‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 277 sur 394 · LIVRE PREMIER. — L. LIII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — L. LIII

LETTRE Lil]:

AM. Dupont, Supérieur du Séminaire de Coutances. Sur les plaintes qu’il en avait reçues.

[ Vers 1660.)

Vous n’avez pas sujet de vous plaindre?, mon très cher ère, ni de dire qu'on vous nourrit de fiel, Ces paroles sont bien amères au cœur d’une personne qui tâche, en Du choses, de garder le fiel pour lui et de donner le miel aux autres.

ux prêtres du Séminaire de Caen. Il rapporte ce qu'il - dit à la Reine-Mère, dans un sermon prêché chez les

vrier 1661, jour où elles faisaient la fête ji saint . Cœur de Marie.

l {Paris, 17 février 1661.

! La Reine arriva à la fin de mon sermon, à laquelle je dis bien des choses sur le sujet du feu qui a brülé une partie du Louvre. Je commençai à lui parler ainsi : Madame, je n'ai rien à dire à Votre Majesté, sinon de la ipplier très humblement, puisque la divine Majesté l’a amenée en ce lieu, de n'oublier jamais la puissante prédication, que Dieu lui a faite, et au Roi, par le feu qui a Du une partie du Louvre. Vous êtes persuadée que, par-

4 Costil, Annales, 1. 4, n. 24.

2. Entre autres choses, M. Dupont se plaignit quelquefois assez ement des sujets que le P. Eudes lui envoyait, au point qu'un jour le Bienheureux lui répondit: « Je ne vous enverrai plus perqe sans vous en demander yos sentiments auparavant ». Costil,

à. Costil, Annales, 1 6:n- 43;

=: ï à EAX

mi les chrétiens, il n'y a point de hasard, mais que tout se fait par la Providence et l’ordre de Dieu. Ce feu est donc um effet de son ordre, et il veut dire plusieurs choses: |, M 1. Qu'il ne fallait point travailler aux dimanches & fêtes ; Il veut dire 2. qu'il était permis aux rois de bâtir des Louvres ; mais que Dieu leur commandait de soulagen leurs sujets, d'avoir compassion de tant de veuves, de tant d’orphelins et de tant de peuples accablés de m sères ; 3. Qu'ilétait permis aux princes et aux rois de prendre quelques honnêtes divertissements ; mais que dy em» ployer tous les jours, toutes les semaines, tous les mois toutes les années et toute la vie, n'était point le chemimh du Paradis ; 4. Que Paris était plein d’athées qui mettent Dieu sous leurs pieds, et qui font des actions dont les diables ont horreur ; et que, si leurs Majestés le savaient et qu'elles n’employassent pas leur puissance royale pour châtier des crimes si horribles, elles s’en rendraient responsables devant Dieu et attireraient ses vengeances eLses malédien tions sur leurs têtes ; , 5. Que, si le feu temporel n'avait pas pardonné à Ke maison royale, le feu éternel ne pardonnerait ni à princes; ni à princesses, ni à rois, ni à reines, s'ils ne vivaiente chrétiens, et s'ils n'avaient pitié de leurs sujets ; et que, Si ce feu matériel n'avait pas eu de respect pour lesportrai $ et les figures des rois, qui étaient dans le lieu qu'il avai brûlé, le feu de l’ire de Dieu n'épargnerait pas les origi naux, s'ils n’employaient leur autorité pour détruire tyrannie du diable et du péché, et pour établir le règne de | Dieu dans les âmes de leurs sujets ; 6. Que je n'avais point d'autre intérêt, en disant ces choses, que celui de mon Maître et de mon Dieu, € celui du salut de mon Roi et de ma Reine pour lesquels jé voudrais donner mille vies ; À

Page 1