir, ce serait une marque qu'il maurait pas une véritable volonté de changer de vie, et que par conséquent il serait incapable d’ absolution. C’est pourquoi il est bon quelquefois de leur donner quelqu’ une de ces choses-là pour pénitence, durant quelques jours ou quelques mois, spécialement la fréquente confession et communion, la prière à genoux du matin et du soir, la lecture d’un livre de piété, et d’avoir un chapelet pour le dire avec dévotion.

SECTION VI

| Comme il faut imposer la pénitence et donner l’absolution.

| Outre ce qui a été dit ci-dessus, touchant les pénitences qu'il faut imposer, je dirai encore sur ce sujet, que le Nconfesseur doit prendre garde à trois choses : Premièrement, que les pénitences qu'il donne ne soient Imélées et embrouillées de diverses sortes de prières ou d'actions ; comme par exemple, de dire cinq Pater, trois Nchapelets, un hymne, une antienne, une oraison, un Hpsaume ; ou bien de donner tant d'aumônes, jeûner tant À

de jours, faire dire tant de messes. Car il arrive deux in convénients de cette multitude et variété de prières @ d'actions : dont le premier est que le pénitent s'en oubli et demeure en serupule ; le second, qu'il pense plus à qu'il doit dire ou faire, que non pas à ce qu'il dit ou à qu'il fait. Et pendant qu'il va chercher dans sa mémoit ce qu’il doit faire, et dans ses Aeures ce qu'il doit dix sa dévotion se refroidit!.

C'est pourquoi, c'est le mieux d’enjoindre des prière tout d'une sorte, comme tout des Pater noster, ou toi des psaumes qui soient tout de suite, et qu'il ne faïll point aller chercher cà et là, les uns après les autres auxquelles on doit toujours ajouter quelques bonm œuvres selon la conditiun des pénitents. À

Secondement, que le Concile de Trente recommande au confesseurs d'imposer des pénitences qui soient com formes, autant qu'ilse peut et que la condition et disp sition des pénitents le peut souffrir, à la qualité des pé chés : De peur que, dit-il, s'ils usent de connivence envel leurs crimes, et s'ils les trailent avec trop d’indulgence leur enjoignant des choses fort légères pour des fautes ès grandes, ils ne se rendent participants des péchés d'autru L C'est pourquoi saint Charles avertit les curés etes prêtres, qu'ils prennent garde, de n'imposer pas delé gères pénitences pour de grands crimes : Ce quiws dangereux, dit-il, ef pour les confesseurs, el pour les péni tents, étant contraire aux É'critures saintes, aux décrel des Conciles et aux sentiments des Pères : car les É'critut@ divines obligent ceux qui font pénitence, de faire de dig

1Cf. Saint François de Sales, Avertissements aux Confesseurs.

> « Debent ergo sacerdotes Domini, quantum spiritus et prude ti suggesserit, pro qualitate criminum et pœnitentium facultate,,s tares et convenientes satisfactiones injungere : ue si forte pece conniveant et indulgentius cum pœnitentibus agant, levissima dam opera pro gravissimis delictis injungendo, alienorum peccalor participes efficiantur. » Conc. Trid., Sess. 14, e. 8.

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