OCCASION ET PUBLICATION DU « BON CONFESSEUR ». LES DIVERSES ÉDITIONS
Dans un Avis au lecteur placé en tête de son livre, V. P. Eudes nous apprend lui-même dans quelles irconstances il composa le Bon Confesseur.
Dès 1644*, il avait publié un petit livre intitulé Vertissements aux Confesseurs missionnaires. Il l'aait composé pour ses confrères et les prêtres auxiaires qui l'accompagnaient dans ses missions. C'est eux qu'il le dédia. Il devait leur servir de guide et aintenir parmi eux l'uniformité de conduite au ibunal de la Pénitence?. Par son contenu comme son titre, ce livre rappelait les Avertissements #r Confesseurs de saint François de Sales. L’auur pourtant avait eu soin d'unir à la mansuétude e l'évêque de Genève la fermeté de saint Charles rromée, dont il suivit les règles touchant le délai u le refus d'absolution.
Le livre du P. Eudes obtint un succès rapide et, ès 1644, il fallut en faire une seconde édition, qui lus tard fut suivie de plusieurs autres.
Les PP. Martine et Boulay fixent à 164 la publication des vertissements. Dans son édition du Bon Confesseur, M. Cousin Ia lace en 1643. IL nous paraît cerlain que les Averlissemen{s ne drurent qu'en 1644, et nous en apporterons la preuve dans l'intro uetion spéciale que nous consacrerons à ce livre.
2Le P. Eudes le déclare nettement au début des Avertissements. oir «ussi le Bon Confesseur, ch. X1, et, dans l'édition de 1732, ‘avertissement de M. Cousin.
Re. -
Les Avertissements n'étaient pourtant qu'un e sai. Un jour vint où l'auteur voulut les complété en y ajoutant les fruits d'une longue expérience. s’aperçut vite que l'unique moyen de réussir 4 de remanier complètement son travail et d'en fair un livre nouveau. « En mettant la main à.l'œuvre dit-il, j'ai fait comme celui qui, ayant bâti une mai son et y voulant changer ou augmenter quelqut chose, la renverse entièrement et en fait une œuvr toute différente de la première. Ainsi j'ai ie mon premier ouvrage et en ai fait un autre, qu contient pourtant tout ce qui était dans le premier mais dans un meilleur ordre, et avec aie d’autres choses qui n'étaient pas en celui-là. Voil pourquoi, comme il est tout autre et quant à lé malière et quant à la forme, je lui ai donné ut autre nom’. » Telle fut l’origine du Bon Confesseur
En 1662, cet ouvrage devait être déjà bien avancé car l’auteur sollicita un privilège royal pour le fairt imprimer. Il l'obtint le 28 juin de la même année et le 5 mars de l'année suivante il en céda la jouis sance à Jean Poisson, libraire à Caen. Toutefois. pour des raisons que nous ignorons, ce privilège nf fut utilisé qu'en 1673, longtemps après la publicæ tion du Bon Confesseur. Nous le mentionnons, parc! qu'il aide à fixer la date de la composition de tt livre?.
Quatre ans plus tard, le 18 février 1666, Floren: tin Lambert obtint un nouveau privilège d'une du: rée de cinq ans pour l'impression du Bon Confesseul et c’est chez lui que l'ouvrage parut pour la pre:
! Le Bon Confesseur, Avis au lecteur.
: L'édition de 1673, dont nous parlerons plus loin, contient I extrait de ce privilège. et porte à la suite la. mention suivante « Achevé d'imprimer pour la première fois sur le dit privilège 1 40 de juin 1673. »
re fois, le 26 février de la même année 1666, en n volume in-18 de 384 pages. IL portait l'approban délivrée au P. Eudes pour les Avertissements Confesseurs par MM. d'Orgeville et Potier, etune sbation nouvelle signée des docteurs Pignay et st de Than, qui peu de temps auparavant avaient alement approuvé le Royaume de Jésus *.
Des arrangements survenus entre Florentin Lamrt et Jean Poisson permirent à ce dernier de rééter le Bon Confesseur à Caen, dans le courant de Année 1666 :. Cette édition, du même format que Pprécédente, a le même nombre de pages, mais hose singulière, l'orthographe en est plus moderne *. ny trouve une approbation nouvelle délivrée au PEudes par son ami le docteur Vérel, professeur “philosophie à la faculté de théologie de Caen.
Le Bon Confesseur recut du clergé un accueil des lus favorables et fut souventréédité. Dans son Diconnaire des Ordres religieux, Hélyot affirme qu'on Lit plus de neuf éditions du vivant même de l'auteur. Nous ne les connaissons pas toutes, et comme illeurs le texte en était identique, il n'y aurait
plète. Des recherches faites en divers endroits nous permettent cependant d'affirmer avec certitude que ouvrage du P. Eudes fut réimprimé en 1668, à Pa-
Voir sur ces deux docteurs l'introduction au Royaume de Jésus.
