Ory, Origines, p, 1H. = % Ibid
Ep A
La première édition des Constitutions parut à Caen sous ce titre : È
Règles de Saint Augustin, et Constitutions pour les Sœurs Religieuses de Notre-Dame de Charité. A Caen, chez Marin Yvon, Imprimeur ordinaire du Roi, MDC.LXX, 1 vol. petit in-32 de 534 pages.
Le 30 mai 1675, la Mère Marie de la Nativité Herson, nièce du Bienheureux, fut élue Supérieure du monastère de Caen, en remplacement de la Mère Marie du Saint-Sacrement. Le P. Eudes s’entendit avec elle pour préparer une seconde édition des Constitutions, que les fondations de Rennes, d’Hennebont et de Guingamp rendaient nécessaire. Il ne fit à la première édition que de très légers changements ; si bien que, lors de la réimpression du livre en 1682, les Sœurs ne crurent pas devoir solliciter une nouvelle approbation de l’évèque de Bayeux.
Dès 1714, il fallut songer à une troisième édition des Conshtutions ; mais alors la question se posa de savoir si l’on conserverait le texte de 1682, ou si l’on reprendrait celui de 1670, le seul qui eût été approuvé par l'évêque de Bayeux. Le monastère de Guingamp demandait que l’on s'en tint au texte primitif. À Caen, les Sœurs étaient divisées : les plus anciennes religieuses étaient pour le texte revu par le P. Eudes; les autres pour celui de 1670 ‘. La ques-
{. « 11 y a un vrai plaisir, dit le P. Ory, à lire dans les vieilles Annales, le récit du Chapitre solennel présidé par l'abbé de Pibrac, où cette grave affaire fut discutée une première fois. Peut-être pourrait-on reprocher à ce Supérieur une certaine inexpérience des communautés religieuses ; mais on y trouve un respect pour la iberté des Sœurs uni à des procédés si charitables, que malgré soi on est charmé. Deux Sœurs viennent l’une après l'autre se mettre à genoux à la grille, et lisent successivement les raisons des deux partis. La première défend les anciennes Constitutions, et expose qu’on doit les reprendre parce que leur approbation est contenue dans la Bulle d'érection de l'Ordre. L'autre répond que
tion ne fut tranchée qu’en 1734, dans une Assemblée générale de l’Institut, convoquée par la Mère Marie de Sainte-Catherine Blouet de Camilly‘, Supérieure du monastère de Caen. Les monastères de Rennes, de Vannes, de la Rochelle et de Paris y furent représentés par leurs Supérieures et une Sœur de chaque maison; mais les Supérieures de Tours et de Guingamp ne purent obtenir de l'Ordinaire l’autorisation de se rendre à Caen pour y prendre part.
MM. Costil et Martine, Eudistes, très au courant l’un et l’autre de l’histoire et des intentions du P. Eudes, furent priés de prêter leur concours à l’Assemblée, à laquelle ils rendirent en effet de grands services. La vérification des pouvoirs achevée, l’Assemblée choisit comme présidente la Mère Marie de
les nouvelles ont été revues par le pieux Instituteur, et qu'il a manifesté fort clairement son désir de les voir observées à perpétuité. Plus tard, celles de ce parti prouvèrent d’une manière irréfutable que la prétendue approbation de Rome n'existait pas ; que pour la trouver dans la Bulle d'Alexandre VII, il fallait donner à quelques termes généraux un sens qu'ils n'avaient pas. Des docteurs de Sorbonne consultés répondirent dans ce sens. et le P. Costil, avec des documents fort authentiques, fit un rapport absolument convaincant pour la défense des nouvelles Constitutions. Après les exposés des Sœurs, M. de Pibrac fit voter les quarante-deux Sœurs professes : il y eut deux voix de plus pour les anciennes Constitutions. Cette faible majorité embarrassa d'autant plus le Supérieur, que la Mère Blouet et quelques anciennes Sœurs lui firent observer qu'elle venait des jeunes religieuses. Il ne voulut plus se prononcer, et quand la Mère Hellouin le pressa de trancher cette affaire, il finit par lui dire que (le siège de Bayeux étant vacant), il fallait attendre à la soumettre au nouvel évêque. » Ory, Origines, p. 243-244.
