CHAPITRE XXVI
ment, d’un ton très modéré, et comme on parle dans un discours familier. — 6. User souvent d'interrogations, par exemple : « J'ai trois choses à vous dire, quelles ? Voici une vérité, etc. Comment la prouverez-vous? M'avouerez-vous pas, etc. ? N'entendez-vous pas saintPaul qui dit, etc. ? Dites-moi, chrétiens, d'où vient que vous craignez si peu le péché? C'est que, etc. », et ains;j d’autres choses semblables. Car cette manière donne beaucoup de facilité pour parler familièrement et naturellement, et pour éviter par conséquent la déclamation.
9. De n’abattre par l'esprit et le cœur de ses auditeurs en les décourageant ou désespérant ; mais, après leur avoir fait voir l'horreur du péché, ou l’état horrible d’une âme qui est en péché, ou la terreur des jugements de Dieu, oules menaces terribles qu'il faitcontre les pécheurs, ou les châtiments épouvantables qu'il exerce sur eux, il faut toujours conclure comme font les Prophètes, en les assurant qu'il est en leur pouvoir, avec la grâce de Dieu qu'il ne refuse à personne, d'éviter tous ces maux. Que s'ils veulent se convertir, il est prêt de leur pardonner tous leurs péchés ; qu'il ne veut point la mort du pécheur, au contraire qu'il n'a point de plus grand désir que de le sauver ; qu'il n'y a personne qui ne puisse parvenir au salut, s'il veut coopérer à sa grâce ; et que même il est plus facile de se sauver que de se perdre. Ensuite il faut leur proposer les moyens de fuir le mal et de faire le bien, et des moyens qui soient faciles et proportionnés à leur condition et à leur pouvoir. Enfin les exhorter puissamment à les embrasser de bon cœur, à mettre leur joie et félicité à servir Dieu, et à goûter par expérience combien il est doux de l'aimer, et combien ces paroles du Saint-Esprit sont véritables : 7ribulatio et angustia in omnem animam hominis operantis malum : gloria autem, et honor, et pax omni operanti bonum!.
| Rom., 1, 9, 10.
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