IL. LE SUJET ET LA DOCTRINE DU « BON CONFESSEUR
Le Bon Confesseur est un livre de théologie p torale qui a pour objet d'apprendre aux prêtres, @l surtout aux missionnaires, à administrer comme | faut le sacrement de Pénitence. Le plan en est ex trêmement simple. Après quelques considérations st | l'excellence du sacerdoce, l’auteur y traite en ci |
l« Le Bon Confesseur, à Paris, 1666, in-12. Il s’en est fait depui un grand nombre d'éditions en diverses langues. La plus am ue je connaisse est celle de Rouen, 1732 et 1733. » Mémoires p servir à l'histoire du P. Eudes, Ms. conservé à la bibliothèque nt nicipale d'Évreux. Sur ces Mémoires, voir le P. Boulay, Vie di Vénérable Jean Eudes, tom. 1, p. XXW. 4
* Revue du Saint Cœur de Marie, 15 février 1903, p. 111. Impr merie Paillart, Abbeville. |
te chapitres de l'importance de la confession. jualités que doit avoir le bon confesseur. et des irs qui lui incombent au tribunal de la Péni- Voyons quelles sont les idées du Vénérable
… 1. Excellence et importance de la Confession. Nous avons vu que le Mémorial de la rie ecclésiasjue s'ouvre par de magnifiques considérations sur sacerdoce. Au début du Prédicateur apostolique, birouve aussi un chapitre très remarquable sur nature et l'excellence de la prédication. Avant de rler des qualités et des devoirs du confesseur, le … Eudes traite également de l'excellence et de importance de la confession. Doué d'un esprit émiamment pratique, le Vénérable savait qu'il ny à sde meilleur moyen d'inspirer aux prêtres l'ajour de leurs fonctions, souvent pénibles, et de les mener à les remplir avec soin, que de leur en monla grandeur : et voilà pourquoi il commence touurs par là.
Pour faire comprendre l'excellence de la confes- : le pieux auteur rappelle d'abord qu'au tribubde la Pénitence, plus peut-être que partout ails; le prètre représente Jésus-Christ dans ses quade docteur, de pasteur, de médecin, de média- 1, de sauveur et de juge: puis il insiste sur les Sabondants qui en résultent pour la gloire de et le salut des âmes. « Lei, dit le Vénérable en nt du sacrement de Pénitence, ici s'opère] une eille qui surpasse tous les miracles visibles Notre-Seigneur a opérés sur les corps pendant était en la terre, et qui les surpasse comme l'âme elle au-dessus du corps. Car tous les miracles
qu’il a faits sur les corps ne sont que les ombres de ceux qu'il fait tous les jours sur les âmes par le sæ crement de la Pénitence. C'est ici que les aveugle sont éclairés, que les âmes infectées de la lèpre dt péché en sont purgées, et que celles qui étaient mortes sont ressuscitées. O Dieu ! quel admirable change ment il se fait dans une âme par le moyen de ce sa crement! En un moment, elle passe d’une extrémitt de malheur à une extrémité de bonheur, de la mort à la vie, de l'enfer au paradis. En un moment celui qui élait l’esclave du diable est fait enfant de Dieu, celui qui était l'habitation des démons devien! la demeure du Roi des Anges... O mon Sauveur, quelle gràce vous nous faites d’avoir établi ce sacré ment dans votre 2glise!!»
Aussi le P. Eudes regarde-t-il la confession comme l’une des fonctions les plus importantes du saint minislère. |
« Eatre toutes les fonctions pastorales, dit-il, il nÿ en a point en laquelle le prêtre puisse rendre plus de services aux àmes?. » C’est par laconfession, en ef fet, que le pasteur connaît ses ouailles, qu’il se rend compte de leurs infirmités et de leurs besoins, qui leur applique les remèdes appropriés à leurs mal dies spirituelles, qu'il les arrache d’entre les dents du loup infernal ou qu'il les empêche d'y tomber. C'est là aussi qu'il les repaît d’une nourriture céleste, en leur donnant de salutaires instructions et en le disposant à recevoir le corps et le sang du Fils de Dieu *. DA
« Entre tous les emplois ecclésiastiques, dit-il aile leurs en s'adressant aux missionnaires, il n'y en
! Le Bon Confesseur, ch. X.
? Le Bon Confesseur, ch. II, sec. 4. 3 Le Bon Confesseur, 1. c.
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point de plus nécessaire ni de plus utile aux âmes que celui de la mission, et entre les exercices des missions iln'yen à pas de plus fructueux que d'entendre les confessions. » «Non,ajoute-t-il,je ne vois aucune fonction ecclésiastique, soit dans la mission, soit hors la mission, en laquelle on puisse rendre plus de service à Dieu et aux àmes qu'en celle de la confession |. »
Les missionnaires semblent parfois s'y méprendre. ll nest pas rare d'en rencontrer qui ne paraissent préoceupés que de la prédication, et qui y appliquent tous les efforts de leur zèle. Pour les détromper, le P. Eu:les compare l'une à l'autre ces deux importantes fonctions, et il proclame que, si la prédication estl'äme de la mission, comme d’ailleurs du ministère pastoral, la confession en est le cœur, et que les prédicateurs ne font qu ébaucher l’œuvre du salut des àmes, tandis que Les confesseurs y “donnent la perfection. IE a recours pour expliquer sa pensée à de grandes et belles images qu'il accumule avec profusion, et il conclut en disant que, « si les Anges étaient capables de jalousie, ils porteraient envie aux confesseurs en les voyant exercer un ministère si agréable à sa divine Majesté, et si avantageux aux âmes qui ont coûté le sang du Fils de Dieu*. »
« C'est pourquoi, ajoute-t-1f en s'adressant à tous “les prêtres, mais surtout aux missionnaires de sa Congrégation, si vous avez un grain d'amour de Dieu, faites grand état de cet emploi, estimez-vous bienheureux d'y travailler, reconnaissez que c'est une grande faveur que Dieu vous à faite de vous y avoir appelés, appliquez-vous-y avec un grand zèle, et
! Le Bon Confesseur, ch. II, sec. 6.
2 Le Bon Confesseur, ch. 11, sect. 6.
étudiez-vous à acquérir toutes les qualités requises à un confesseur et à observer toutes les choses néces saires pour exercer dignement cette sainte fonction! »