DE N.-D. DE CHARITÉ. — C. XXXVI
éelle les examinera, s'enquérant discrètement de l'état présent de leur esprit, pour par après les aider, exciter, corriger où soulager.
« Elle pourvoira avec un soin particulier à la nécessité des malades, et les servira fort souvent de ses propres mains ès maladies de conséquence.
« Elle élèvera avec un amour maternel les Sœurs qui, comme petits enfants, seront encore faibles en la déyotion, se ressouvenant de ce que dit saint Bernard à ceux qui servent les âmes : La charge des âmes, dit-il, nest pas des âmes fortes, mais des infirmes ; car si quelqu'un te secourt plus qu'il n'est secouru de ‘toi, re- GConnais que lu es non son père, mais son pair. Les justes bet parfaits n'ont point besoin de Supérieur et conducteur ; Guls sont eux mêmes leur loiel leur direction par la grâce
de Dieu, et font assez sans qu'on leur commande.
« La Supérieure donc doit être principalement pour les imbéciles et débiles, bien qu'aussi elle ne doive pas abandonner les parfaites, afin qu'elles persévèrent bsans se relächer.
« Et partant, qu’elle prenne garde aux nécessités des
Sœurs, selon la sincérité de la dilection chrétienne, et non selon les inclinations naturelles, et sans avoir égard à l'extraction ou origine des Filles, à la gentillesse de &leurs esprits, bonnes mines et autres telles conditions attrayantes ; et qu’elle ne se familiarise pas en telle é sorte avec les unes, que cela puisse servir de tentation e d'envie aux autres.
« Elle ne reprendra point les fautes qui se commetdiront, sur-le-champ devant les autres, ains en particulier avec charité; sinon que la faute fût telle que, pour alédification de celles qui l’auront vu faire, elle requière Sun prompt châtiment, lequel en ce cas-là, elle fera en Q.telle sorte que, blâämant le défaut, elle soulage la défail- Glante, tâchant d'être vraiment redoutée, mais pourtant © beaucoup plus aimée, comme dit la sainte Règle.
138 RÈGLES El CONSDITUTIONS
« Qu'elle ne concède point aisément à pas une l'usage « des Sacrements plus fréquent que celui qui est porté « par les Constitutions, de peur qu’au lieu d'une amous « reuse et respectueuse communion, il ne s’en fasse plu: « sieurs par imitation, jalousie, propre estime et vanité.
Qu'elle ait un grand soin que les Sœurs marchent tous jours en la crainte de Dieu, qu’elles soient bien instruites des vérités de notre sainte foi, qu'elles révèrent les sa crés mystères avec grande dévotion, qu’elles traitent toutes les choses qui appartiennent à l'honneur de Diet
t à l'usage de l’église avec un profond respect, qu'elles
pratiquent solidement les vertus chrétiennes de mortifs cation, d'humilité, de patience, de charité et les autres® et enfin qu'elles portent le doux et agréable joug d Notre-Seigneur Jésus-Christ en paix et intime union d’ prit.
« Elle veillera à ce que le divin Office se fasse toujours « exactement, dévotement et posément, aux heures ass « gnées ; et à ce que les Sœurs pratiquent fidèlement les « exercices spirituels de l'oraison, méditation, exame « de conscience, préparation du matin, oraisons jacula « toires et lectures. Comme aussi elle tiendra la main q « toutes les Officières aient un Directoire particulier de « toutes les choses qu’elles doivent observer en leurs, « charges.
« Elle aura un soin très particulier que les Filles ef « Femmes ne soient jamais reçues en la Congrégatio « que leur vocation ne soit bien éprouvée, et qu'aucu « respect humain n'entre point en la considération dé « leur réception, ains la seule inspiration. Et partan « que l’on les fasse arrêter quelques semaines en la maï « son, avant que de leur donner l'habit du Novwiciat, afin « qu'elles soient considérées à loisir en leurs humeurs; « inclinations et déportements.
« Qu’elle ait un grand soin d'empêcher que rien « soit en la maison et nes’y fasse, qui ne soit confo