LIVRE DEUXIÈME. — L. XVII
Le tout vôtre, JEAN EUDES, Prêtre Missionnaire.
LETTRE XVII
A la Mère Patin. Sur la terre de Launay et diverses questions.
[Paris 1660.
MA TRÈS CHÈRE ET BONNE MÈRE
La divine Volonté soit notre conduite en toutes choses. M. Je loue Dieu de tout mon cœur pour toutes les grâces
qu'il vous fait et pour les saintes dispositions qu'il met Men votre âme. Je lui rends grâces aussi de ce qu'il mul- Miplie le nombre de nos très chères Sœurs, vos bonnes MFilles, mais spécialement de la bonne volonté qu'il vous nne pour ma nièce, dont je vous suis très obligé, ma ès chère Mère, et vous en remercie autant que je puis?.
1. Recueil de Caen, Lettre 16. Cette lettre qui ne porte aucune date, t avoir été écrite de Paris en 1660. Le P. Eudes y prêcha cette née-là deux missions, celle des Quinze-Vingts et celle de Saintmain des Prés; et c’est alors qu'il put avoir avec la Mère de Maupeou les entrevues dont il est question dans sa lettre.
«2. Il s’agit, dans cette lettre, de Francoise Herson, sœur de la Mère arie de la Nativité Herson. Elle prit l’habit le 25 juillet 4662, à
J'ai eu une grande joie d’abord, lisant en votre lettre que vos affaires étaient en bon état à Rome: mais ce mo dèle d'Avignon, dont vous me parlez, me fait grand peine car j'ai peur qu'on ne veuille vous uniraux Religieuses d’'A= vignon, ce qu'il ne faut jamais souffrir. Certainement j'aimerais mieux que la maison fût renversée que cel fût‘; mais j'ai confiance en Notre-Seigneur et en sa très” sainte Mère qu'ils ÿ pourvoiront. Quand M. dela Boissièré sera ici, là où on l’attend, je saurai de lui ce qu'il a voulu dire. ;
J'ai vu notre très chère Mère de Maupeou? et la verrai encore, Dieu aidant, après que la mission que nous fai sons ici sera achevée.
Si je puis trouver l'orfèvre, j'aurai soin de ce que de désirez.
L'affaire de la terre de Launay ‘me donne me de
l'âge de 2 ans, .fit profession comme simple converse le 25 mars 1665, et mourut Le 26 mars 1733. Elle est connue en religion sous le nom de Marie de Saint-François. Entrée jeune au monastère, elle fut blessée au bras par un chirurgien maladroit, et pendant longtempson craignit qu’elle ne fût dans l'impossibilité de s'en servir. Par respec pour son oncle, la Mère Patin la garda néanmoins. C'est àces faits que le Bienheureux fait allusion dans sa lettre. C'est sans doute de Frans coise Herson qu'il est question ci-dessus, Lettres VetXNI. CF. Or Origines, p. 9,4.
1. Au Refuge d'Avignon, les pénitentes étaient gouvernées par d'anciennes pénitentes devenues religieuses. Le P. Eudes voulaitat contraire que la conduite des religieuses de Notre-Dame de Charité eût toujours été à l'abri de tout soupçon, et il ne voulait pas quelles pénitentes désireuses de se consacrer à Dieu fussent admises à faire profession dans l'Ordre : on devait les envoyer dans d’autres com munautés. Cela explique pourquoi il ne veut à aucun prix de l'union du de Caen à celui d'Avignon. Cf. Ory, Origines, p. 94. . Madeleine Élisabeth de Maupeou, fille du calviniste Gilles de Maw de entra à la Visitation de Paris en 1628. Elle fut successivemenl supérieure à Caen (1635- -1641), à Bayonne, et à Paris où elle avait ét ne Elle mourut au premier monastère de Paris le 3 juillet 1€74 âge de 78 ans, après 45 ans de vie religieuse. Cf. Annee saint
s Religieuses de la Visitation, tom. 7. | 3 La terre de Launay, située en la paroïsse de SAR Ut de la- Pierre, près Périers, avait été vendue au Séminaire de Coutances en