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“Une lettre de la Supérieure de Rennes * à celle de peer nous montre avec quelle joie elle donna son entiment : « Votre très cordiale lettre n'a pas été “une petite consolation pour nous, et je loue Dieu de L 1. En reproduisant ce texte, le Coutumier de 1738 y a mis cette rvation en note : « Les arrangements faits dans l’Assemblée 17334 ne sont point des innovations, puisqu'ils ont été tirés de a,B. Mère de Chantal, et des écrits de notre Père et Instituteur. » 2° La Mère Marie de la Trinité Heurtaut, de sainte mémoire.
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Pa EXTRAITS DU COUTUMIER
tout mon cœur de l'heureux succès que sa divine Majesté donne à vos saintes entreprises pour la ré daction de notre tant désiré Coutumier. Qu'à ja mais vous en receviez la récompense en cette vie el en l’autre, car c'est le plus grand service que notrt saint Institut puisse recevoir. Mon Dieu ! que nous avons lu avec joie le témoignage que notre bon Père nous donne de la volonté de Dieu, marqué dani l'acte capitulaire! Que c'est un puissant aiguillon pour exciter à la pratique exacte des saintes cow tumes qui y sont si utilement marquées ! Ce sere sans doute une grande consolation de voir, au com mencement de ce livre, une Préface de notre très cher Père, et c'en est une pour vous d’avoir obtent cette grâce de lui, car ce sera un grand encourage: ment... »
. Mais avant de faire imprimer l’ouvrage, il fallail obtenir l'approbation de l'ivêque de Bayeux.
P. Eudes le disait lui-même dans son épitre dédé catoire, comme on le verra plus loin. Nous croyons que les Sœurs se trouvèrent alors fort embarrasséess leur travail s’étail fait secrètement, sans qu'elles em eussent parlé à leur Supérieur ecclésiastique qui était M. Guibert, curé de Saint-Ouen, et l’acte capitulaire mentionnait seulement l'approbation du P. Eudes alors toujours en disgrâce?, et auquel elles tenaient! avant tout à rester Gdeles. Après un an d'hésita tion, elles se décidèrent à n'envoyer à Mer de Nes mond qu'une partie du travail préparé : le Direes toire de l'Office et le Cérémonial du chœur. C'est que se trouvaient les changements et additions les
A. C’est l’'Épitre dédicatoire dont il est parlé plus haut.
2. La disgrâce dans laquelle la supplique Boniface, déterrée pat les Jansénistes, mit le P. Eudes auprès du roi, et éloigna del presque tous ses amis, dura près de six ans et ne finit qu'à la juin 1679. Cf. Costil, Annales, I, pp. 582, 628.
plus considérables. Au bout de quelques jours, l’É- “èque leur retourna le manuscrit avec ces mots “écrits de sa main sur la dernière page!
….« Avant que de donner une dernière approbation au Directoire et Cérémonial présents, nous avons » ordonné qu'ils seraient soigneusement observés » dans la Maison de la Charité, même qu’on exhorbutera les autres maisons qui en sont sorties sous le bn bon plaisir de leurs Supérieurs de les observer, bhafin que toutes ensemble se communiquent ce qu'il y aurait de difficultés ou d’omission, pour bénous les représenter dans un mois. Fait à Caen, ce » 4° mai 1679?.
+ François de Bayeux. »
Ce que le Prélat conseillait dut jeter les Sœurs dans un embarras plus grand encore. Comment lui dire que l'essai demaridé était déjà fait, et lui présenter l'acte capitulaire signé depuis plus d'un an par tous les Monastères de l’Ordre ? De là nouveaux latermoiements.
Enfin, en 1682, on se décida à imprimer le Coufumier secrètement, en se contentant des approbations épiscopales contenuesdans celui de la Visitation, sous prétexte que, ne différant pas essentiellement de ce dernier, il n'avait pas besoin d’approbations nouvelles. Il en résulta plus tard certaines difficultés que nous n'avons pas à relater ici.
| L'ouvrage ainsi imprimé sans nom d’imprimeur,
sans lieu ni date, forme un in-4° de 487 pages. Il | }
M L'original de ce manuscrit est conservé aux Archives du Monastère de Caen.
| 2. Le P. Ory s'est trompé de date en mettant 1678 au lieu de
est divisé en deux sections dont chacune a sa pagk nation et sa table spéciales.
