De n’imiter pas les prédicateurs à la mode, ou les
orateurs du monde qui sont ceux :
Qui s’ingèrent dans le saint ministère de la prédication, non point par vocation de Dieu, mais par vocation du
monde, de la chair et du sang, par des considérations hu-
maines, et par des motifs d'avarice ou de vanité ;
Qui se prêchent eux-mêmes, et non pas Jésus-Christ crucifié ;
Qui font servir la parole de Dieu à leurs passions et à leurs intérêts ;
Qui de la prédication de l'Évangile font un métier pour gagner de l'argent, pour faire leur fortune et leur établissement dans le monde, pour attraper un bénéfice, ou pour quelque autre fin intéressée ;
Qui cherchent la gloire des hommes et non pas celle de Dieu ;
Qui n’ont que de la complaisance et de la flatterie pour le monde et pour ses désordres ;
Qui sont les premiers à se servir des mots nouveaux de la cour et des nouvelles modes de parler:
Qui prêchent non pas les vérités chrétiennes, mais les pensées et productions de leur esprit, ou des choses curieuses, subtiles et profanes ;
Qui font le chemin du paradis fort large, et celui de l'enfer fort étroit, contre la parole expresse de la Vérité éternelle ;
Qui font plus retentir dans les temples chrétiens les noms de Platon, d'Aristote, de Sénèque, de Plutarque. de César, d'Alexandre le Grand, que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de ses Apôtres ; |
Qui font profession de n’alléguer point ou presque point de passages de l'Écriture sainte, ni des saints Pères, s'imaginant que cela ferait tort à la politesse et à la fluidité de leurs discours ;
Qui croient faire merveille de remplir leurs sermons d’une grande variété de choses : comme de traits de phi-
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