‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 114 sur 394 · DE N.-D. DE CHARIDÉ. — C. XXXVI · texte numérisé non relu

DE N.-D. DE CHARIDÉ. — C. XXXVI

« à la sainte pudicité et pureté, à la parfaite pauvreté et « à l'exacte obéissance. Et partant, si quelque Sœur avait « un peu trop d'inclination à converser avec les sécu- « liers, quoiqu'ils fussent de profession ecclésiastique ou « religieuse, ouproches parents, qu’elle lui en retranche « toutes les commodités. Et quant aux conseils spirituels « où communication de conscience, comme la Supérieure « les doit librement permettre : aussi doit-elle faire que « ce soit avec des personnes dignes d’être employées à « cet office angélique, avec le soin ci-dessus mentionné. »

Elle prendra soigneusement garde qu'il ne s’introduise rien de nouveau qui soit contraire à la Règle, aux Constitutions et Coutumes du Monastère.

Que s’il était requis de dispenser de l'ordinaire façon de vivre selon la Règle, de modérer les exercices pour quelque Sœur, même quelquefois pour toutes (ce qui ne se doit faire que pour des occurrences rares et signalées), comme aussi de dispenser une Sœur de venir au chœur pour l'office, de jeüner ès jeunes des Constitutions, de venir à la table commune, de parler à quelqu'un le voile levé, de faire la sainte communion, de dispenser même toute la Communauté du silence, pour quelque juste occasion, de manger trois ou quatre fois l’année hors des repas ordinaires, et autres choses semblables, elle le pourra faire de son autorité, se rendant néanmoins attentive à bien observer la discrétion, pour n'être ni trop pliable, ni trop impliable. Mais aux choses d'importance ebqui tirent à conséquence, comme par exemple de décharger tout à fait du jeûne ou de la résidence du chœur une Sœur, et en pareilles occasions, elle prendra toujours avis. du Père spirituel. Que si elle-même a besoin d’être dispensée de la règle, elle le pourra faire de sa propre autorité, après en avoir conféré avec sa Coadjutrice, sinon ès choses de conséquence, qu’elle recourra au Père spirituel ou à l'Évêque.

. « Qu’au reste elle reçoive si humblement et douce-

« ment les avis et remontrances qui lui seront données; « que les Sœurs puissent avoir une juste confiance et li=« « berté de l’avertir ou faire avertir ès occurrences, selon « qu'il sera dit ci-après.

« Enfin, la Supérieure se doit tenir si bien auprès de « Dieu, qu’elle soit le miroir et le patron de toute vertu « parmi les Sœurs, et qu’elle puisse puiser dans le sein. « du Sauveur, la force et la lumière dont elle a besoin », tant pour soi que pour les autres. 3

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