La première, de 214 pages, a pour titre : Coutu mer et Directoire pour les Sœurs Religieuses de Notre” Dame de Charité. Après la lettre dédicatoire dt P. Eudes, et l’Acte capitulaire signalé plus haut, on y trouve reproduils les Souhaits de l'Instituteurs (l’humble gloire, etc.) que l’on a vus au commence ment des Constitutions ‘. Puis viennent, en trente” neuf articles, les usages concernant les fondations des Monastères, les fondateurs et bienfaiteurs, l'en trée des sujets, leur prise d’habit, leur formation at Noviciat, leur profession, les diverses actions et exe cices de la journée d'une Sœur, les devoirs envers les Supérieurs, l'union entre les diverses maisonsé ensuite ce qui regarde le chapitre ordinaire et Les coulpes, la nourriture et le soin de la santé, les ès tements, les cellules, la clôture, les grilles, la visite annuelle, et les livres ou registres que lon doit tes nir dans chaque Monastère.
La seconde section (273 pages) contient d’abord le Directoire de l'Office divinet le Cérémonial du Chœur dont nous avons déjà parlé, puis l’ordre à suivre dans l’administration des Sacrements et pour la sépulture des Sœurs défuntes. À la suite viennent: 1° l’Acte cæ pitulaire des Sœurs de la Visitation relatif à leur Coutumier, puis les approbations de ce Coutumiet par dix-sept Archevèques et kvêques, et deux lettres de sainte Chantal sur le même sujet; — 2° Une longue nomenclature de Saints auxquels il faut dé
1. Le Coutumier de la Visitation reproduit aussi ceux que sañ Francois de Sales a mis au commencement du Directoire spiriluel dans le livre de ses Constitutions. Cf. supra page T1.
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Directoires des diverses Officières de la Communau- 6; — 4° Les Règles des Petites Sœurs et leur Direc- toire spirituel, dont nous parlerons plus loin ; — 5° Un Directoire pour les Confesseurs ; — 6° Enfin un supplément relatif à l' administration des Sacrements, —et contenant surtout des exhortations à faire aux ma- Lies et les moyens de les bien préparer à la mort.
Nous avons pu examiner à loisir un exemplaire de ce premier Coutumier, (le seul peut-être qui existe aujourd'hui, et qui se conserve aux Archives “de la Charité de Caen), et le collationner alinéa par “alinéa avec celui de la Visitation. Or nous avons ii que, dans un ordre légèrement différent, il est la reproduction exacte de ce dernier, à part “quelques modifications et additions que nous signalerons bientôt !.
4, 11 est évident que le P. Ory n'a pas eu entre les mains cette “première édition du Coutumier. La description qu'il en fait dans les Origines de Notre-Dame de Charité, p.169, est celle du Coutumier de 1738, bien différent du premier; et il suppose à tort que Gest ce travail « où l'ordre des matières et le plan général dif- “èrent notablement de ceux de la Visitation », qui fut donné par le B. P. Eudes à ses Filles. et accepté par elles dans leur séance Dr du 21 mars 1679.
…11 se trompe aussi en attribuant le Coulumier de la Visitation à saint Francois de Sales. 11 fut rédigé par sainte Chantal, comme elle l'atteste elle-même dans la lettre par laquelle elle le présente äses Filles. Le saint Fondateur s'était contenté d'en indiquer les Grdonnances de vive voix ou par quelques notes éparses. Jusqueà: dit-elle, « elles n'avaient pas été mises par ordre, d'autant qu'elles nous avaient été données en divers temps. selon les occa- Sions qui se présentaient ;: mais son désir était, ainsi qu'il nous l’a Signifié, qu'elles fussent écrites et rangées en un corps. Ce que mayant pu entièrement exécuter pendant sa vie, j'ai estimé que “Vobéissance que je dois à ses intentions et la fidélité à notre Ordre ! mobligeait de le faire maintenant, et pendant que la plupart des Sœurs qui ont été les premières recues sont encore en vie, qui pourront donner témoignage que ce sont ici les mêmes instructions, coutumes et cérémonies données et établies en ce Monastère par “notre B. Fondateur. » Cette lettre est du 24 juin 1624.
IL. Le Coutumier ainsi imprimé fut certainement d'un grand secours pour l'Institut: mais ce n’était pas l'idéal, comme on ne tarda pas à s’en apercevoir: Voici en effet ce qu'on lit dans lAvant-propos placés en tête de la seconde édition :
« Depuis ce temps, les Monastères s'étant multi pliés, la plupart ne cessaient d'écrire à celui de Caen, comme chef-lieu de l'Ordre, pour lui représenter que“ ce Coutumier ne contenait qu'une partie de nos de voirs fort en abrégé, et qu'il était rempli de beaucoup: de choses inut tilee à notre Institut ; par conséquen qu'il était nécessaire d'y retrancher ce qui ne conve* nait qu'à celui de la Visitation, pour substituer à la place ce qui nous était propre et particulier ; de plus que ce livre n'élant revêtu d'aucune approbation par: ticulière pour notre Congrégation, il ne pouvait
avoir force de loi. | « Quoique ces raisons fussent solides, ajoute Ia rez lion et fondées sur une expérience de plus de cin= quante ans, le profond respect que nous avons pou» tout ce qui nous a été donné par nos premières Mères de la part de notre vénérable Instituteur, nous aurait empêchées d’y faire aucune addition ni changement si la divine Bonté n'avait inspiré à Messieurs de l& Congrégation de Jésus et Marie, qui ont le même Instituteur avec nons, de travailler à la composition de leurs Annales. Cherchant dans leurs Archives les pièces qui devaient entrer dans leur dessein, ils em ont découvert plusieurs autres qui étaient d'une
nos Constitutions, Directoire et Coutumier.
