CHAPITRE XXIX
Pour le Catéchisme.
Le catéchisme étant si utile et si nécessaire, non seulement aux enfants, mais encore à plusieurs autres per- Sornes qui ne connaissent point Dieu, ni Jésus-Christ son Fils, ni l'Église, ni les mystères de la foi, ni les autres choses qu’un chrétien doit savoir : tous les ecclésiastiques qui peuvent s'employer à ce saint exercice, s'y doivent appliquer avec une grande affection, mais spécialement les pasteurs, lesquels sont obligés de le faire dans leurs "églises, ou par eux-mêmes ou par les autres, au moins depuis le commencement de l'Avent jusques à Pâques.
Et ceux qui le font se doivent garder d’un abus et d’un Idésordre très pernicieux qui s’y glisse souvent, et qui procède d'une vanité et d'une superbe insupportable.
C'est lorsque, ayant honte d'enseigner une doctrine qui par leur aveuglement leur semble trop basse et trop commune, ils veulent, pour satisfaire leur ambition et pour paraître doctes, dire des choses hautes, et enseigner à des enfants et à un simple peuple ce qu'on traite dans les écoles de théologie. Ainsi, au lieu de catéchismes qu'on ne saurait jamais faire trop simplement, ils font des prédications et des déclamations qui ne produisent aucun fruit, puisque Dieu, qui abhorre l’orgueil et la vanité, n’y donne aucune bénédiction.
C'est pourquoi ceux qui désirent s’acquitter digne ment de cet emploi, doivent enseigner seulement les | matières communes, et dont la connaissance est néces- | saire au salut, telles que sont celles qui sont traitées dans le Catéchisme de la Mission‘, et employer la plus grande
| 1 Imprimé dans le tome II des Œuvres du Vénérable.
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partie du temps, non pas à prêcher ni à faire de lon discours, mais à interroger les enfants, à les faire répond et à les bien instruire.
Cela ne doit pas empêcher qu'on ne s'y prépare st
‘gneusement, comme à une action très importante qui
se doit pas faire négligemment, si l’on ne se veut rend coupable devant Dieu.
Il est vrai toutefois qu’elle ne se doit pas faire si série sement et avec tant de gravité que la prédication ; & celui qui la fait doit devenir en quelque facon enfa avec les enfants, les trailant avec autant de douceur q de cordialité, et leur montrant un visage ouvert, affal et plein d'une gaité modeste.
Il se doit bien garder néanmoins de rire avec eux, de rien dire qui les y puisse exciter, ni de leur permet] une semblable irrévérence dans l’église, pour quelq sujet que ce soit, ni qu'ils se moquent des réponses leurs compagnons ; mais il les doit tenir dans le resp et dans la modestie qu'on doit avoir en la maison de Di et quand on est devant sa face.
Si quelques-uns rient, causent ou badinent, font, bruit ou se moquent des autres, ou s'il trouve qu fassent quelque autre irrévérence, il les faut avertir pi mièrement en général, puis en particulier, avec gran douceur pour la première et seconde fois, et un peu pl sévèrement la troisième. Si nonobstant ils continue il faut les mettre à genoux et les priver de la récompen qu'on leur aurait donnée s'ils eussent été modestes: tous ces moyens sont sans effet, et qu'ils se rendent incc rigibles, il faut avertir leurs parents de les châtier. Et ce dernier remède est inutile, les chasser hors de l’églik
On doit aussi se prendre garde de certaines incivilil indécences et immodesties qui se font souvent sans penser, comme de porter sans nécessité la main au nm à la barbe, se jouer de ses mains, ou de sa ceinture, | des manches de son surplis, ou de son mouchoir, ou