LIVRE PREMIER. — L, XCIV
LETTRE XCIV
À un Supérieur de Missionnaires. Sur la conduite à tenir dans les Missions.
Ce qui doit vous consoler et encourager, c’est que MNotre-Seigneur est au milieu de vous (dans vos missions), d'une facon particulière, selon sa promesse : £'cce ego vobis cum sum omnibus diebus ?. Non seulement il est avec vous,
là rédemption des âmes, qu'il a commencé par lui-même. emeurez aussi en lui, très aimé frère, et, pour cet effet, Mefforcez-vous de sortir hors de vous-même et d'y renoncer «fortement, pour vous retirer en lui et vous y donner en- “lièrement, puisque hors de lui vous ne pouvez rien, et vec lui vous pouvez tout. Souvenez-vous que prêcher, lest faire parler Dieu, et par conséquent celui qui prêche “doit être anéanti, afin que Dieu soit tout en lui, C'est
— Tâchez aussi, très cher frère, de faire toujours un peu i loraison, et de bien dire votre bréviaire et votre messe. | " Je vous prie d’avoir soin de votre santé, et pour cet effet Mje vous conjure de ne prêcher jamais plus d’une heure
[es j : ï de temps. Je vous recommande aussi la santé de nos très DAY n
| chers frères ; et à cette fin, faites en sorte que tous reviennent de l’église à la même heure, pour prendre leur réfection en même temps, que les incommodés disent la messe du matin. et surtout qu'on se retire à neuf heures
du soir, pour prendre le repos qui est nécessaire.
D Hérambourg, I, ch. 9. — 2. Matth. XXVII, 20.
Recommandez-leur souvent la piété intérieure et la mo destie extérieure, et de se donner souvent à Notre-Seigneu pour faire son œuvre dans son esprit, c'est-à-dire dansle dispositions intérieures et extérieures dans lesquelles i faisait toutes ses actions lorsqu'il était en la terre. Je le supplie tous de se donner à lui fortement pour faire le actions divines, je veux dire les fonctions sacerdotales digne Deo, pour traiter les âmes pécheresses en l'esprit di
sa charité et de sa douceur, et pour vivre et converse les uns avec les autres avec respect et amour fraternel non quæ sua sunt quærentes, sed quæ aliorum *. Surtout j les conjure d'avoir extrêmement en horreur et de fui plus que la mort et l'enfer même les moindres ombre de ce vice abominable qu'il n’est pas permis de nommer et pour ce sujel d'agir avec le$ personnes de sexe dif férent avec grande retenue. on
Je bénis Dieu infiniment de toutes les grâces qu'il vous fait dans vos missions. Si vous n'avez pas tant de mond en celle où vous êtes, ne vous découragez pas pour cela! s’iln'y en a pas beaucoup au commencement, il y en auri davantage par après. Et puis souvenez-vous qu’une seu âme est un monde devant Dieu, et que Notre-Seigneui s'est bien arrêté pour prêcher une seule femme ; joim qu'il est nécessaire que l’amour-propre et la vanité qui s mêlent même dans les œuvres de Dieu, soient mortifiées:
faut y apporter plus de diligence et de ferveur.