« Ces connaissances si peu attendues, jointes aux pressantes sollicitations de plusieurs de nos Monas=
tères, nous déterminèrent enfin à convoquer un@
Assemblée générale des Supérieures et députées de “chaque maison, dans celle de Caen,afin qu'étant sur les lieux et à portée de voir les originaux et les écrits de. “notre digne Père, on fût plus en état de ; juger unanimement des articles qui devaient être ajoutés ou retranchés dans ce Coutumier... Nous avons eu l'avan- “age d'être secondées, dans une entreprise si im- portante, par l'autorité de Nos Seigneurs les Prélats, qui nous ont enjoint très expressément de faire “joutes les additions, changements et retranchements “que nous croirions nécessaires pour un plus grand “bien, avant que de leur présenter ce livre pour être “muni du sceau de leur approbation. »
… Nous avons déjà dit que les deux Eudistes ci-des- “us mentionnés, et qui furent appelés à diriger es travaux de l'Assemblée, furent M. J. Martine, | Supérieur du Séminaire de Caen, l’auteur de la vie “du P. Eudes, et M. Costil, ancien ÉMpetenr du Sémi- F aire de Lisieux et Annalisie de la Congrégation. … L'Assemblée s'ouvrit le 9 octobre 1734, et com- | menca par reviser et fixer le texte des Constitutions, “ce qui fut chose facile, le Bienheureux les avant lui- “même revues et corrigées avant de mourir. On s'ocmeupa ensuite du Coutumier, dont on retrancha, dit larelation des travaux, « les articles inutiles, comme les Épitres, les ARS les Actes capitulaires “dé celui de la Visitation. » Puis on travailla «à rendre le Directoire et ennuis] du chœur, avec MOrdre de faire linhumation des Religieuses, con- Wiormes au rit romain ; et à rapprocher en chaque | article ce qui regardait les mêmes matières, qui | jusqu'alors se trouvaient répandues en différents Wendroits. Le Directoire et Cérémonial du chœur étant eve, on continua les autres parties du Coutumier, dans lesquelles on fit toutes les additions, | “changements et retranchements qu'on jugea utiles
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et nécessaires pour la plus grande perfection de notre saint Institut... Une des principales attentions’ de nos Mères et Sœurs assemblées, fut de se conformer en tout aux intentions et‘dernières volontés de notre vénérable Père et digne Instituteur, dont les écrits leur servirent de guide, aussi bien que ceux de la Bienheureuse Mère de Chantal qui ont tou- Jours été si respectables'. »
Quelque temps après la conclusion de l'Assemblée, la Mère Marie de Sainte-Catherine de Camilly remi l'original des Actes des séances entre les mains de Mer ê Luvynes, évêque de Bayeux. Après l'avoir It attentivement, il le renvoya à la digne Supérieure avec ces paroles consolantes : « J’ai examiné le » grand ouvrage qui à été fait dans votre Assemblée, » ma chère Fille, j'y ai remarqué un fond de lumière » et de sagesse que l'esprit de Dieu est seul capable » de donner. Ce n'est point vous qui avez présid » aux séances, c’est le Saint-Esprit même qui paraît » les avoir dictées. Je vous donnerai mon approbation » en forme quand vous le souhaiterez; mais aupa* » ravant, je serais d'avis que vous fissiez pratiquen » vos nouveaux arrangements pendant quelque » temps, afin d’en faire L expérience et de suppléer » à ce qui peut avoir été oublié...? »
On suivit ce conseil ; puis, après quatre ans d'es sai, chaque maison donna son acte capitulaire d'ae ceptation en forme, et en 1738, l'ouvrage fut im
primé sous ce titre :
Coutumier pour les Religieuses de Notre-Dame de Charité: Ordre de Saint-Augustin, contenant le Cérémonial de l'Office divin, l'Ordre d’administrer les derniers Sacre
1. Ordre suivi dans l’Assemblée, publié en appendice à la fin d 2 Coulumier.