‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 278 sur 309 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

S'il y a déjà longtemps que la détraction a été faite, et qu'il y ait apparence qu'elle soit oubliée et effacée de l’esprit des hommes, il vaut mieux n'en point parler, de peur de la renouveler ; mais se contenter de dire tout le bien qu'on peut en d'autres choses, des personnes dont on à offensé la réputation par la médisance.

XXIII. — S'ils sont dans l’occasion prochaine du péché, ou qu'ils la donnent aux autres : comme les concubinaires, les adultères, les ivrognes, les blasphémateurs, c’est-à-dire ceux qui font coutume de tels péchés; comme aussi ceux qui ont de méchants livres d'hérésie, ou de magie, ou de choses déshonnêtes ou tendant à la déshonnèêteté ; ceux qui ont de vilains tableaux ; ceux qui vont aux comédies ou aux bals et danses, à raison de l’occasion et du danger évident de péché qui s’y rencontre ; les femmes et filles qui portent la gorge découverte, et les mères qui n’empêchent point leurs filles de la porter ainsi, à cause de l’occasion prochaine de péché qui est donnée par là au prochain, il ne faut point leur donner l’absolution qu'ils n'aient Ôté ces occasions, telles que sont: aux concubinaires et adultères leurs vilaines ; aux ivrognes les tavernes, quand ils s'y enivrent ordinairement ; aux blasphémateurs les jeux, quand ils ont coutume d'y jurer et blasphémer ; aux femmes et filles la nudité de leur gorge ; et aux autres les méchants livres, les vilains tableaux, les comédies et les danses. Comme aussi certaines professions et offices qu’on ne peut exercer sans péché.

Îly a plusieurs emplois, dit saint Grégoire le Grand, que l’on ne peut qu’à peine, ou point du tout exercer sans péché. Il est donc nécessaire que l'âme ne relourne point,

“après sa conversion, dans les choses qui l'engagent à pé-

cher!, Si un soldat ou un marchand, dit un Concile tenu à

1 Homil. 24in Evang. Cf. Bon Confess., page 233, note 3.

Rome sous le pape Grégoire VII, ou un homme employé à quelque office qui ne peut s'exercer sans péché, vient à la pénitence après êlre tombé dans de grands péchés, qu'il sache qu'ilne peut faire une véritable pénitence, s'il ne quitte ce trafic el ces emplois!.

Le Concile général de Latran, après avoir averti les. prêtres de ne pas souffrir que les laïques soient trompés par de fausses pénitences qui les entraînent dans l'enfer, entre les autres espèces qu'il en rapporte, dit que c’est faire une fausse pénitence, lorsque le pénitent ne se retire pas d'un trafic et d’un emploi qu'il ne peut exercer sans péché?.

C'est ici une des principales choses dont le grand Cardinal et Archevêque de Milan, saint Charles, donne avis aux Confesseurs, les assurant qu'il ne le fait que par le conseil d'un grand nombre de théologiens, tant du clergé que réguliers. Afin, dit-il, que les Confesseurs soient avertis de ne pas accorder la grâce de l'absolution à ceux qui en sont véritablement indignes, comme ils font souvent, ou par inconsidération, ou par négligence, ou pour autre cause; d'où il arrive que plusieurs persévèrent longtemps dans les mêmes péchés, à la perte et à la ruine de leurs âmes: ayant pris l'avis de plusieurs théologiens de divers Ordres, nous avons marqué ce qui se doit observer dans quelques cas des plus crdinaires?.

. Orentre ces cas, un des premiers regarde les personnes qui pèchent mortellement dans le luxe et l’immodestie des habits, auxquelles ce grand Saint veut qu'on diffère l’absolution jusqu’à ce qu’elles aient donné durant quelque temps de véritables preuves d'’amendement : Parce, dit-il, que le luxe el la pompe est venue en ce temps au plus grand excès qu’il puisse être, et une grande partie par la

! Voir le texte latin, Bon Confess., p. 233, notel. ,

? Concil. 2 Later. can. 21. Le texte latin est dans le Bon Confess., p. 233. | 3 Act. Conc. Mediol., p.4,-Inst. Conf. Cf. Bon Conf., p. 234, note 1.

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