‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 25 sur 394 · IRÉE DE CELLE DE SAINT FRANCOIS DE SALES SUR LA RÈGLE · texte numérisé non relu

IRÉE DE CELLE DE SAINT FRANCOIS DE SALES SUR LA RÈGLE

Pourles Sœurs de Notre-Dame de Charité.

« L: grande autorité de saint Augustin, méritée par 4 «Ja ‘très excellente sainteté de sa vie, et par l’in- “« comparable doctrine dont il a orné l'Église, a fait Sc 'qu'entre tous les législateurs des Ordres religieux, il à «été le plus suivi. Aussi Notre-Seigneur habitant en lui, “comme parle saint Jérôme. lui inspira cette Règle, tellement animée de l'esprit de charité, qu'en tout et partout elle ne respire que douceur, suavité et, bénignité, et par ce moyen est propre à toutes sortes de persounes, de nations et de complexions, si que ce grand homme apostolique l'écrivant. pouvait bien dire, à limitation de L'Apôtre : J'ai élé fait tout a tous, afin vode les sauver tous ; qui fait que non seulement plusieurs L« Congrégations de Religieux .cloitriers, comme celles k « des Chanoines et Cleres Réguliers, des Érémitains, de k« saiut Dominique, de saint Jérôme, de saint Antoine, de “«/Prémontré, mais aussi plusieurs autres se sont ranl« gées sous l'étendard de cet admirable conducteur. Or “ bien que cette Règle soit visiblement très sainte, et que, comme approuvée de l'Église, elle doit être hors j 37

de toute censure : ains que le seul nom de celui qui.

l'écrivit la dût rendre vénérable à (ous ceux qui portent

le titre de Chrétien, si est-ce que la folle témérité des.

enfants du monde ne laisse pas d'y trouver je ne sais quoi à dire, par manière d’affectée curiosité ; et partant, afin que nul ne vous puisse troubler sur cette occasion, je veux prévenir leurs questions et demandes frivoles, et par même moyen éclaircir quelques ditficul-

tés qui pourraient arrêter votre esprit en la lecture d’i-

celle.

« Ce que le glorieux Père commande avant toutes choses, que l’on aime Dieu et le prochain, n’est pas mis en sa Règle comme pour vouloir faire penser qu'il soit l'auteur de ces commandements. Car qui ne sait que non seulement ils sont de Dieu, ains ils sont le suc, la moëlle et l'abrégé de toute la loi de Dieu? Mais ce que Dieu a commandé, ce sien servileur le recommande comme la fin et prétention unique pour laquelle il a dressé sa Règle et sa Congrégation, et à laquelle tout se rapporte.

« Ce qu'il dit : Ce sont ici les choses que nous vous commandons à ce que vous les observiez, ne doit donner aucun scrupule aux Sœurs, comme si cette Règle obligeait en tous ces articles, sur peine de péché ; car cela n’est pas, ainsi qu'après le grand saint Thomas, les Docteurs plus assurés ont observé !. Et de fait, la parole latine de précepte dont saint Augustin use, ne porte pas toujours force de commandement absolu, ains fort souventsignifie la méthode, le moyen, la manière, l'instruction et l’art pour bien faire quelque chose ; voiré même elle est prise quelquefois pour un simple avis de ce qui est expédient. Ainsi disons-nous que la Logique contient les préceptes de bien argumenter, la Rhétorique les pré-

1. S. Thom., Sum. theol. 1. 2, g. 16 ; Azor, lib. 13, c. 11, g. 7 ;

Sylv., verbo Relis., 11.

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