‘Ces arrangements sont mentionnés en ces fermes. qu'on lit suite du privilège concédé à Florentin Lambert, dans les édiis publiées par Poisson, en 1666 et 1669: « Eï le dit Flofin Lambert a cédé et transporté à Jean Poisson, imprimeur et aire, le droit du privilège du roi du Bon Confesseur, pour en dans lés termes du dit privilège, suivant l'accord fait entre
ris, chez René Quignard ; en 1669 à Caen, chez Jes Poisson", et à Lyon, chez Jean Grégoire? ; en 1672, Paris, chez Michel Lepetit; en 1673, à Caen, ché Poisson l'ainé*; et en 1674, à Lyon, chez Jean Car teron. | Après la mort du P. Eudes, le Bon Confesseur con: tinua à jouir de la faveur du clergé, et on le réédi en plusieurs endroits. Voici les éditions connues dt nous : 1683, Caen, Jean Poisson; 1685, Lyon, Be noit Vignieu ; 1686, Paris, Robert Pépie ; 1687, Chà lons, Jacques Sénenze ; 1692, Lyon, François Roux Deux éditions parurent aussi à Rouen, l'une che J. B. Besongne, et l'autre chez la veuve d'Eustacht Viret : elles sont toutes les deux sans date. En 1732, M. Cousin‘, quatrième supérieur généra de la Congrégation de Jésus et Marié, publia uni nouvelle édition du Bon Confesseur à Rouen, che Antoine Le Prévost. Elle s'épuisa rapidement, carl libraire réimprima l'ouvrage dès l'année suivante 1733. M. Cousin ne réédita pas tel quel le texte di P. Eudes. Depuis la mort du Vénérable, la langut
Au titre, cette édition est qualifiée de wroisième. Nous en avons pourtant indiqué trois autres qui sont antérieures. Nous pensons que c'est la froisième qui ait paru chez Poisson. e-
*Une note de cette édition nous avertit que Florentin Lambe avait « transporté et cédé la moitié de son privilège à sieur Jeaf Grégoire, libraire-imprimeur à Lyon, pour en jouir conjointemer ensewble suivant le traité fait entre eux. »
*A la première page, on trouve la mention : quatrième édition Cela veut dire évidemment que c'est la « quatrième édition» publiée chez Poisson.
* Pierre Cousin naquit à Saint-Aubin-des-Bois, près Villedieu. L& date précise de sa naissance nous est inconnue. Il entra au noviciats des Eudistes le 9 juillet 1689. D'abord professeur de théologie & grand séminaire de Coutances, il devint, en 1700, supérieur du grand séminaire de Rouen, et fut élu supérieur général des Et distes le 19 février 1727. Il mourut à Caen le 44 mars 41751. On
le considère comme le plus remarquable des successeurs dt P. Eudes.
française avait un peu changé, et au XVIII siècle, lon retouchait volontiers le style des écrivains anté- Irieurs. M. Cousin crut donc devoir retoucher le texte du P. Eudes : il le fit d’ailleurs avec discrétion. © On aurait pu, dit-il, changer quelques autres expressions, mais on les a laissées parce qu'il serait dif- Micile de conserver, dans un si grand changement, Honclion et la force qui se trouvent dans les expres- Isions énergiques de l'auteur, lesquelles font sentir partout le zèle et la piété dont il était rempli, et l'instpirent au lecteur en même temps qu'elles l’ins- “Hruisent. »
… Pour rendre l'ouvrage du P. Eudes plus complet et plus utile, M. Cousin y fit aussi un certain nombre d'addilions. Il eut soin également d'en rectifier quelques assertions d'après de récentes décisions du Saint-Siège. e
Enfin, lui qui, dans son Avertissement, reproche à Certains édileurs d'avoir supprimé quelques pas- ‘Sages du Bon Confesseur, il tomba dans le même dé- Haut, etmû par des craintes qui, aujourd'hui, nous paraissent bien légères, il retrancha du livre du .P: Eudes quelques passages que nous nous réservons de signaler en note.
… Les additions et les corrections de M. Cousin temaient à jour l'ouvrage du Vénérable. C'était un
nous qui recherchons dans leur intégrité les enseignements du P. Eudes, nous n'y voyons que des altéralions du texte primitif, qui nous font préférer les anciennes éditions.
«À l'étranger, le Bon Confesseur obtint le même Succès qu’en France. M. Cousin nous assure que, de son temps, il en existait des traductions en dierses langues, et son témoignage est confirmé sur ce point par M. Besselièvre dans ses Mémoires sur le
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P. Eudes'. Nous aimerions à signaler en détail ct traductions. Malheureusement, s'ilest difficile de rt trouver les éditions françaises d’un ouvrage vie de deux cents ans, il l’est bien plus encore d'en # trouver les traductions en langue étrangère. Not pouvons cependant affirmer avec certitude l’exis tence d'une traduction allemande, dont nous ignt rons d’ailleurs la date et le lieu d'impression. Elle été signalée au R. P. Mallet, procureur général de Eudistes auprès du Saint- Siège ; par le Cardinal doye du sacré Tribunal de la Rotes « Je suis vieux, h disait le 16 décembre 1902 ce vénérable doyen, suis vieux et je suis allemand, mais voilà longtem que je connais votre pieux Instituteur. Dans le sém naire où j'ai étudié, le Recteur nous en parlait sot vent, et nous engageait à nous procurer ses ouvrage si bien que j'achetai alors, traduits en notre langu le Bon Confesseur et le Prédicateur apostolique, qu je possède encore?. »