‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 29 sur 309 · CHAPITRE VII 39e · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII 39e

Recommander instamment aux chrétiens l'honneur, le respect et la soumission qu'ils doivent à Notre Saint- Père le Pape, à Messeigneurs les Évêques, à messieursles curés et pasteurs, à tous les prêtreset autres ecclésiastiques ; comme aussi aux rois, aux princes, aux gouverneurs, aux magistrats, aux juges et à tous les seigneurs temporels.

Faire voir aux mêmes seigneurs et magistrats que, tenant la place de Dieu au gouvernement temporel despeuples, ils sont obligés de les gouverner comme lui, c’est-à-dire avec grande bonté, clémence, patience, charité, douceur et miséricorde ; de les traiter avec un cœur etun amour paternel ; de les animer par leur exemple à servir et honorer Dieu ; d'employer leur autorité non pas tant à se faire respecter et redouter, comme à le faire craindre et obéir, et à conserver ses intérètset ceux de son Église.

Exhorter les gentilshommes d'estimer, aimer, désirer, rechercher la véritable noblesse et le vrai honneur, qui: consiste à être orné des vertus chrétiennes, et à faire les. œuvres d'un enfant de Dieu.

Imprimer dans les esprits et dans les cœurs des riches. le mépris et le détachement des fausses richesses temporelles ; leur faire estimer et aimer les véritables et éternelles, et leur persuader de les acquérir par l'humilité, la modestie, la charité, la miséricorde vers les pauvres, et par l'emploi d’une partie de leurs biens en bonnes œuvres.

Faire connaître aux pauvres les avantages de leur condition, qui les rend conformes à Notre-Seigneur Jésus- Christ, à sa sainte Mère et à tant de grands Saints: et les exhorter à l'embrasser de bon cœur pour l'amour de celui qui, étant infiniment riche, s’est voulu rendre très pauvre pour l’amour d’eux ; à en souffrir les incommodités avec patience ; à être vraiment pauvres, petits et humbles devant Dieu ; à vivre en sa crainte, et à mettre leur confiance en son infinie bonté.

Porter les maîtres et maîtresses à traiter leurs serviteurs et servantes comme ils désirent que le souverain Maître les traite : les instruire ou faire instruire des choses de leur salut; en avoir soin quand ils seront malades ; et les bien payer de leurs gages. Et réciproquement, [porter] les serviteurs et servantes à rendre à leurs maitres et maîtresses l'honneur, l obéissance et le service fidèle qu'ils leur doivent, comme à ceux qui leur tiennent la place de Dieu.

Obliger les pères et mères d'imiter le Père céate en l'amour, douceur, patience et zèle avec lequel il conduit ses enfants : et les enfants de suivre le divin Enfant Jésus au respect, soumission et obéissance qu'il a rendus à saint Joseph et à sa très digne Mère.

Enfin il y a quatre choses qu'on ne saurail jamais trop prêcher, à savoir :

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