LIVRE DEUXIÈME. — L. XVII
peine, car nos Frères de Coutances m'écrivent qu'elle rui- .nera notre Maison, si On n'y apporte remède. Je vous supplie, ma très chère Mère, de considérer que j'ai fait cette affaire pour faire plaisir à votre Maison, et que je «l'ai faite contre le sentiment de tous nos Frères, et que | nous avons acheté cette terre lorsque personne du monde “n'en voulait. Tout cela est très véritable, el non pas que …c’ait été le bon marché qui nous ait obligé de la prendre. IL est vrai qu'après que la chose fut faite, vous ou quel- “que autre rhe dites que M. de Saint-Nicolas la demandait ; “mais j'étais pour lors engagé de parole à un autre qui la demandait aussi ; et puis quand M. de Saint-Nicolas l’au- “rait eue, et que les mêmes peines lui seraient arrivées qu'à “nous, il n'aurait pas manqué d’avoir recours à vous pour être dédommagé. C'est pourquoi je vous supplie, ma très “chère Mère, de faire en ceci comme vous voudriez que «l'on vous fit en cas pareil. C’est une chose à quoi nous * avons été trompés ; si celle qui nous.l’a vendue avaiten- “core son bien, elle serait obligée de nous indemniser. Or est-il qu'elle vous l’a donné pour la plus grande partie. “G'est pourquoi, c'est à vous de faire ce qu’elle devrait “faire, si elle l'avait encore : cela esttrès juste et très équitable. Mais afin que je n'en sois pas le juge, je vous “conjure, ma très bonne Mère, pour empêcher que cela ne
Lprésente quelque difficulté en matière de procès, c’est-à- “dire de choisir quelques amis communs, intelligents en
| + la Congrégaion de Jésus et Marie. Cf. Costil, Annales, tom. 1, p. 616 ; Ory, Origines, p.69 ; Boulay, Vie du P. Eudes, tom. 3, p. 106.
FASO ;
ne doute pas que vous n’acceptiez, étant trop juste, trop raisonnable et trop chrétien pour le refuser. Cependant je salue, dans toute la cordialité possible, toutes nos chères Sœurs en général et chacune en parti culier, et je vous prie de leur dire que je les prie de D aider en cette mission, qui est très importante, par leurs prières. | Je suis de tout mon cœur, ma très chère et bonne 1 Tout vôtre, JEAN Eupes, Prêtre Missionnaire. | LETTRE XVIII | A la Mère Patin. Sur ses peines intérieures, et 1
moyens à prendre pour obtenir de Rome l'approbation de l'Ordre.
Ma TRÈS CHÈRE ET BONNE MÈRE,
La divine Volonté soit notre conduite en toutes choses
Je bénis Notre-Seigneur, de tout mon cœur, de la fa veur qu'il vous a faite d'avoir commandé au vent et à là tempête, et d'avoir uni le calme et la tranquillité en votre âme. Mais je le remercie beaucoup davantage de la grâce qu'il vous a faite de vous avoir donné à souffrir ce que vous avez souffert, dans l’état où je vois par votre lettre que vous avez été. Ma chère Mère, que cet état est pré cieux ! oh : que c’est un riche don de la divine Bonté ! ob que nous devons bien plus rendre grâces à Dieu pour de semblables désolations, que pour toutes les consolations
1. Recueil de Caen, Lettre 14; Hérambourg, Il, ch. 32. Cette lettre doit être de 1660. IL y est question de M. Boniface, et c'est cette année là, durant les missions des Quinze-Vingts et de Saint-Germain des Prés, que le P. Eudes fit sa connaissance et songea à l'envoyer À Rome.