Lettre XV — 2. Lettre XII. — 3. Lettre XIII
| Mains du P. Eudes. Peut-être est-ce pour ce motif que, dans ses lettres, le Bienheureux donne à LM. de Camilly le nom de « frère du cœur ». Ce vœu b pourtant n empêchait pas Madame de Camilly d'aimer Itendrement son mari, et sa douleur fut grande Morsque, en 1661, elle le vit atteint de la maladie qui devait le conduire au tombeau. Le P. Eudes se Whâta de lui écrire pour la consoler et lui indiquer es moyens à employer pour préparer le malade à une mort chrétienne.
Quelques jours plus tard, le Bienheureux appre- Imait à la fois le décès de M. de Camilly et la maladie de Madame de Camilly que la fatigue et la douleur avaient accablée. La lettre qu'il lui écrivit alors est des plus touchantes*. IL commence par consoler sa bonne fille », et par lui indiquer les moyens (de faire un « bon usage » de son affliction et de ses Souffrances. Puis il lui explique ce qu'elle aurait faire « pour l'extérieur et pour l'intérieur », si elle se trouvait en danger de mort. Enfin, il lui fait don, « en la ee an odlcele Le puisse aire », de toutes les messes dites ou à dire, de loutes les missions prêchées ou à prêcher, de toutes les âmes sauvées ou à sauver par lui et par ses ’onfrères, le tout pour l’accomplissement des desseins que Dieu a eus sur elle de toute éternité. En ie il lui demande de lui léguer quelques objets Me dévotion, entre autres quelques souvenirs de la bonne Sœur Marie des Vallées, et il l’établit « la wrocureuse et la solliciteuse » de toutes les affaires .emporelles et spirituelles de ses deux Instituts auwrès de Dieu, en lui indiquant spécialement quelques frâces qu'il désirait obtenir de la Bonté divine. Tout {La est dit avec une simplicité et une délicatesse
. É: Lettre XXVIII. — 2. Lettre XXIX.
entre Se pour se manifester leur affection, de sentiments etun langage, d'ingénieuses inventions des libéralités d'une richesse infinie, que ne con naissent ni même ne soupconnent les simples hu mains. Elles vivent en des régions célestes où les profanes ne pénètrent point'. »
Madame de Camilly se rétablit assez promptemen et alors Le Bienheureux ne songea plus qu'à la con soler de la mort de son mari. Il nous reste deux lettres qu'il lui écrivit à ce sujet?. Dans un langäf très simple et sans aucun apprêt, © ‘est tout ce qu l'on peut trouver en ce genre de plus élevé et de pli délicat®?.
Nous avonsdit ailleurs‘ quelles étaient les relatiot du P. Eudes avec les Bénédictines de Sainte-Trinité
de Caen, et spécialement avec Madame de Budos'qüi en était abbesse. Des lettres, probablement fort nome breuses, qu'il leur écrivit, neuf seulement nous été conservées. Trois d’entre elles étaient adressées
Madame de Budos; les autres furent écrites à4 Sœur Marie de Taillepied.
La première en date des, lettres à Madonié de
4. Vie du P. Eudes, tom. III, p. 324. — 2. Lettres XXX,XXX/: 3. Sur son lit de mort, le Bienheureux voulut bien recevoirel, bénir une dernière fois Madame de Camilly :« Qu'on la as monter, dit-il, c’est ma fille ainée ». Dans un codicille ajouté à son testament, il recommanda à ses enfants de la considérer comm
trois mois à son directeur. Elle mourut subitement en sortant l'église du Séminaire de Caen où elle venait de communierà corps y fut inhumé sous le balustre du chœur. Sur Madame Camilly, voir surtout Hérambourg, Vie du P. Eudes, I, ch. 13 Wet Boulay, Vie du P. Eudes, passim.