‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 373 sur 803 · BÉGEARSS, FIGARO, LÉON · texte numérisé non relu

BÉGEARSS, FIGARO, LÉON

LÉON, se contenant mal.

Monsieur, monsieur, un mot. Il importe à votre repos que vous répondiez sans détour. Florestine est au désespoir ; qu’avez-vous dit à Florestine ?

BÉGEARSS, d'un ton glacé.

Et qui vous dit que je lui ai parlé? Ne peut-elle avoir des chagrins sans que j’y sois pour quelque chose?

LÉON, vivement.

Point d’évasions, monsieur. Elle était d une humeur charmante : en sortant d’avec vous, on la voit fondre en larmes. De quelque part qu’elle enreçoive, mon cœur partage ses chagrins. Vous m’en direz la cause, ou bien vous m’en ferez raison.

BÉGEARSS

Avec un ton moins absolu, on peut tout obtenir de moi : je ne sais point céder à des menaces.

LÉON, furieux.

Eh bien ! perfide, défends-toi. J’aurai ta vie, ou tu auras la mienne !

[Il met la main ù son épée.) FIGARO les arrête.

Monsieur Bégearss ! au fils de votre ami ? dans sa maison? où vous logez?

BÉGEARSS, se contenant.

Je sais trop ce que je me dois... Je vais m expliquer avec lui ; mais je n’y veux point de témoins. Sortez, et laissez-nous ensemble.

LÉON

Va, mon cher Figaro: tu vois qu’il ne peut m’échapper. Ne lui laissons aucune excuse.

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