1. La mère Marie de Sainte-Catherine Blouet de Camilly était la petite-fille de Madame Blouet de Camilly, l’une des insignes bienfaitrices du monastère de Notre-Dame de Charité de Caen, et nièce de M. Blouet de Camilly second Supérieur général de la Congrégation de Jésus et Marie. Elle fut plusieurs fois Supérieure de la Communauté de Caen. En 1709, elle fit consacrer l’église du monastère par son frère, alors évêque de Toul, et plus tard archevêque de Tours. Elle mourut le 28 juillet 1738, à l’âge de 70 ans. Elle était professe depuis 54 ans. Cf. Ory. Origines, p. 203, 266-268.
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Sainte-Catherine. Les séances durèrent près d’un mois, du 9 octobre au à novembre.
Définitivement fixé par l’Assemblée, le texte des Conshtutions fut réimprimé en 1737, avec l’approbation de Ms" de Luynes, évèque de Bayeux ; et le 26 septembre 1741, à la requête de la Mère Marie de Sainte-Catherine et de la Mère Marie du Cœur de Jésus de la Grève, Supérieure de la maison de Paris!, il fut approuvé par le Pape Benoït XIV.
III. — ANALYSE DES CONSTITUTIONS DE NOTRE- DAME DE CHARITÉ. LEURS RAPPORTS AVEC CELLES DE LA VISITATION.
Les Constitutions de Notre-Dame de Charité s'ouvrent par une Préface qui contient un aperçu sur l’humble gloire de l'Institut, des souhaits de l’Instituteur à ses filles, et des recommandations qu'il leur adresse.
Quant aux Constitutions elles-mêmes, elles se composent de 54 chapitres, dans lesquels le Bienheureux traite de la fin de l’Institut, de la vie et des vertus religieuses, et finalement du gouvernement de la Communauté et des emplois.
Esquissons à grands traits les vues et les prescriptions du bienheureux fondateur sur chacune de
ces questions.
4. L'Assemblée de 1734 avait chargé ces deux Mères de solliciter cette faveur, comme l'indique un appendice placé à la fin du Coutumier imprimé en 1738, dont voici le texte : « Les [premières] sessions furent employées à régler ce qui concernaitles Constitutions et à les mettre en état de recevoir du Souverain-Pontife une approbation spécifique. C'est à quoi l'Assemblée au nom de tout l'Institut demanda qu'on travaillàt au plus tôt. La Mère Marie de Sainte-Catherine de Camilly et la Mère Marie du Cœur de Jésus de la Grève furent choisies pour négocier cette affaire auprès du Saint-Siège, et promirent de commencer incessamiment, sous les ordres de Monseigneur de Bayeux. »
4. — L’humble gloire des Relisieuses de Notre-Dame de Charité.
En tête du Directoire de: la Visitation, saint François de Sales déclare que ses filles n'ont d'autre bien e celui de Ja dileetion, qui est le lien de [a perfection. C’est là ce que le Saint appelle l’hwmble gloire des Religieuses de la Visitation, et il les conjure de Ja conserver en vivant toujours unies en Jésus et en sa sainte Mère.
Les Religieuses de la Visitation avaient aussi la gloire d'être les filles du Cœur de Jésus, dont lé . vèque de Genève leur recommandait constamment d'imiter la douceur et l'humilité. « Ma fille, écrivait + un jour le Saint à la Mère de Chantal, ne sommesnous pas enfants adorateurs et serviteurs du Cœur amoureux ef paternel de notre Sauveur ? N'est-ce pas sur ce fond que nous avons bâti nos espérances ? Iestnotre Maïtre, notre Roi, notre Père, notre tout". » Les Sœurs de Ia Visitation avaient compris ce lan- » gage et elles se considéraient comme les filles. du Cœur de Jésus. | « Considérez, dit la Mère L'Huillier dansses Ezer- » cices spirituels?, considérez que, non seulement notre doux Sauveur nous montra son amour par toute l'œuvre de notre Rédemption avec tous Les chrétiens, mais qu'il nous oblige spécialement, nous autres de là Visitation, par le don et la faveur qu'il à fait à