LIVRE DEUXIÈME. — L: XXXII
rieurs et. Supérieures sont obligées de répondre devant Dieu du salut des àmes que Dieu leur a commises.
Vous ne devez pas aussi vous regarder comme Supérieure ; car c’est la très sainte Mère de Dieu qui l'est vé-- ‘ritablement : vous n'êtes que sa vicaire ou substitute ; à raison de quoi vous devez vous mettre souvent à sespieds, spécialement lorsqu'ilest question de faire quelque action. de Supérieure ; et là, renoncer à vous-même, vous donner à elleet lasupplier d'anéantir en vous votre propre esprit, de vous donner le sien qui est celui de son Fils, afin de conduire vos Sœurs par l'esprit de leur Époux et de leur Mère.
Pour cet effet, vous avez quatre choses à faire, ma très chère Fille :
La première est de parler à vos Sœurs plus par vos œuvres que par vos paroles : vous rendant la première à tout; et tàchant de vous comporter de telle sorte, que vous soyez un exemplaire de toutes sortes de vertus.
. La deuxième, de les conduire avec une très grande charité, douceur et bénignité, les prévenant dans leurs besoins corporels et spirituels, et leur témoignant en toutes choses un vrai cœur de Mère, plein de soin, de tendresse, de cordialité.
La troisième, de tenir exactement et soigneusement la main à l'observance de vos Règles et Constitutions ; et à cette fin, vous les devez beaucoup étudier, spécialement celles qui vous regardent è
La quatrième est d'avoir un soin très particulier des Pénitentes, et de n'oublier rien de tout ce que vous pour-. rez faire pour leur parfaite conversion: car la Maison étant établie pour cette fin, c'est de là que dépendent toutes les grâces que Dieu y veut donner. Tandis que l’on fera comme il faut ce qui appartient à cet Institut, Dieu versera abondamment des bénédictions sur votre Communauté:; mais quand on viendra à le négliger, il vous abandonnera, et tout s’en ira par terre, pour le spirituel et pour le temporel.
J'espère, Dieu aidant, répondre bientôt de bouche au reste de votre lettre ; il ne faut pas tant se hâter d'écrire la vie d'une personne qui vient de mourir, pour beaucoup de raisons {.
Je salue très cordialement toutes mes chères Filles. J'ai toujours eu et aurai toujours pour elles un cœur de véritable Père, qui suis en vérité, ma très chère Fille,
Tout vôtre, JEAN EUDES, Prêtre Missionnaire de la Congrégation de Jésus et Marie.
LETTRE XXX II
A la Mère du Saint-Sacrement Pierre. Sur la fondation de Rennes, et du zèle qu'il faut faire paraître en ces occasions.
A Rennes, ce 19 janvier 1670.
AM
J'ai reçu les copies que vous m'avez envoyées, ma chère Fille, mais l'arrêt de la vérification du Parlement y manque. Il y en a bien un, mais c’est un arrêt qui ordonne seulement qu'il sera informé à Caen des commodités ou incommodités de la ville, et nous n'avons pas affaire de celui-là, mais d'un autre que vous avez, qui est depuis « celui-là, et qui ordonne que vos Lettres du Roi soient enregistrées. Je vous prie d’en faire faire une copie au plus tôt, et de me l’envoyer sans délai, car Ms' de Rennés désire la voir.
Je suis surpris de ce que vous m'écrivez qu'on ne peut . pas envoyer ici de nos Sœurs sitôt. D'où vient cela, ma
4. Cette réflexion porte à croire que la Mère Marie du Saint-Sacrement avait formé le projet de faire composer une notice sur la Mère Patin.