II. — COMPOSITION ET HISTOIRE DES CONSTITUTIONS
Dès l'origine, le Bienheureux avait adopté pour l'Institut de Notre-Dame de Charité la Règle si sage | etsi douce de saint Augustin, comme Île montrent les lettres patentes de 1642. Mais cette Règle ne suffisait pas. 11 fallait l’appliquer aux besoins et aux œuvres de l'Institut en y ajoutant un corps de Constitutions. Le P. Eudes aimait les Constitutions que saint François de Sales avait données aux religieuses de la Visitation. ll en goûtait l'esprit et il voulait l'implanter parmi ses filles. Ce fut 13 en partie ce qui mit la division entre lui et Marguerite Morin, qui préférait l'esprit des Ursulines et voulait l'introduire à Notre-Dame de Charité.
En prenant la direction de l'œuvre du Refuge, la Mère Patin y apporta les Constitutions de la Wisitation. Ce sont elles qui servirent de base à celles que le Bienheureux donna à ses filles; mais il dut, sur bien des points, remanier l'œuvre de saint François
Sainte-Euphrasie Pelletier, par l'abbé H. Pasquier : Paris, Lethielleux, 1894 ; — La V. Mère Marie de Sainte-Euphrasie Pelletier, par M.le chanoine Portais. Paris, Delhommeet Briguet,1893;2"édit. 1898 : — Entretiens et Instructions de la R. Mère Marie de Sainte-Euphrasie Pelletier, Angers, 1885 : 2° édit., 4907. Nous croyons savoir qu'actuellemeni le Bon-Pasteur possède environ 250 maisons.
de Sales pour la mettre en harmonie avec ses vues ersonnelles et avec la fin du nouvel Institut. C'est que le P. Eudes explique lui-même dans une mÉpitre dédicatoire qu'il écrivit, sur la fin de sa vie,
M pour servir de préface au Couturier, et que, de fait,
…les religieuses de Notre-Dame de Charité placérent ven tête des deux éditions de ce livre, qui parurent, la première en 1682, et la seconde en 1738.
« Parce qu'il a été nécessaire, dit le Bienheureux à ses filles, de vous mettre, en la naissance de votre “Congrégation, sous la conduite de quelques bonnes met vertueuses Religieuses, afin de vous instruire et former dans les pratiques de la religion, et qu'à cette “fin vous avez été durant quelques années sous la di- Lrection des religieuses de la Visitation Sainte-Marie,
par l'ordre de Monseigneur l Illustrissime et Révérendissime Jacques d'Angennes, évêque de Bayeux,
M d'heureuse mémoire, à la irès humble prière que Je M lui en fis, et que ces saintes filles vous ont conduites par la même voie qui leur est marquée dans leurs M Constitutions, Directoire et Coutumier, que leur bienheureux Père et fondateur, saint François de Sales, “leur a donnés, j'ai pris dans ces Constitutions, Direc- Mioire et Coutumier, les articles qui servent à régler les exercices de la vie religieuse en général, auxquels j'en ai ajouté plusieurs autres, qui regardent Mlemploi et les fonctions de votre Institut partieuier ; et ayant joint les uns avec les autres, j ‘ai cru que “je ne pouvais vous mettre entre les mains aucuns moyens plus propres et plus efficaces pour vous per- Mfectionner et sanctifier dans votre vocation, et pour vous porter à correspondre fidèlement aux desseins | que sa divine bonté a sur vous. »
L Il y a, dans les Constitutions, quelques détails que ble P. Eudes dut y i insérer pour obvier à l’objection qu'on lui faisait sans cesse, à savoir que des reli-