Recueil de Caen, Lettre
Vers la fin de 1656, la Mère Patin acheta, sur les quais, une prooù elle se proposait d'établir la Communauté, installée provisoirement dans une maison appartenant à M. de Langrie. Lorsque tout füt prèt pour l'installation de la Communauté,on craïgnit que les “échevins de Caen ne fissent opposition à cet établissement. L Mère
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ma très chère Fille, que mon cœur en a beaucoup pour votre âme, et que j'ai grand désir de la servir selon tout « le pouvoir qu’il plaira à Dieu de m'en donner. Tout ce. qui se fait en votre affaire est pour le mieux, n’en doutez point; car vous avez un Époux et une Mère qui ont:tout… pouvoir au ciel et en la terre, qui vous aiment plus que vous-même, et qui sont très sages pour conduire toutes choses en la meilleure manière. Prenez donc garde, ma très chère Fille, de ne vous laisser point aller à l’inquié-" tude, mais ayez grande confiance en eux. Anéantissez à, leurs pieds toutes vos pensées, desseins, désirs, inclinations et volontés, ‘et vous résignez entièrement, et de tout votre cœur,etsans aucune réserve à leur très sainte volonté, les suppliant de conduire toutes choses en las manière qui leur sera la plus agréable : et sachez qu'ils feront mieux tout ce qui vous, sera utile et avantageux, que vous ne sauriez désirer. , .
Je salue très affectueusement notre très chère Mère, : avec toutes ses Filles, mes très chères Sœurs, qui suis en l'amour sacré du très saint Cœur de Jésus et de Marie,
ma très chère Fille, .
JEAN EUDES, Prêtre Missionnaire.
LETTRE à À la Mère Patin. Sur son intérieur.
De Rouen, ce 24 décembre 1659. ,
MA TRÈS CHÈRE ET BONNE MÈRE
Le divin Enfant Jésus soil le cœur de. notre cœur, et l'esprit de notre Sa
l'Enfant-Jésus, prit l'habit le 29 avril 1658, fit profession le 1* mai
1659, et mourut le 30 janvier 1660. Sur la vocation et les vertus de
Madame de Bois-David, v. Ory, Origines, p. 70 sq. 46 Races de Caen, Lettre 10.
\ LIVRE DEUXIÈME. — L. XIT 521
Tout ce que vous m'écrivez de l’état et des dispositions kde votre âme, est une preuve certaine que ce très aimable Sauveur a un amour très particulier pour vous. Il n’y a Érien à craindre, ma très chère Mère : votre affaire est en “bon état. Demeurez en paix et confiance, et en abandon de iout ce que vous êtes, pour le temps et l'éternité, à la très hadorable volonté de Dieu, qui a établi son règne dans votre “cœur et qui y règnera éternellement dans la bienheureuse éternité. Mais je vous prie, ma très chère Mère, de ne “vous persuader point que vous puissiez ni deviez faire kmaintenant ce que vous avez fait autrefois; mais, au “contraire, vous devez modérer beaucoup de vos morti- “cations, et donner à votre corps le repos et tous les sou- “lagements qui vous sont nécessaires pour conserver votre santé. Si vous faites cela, je vous assure que vous ferez une chose bien agréable à Dieu, et beaucoup plus agréable que si vous faites autrement.
… Je salue très cordialement toutes nos chères Sœurs en Mgénéral et chacune en particulier, etles supplie de rendre “bien tous les jours leurs devoirs au divin Enfant, à sa sainte Mère et à saint Joseph, et de s’efforcer à qui mieux “d'imiter l'humilité de cet Enfant Dieu, sa simplicité, son “innocence, son-obéissance, sa douceur, sa tendresse et la cordialité de sa charité, et surtout son grand amour kvers sa très bénite Mère, et de n'oublier pas de recom- “mander au Fils et à la Mère celui qüiest, en l'amour sacré kde leurs très saints Cœurs, ma très chère et bonne Mère, Ù Tout vôtre, JEAN EUDES, Prêtre Missionnaire.
LETTRE XIII
À la Sœur de la Nativité Herson. Le Bienheureux rend. témoignagne de sa conformité à la volonté de Dieu, et
lui donne des avis pour son intérieur, De Rouen, ce7 janvier 1660.
MA TRES CHÈRE SŒUR
La divine Volonté soit notre conduite en toutes choses. Il est vrai que mes mois sont quelquefois bien longs, et"
plus longs que je ne pense, mais non pas que je ne veux;
car, par la miséricorde de mon Seigneur, ilme semble que
je ne veux rien, ni en ce monde, ni en l’autre, qu'une
seule chose, qui est de me laisser entièrement entre les
douces mains de la très adorable volonté de mon Dieu,
afin qu’elle me mène là où il lui plaira, et qu’elle fasse de.
moi, en tout lieu et en tout temps, tout ce qui lui sera le.
plus agréable. C’est pourquoi je ne puis vous dire encore quand je m'en retournerai à Caen ; je sais bien que,
moyennant la grâce de Notre-Seigneur, ce sera quand je
voudrai, mais je ne sais pas encore quand je le voudrai, c'est-à-dire, je ne sais pas quand Dieu le voudra.
Vous me décrivez fort bien votre intérieur, ma chère Sœur ; je n'ai autre chose à vous dire à tout cela, sinon que vous tâchiez de ne vous inquiéter point dans votre pauvreté et dans vos misères; mais de demeurer en
paix, enhumilité, en patience, en soumission etabandon«
à la divine Volonté, en obéissance et confiance à votre Supérieure, en fidélité pour l’observance de vos Règles.
Surtout, ma chère Fille, je vous recommande trois
choses : la première, de conserver toujours dans votrecœur une forte et généreuse résolution de vaincre les défauts