‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 552 sur 803 · SUITE DE LA CONSULTATION · texte numérisé non relu

SUITE DE LA CONSULTATION

« Considérant que le sieur de Beaumarchais, injurié, calomnié, diffamé de la manière la plus outrageante, par un mémoire rendu public à la veille du jugement, s’est vu dans la nécessité de se justifier des inculpations graves qui lui ont été faites, et qui exigeaient une réponse énergique, et capable de détruire l’impression que laisse toujours la calomnie dans l’esprit de ceux qui ne jugent que par le ton d’assurance ou la hardiesse des assertions ;

« Que sa réponse est une défense de droit naturel, qui ne peut jamais être interdite à un citoyen aussi grièvement offensé ; qu’en l’examinant avec attention on voit qu’aucun des faits quelle contient n’est étranger à la question débattue;

« Que cette justification estlaplus claire etla plusforte qu’un homme attaqué dans son honneur puisse donner de sa conduite; qu’elle contient une analyse de l’acte du 1er avril 1770, et un historique des antécédents, tellement propres au sieur de Beaumarchais, qu’aucun autre que lui n’eût pu les mettre dans un jour si lumineux;

« Que si cette défense eût dû gagner quelque chose à être refondue dans le style de Me Duparc, elle eût pu y perdre ce caractère de vérité qui prévient et qui touche en faveur d’un homme offensé qui se défend lui-même;

« Nous estimons qu’elle aurait dû être adoptée par le défenseur du sieur de Beaumarchais, puisqu’il doit être convaincu de la pureté de la conduite de son client, et pénétré de la justice de sa demande en cassation de l’arrêt du 6 avril 1773; que l’adoption que Me Duparc en aurait faite eût autant honoré la sensibilité de l’avocat, que la justification honore les lumières et la probité du client.

* B est donc très-malheureux pour le sieur de Beau-

marchais qu’une pareille défense ne puisse être produite sous la forme d’un mémoire signifié; mais ne pouvant lui en fournir les moyens contre le vœu prétendu de tant de règlements intérieurs du corps des avocats aux conseils, nous nous bornons à l’inviter de moins s’occuper du ressentiment que lui causent les refus de son défenseur, que d’instruire ses juges et le public de la nature des obstacles qu’il trouve à publier une justification aussi intéressante pour lui.

« Nous estimons enfin que le sieur de Beaumarchais peut et doit produire la présente consultation, non comme pièce d’une instance au conseil du roi, mais comme l’avis d’un jurisconsulte sur la question qui lui est proposée par le sieur de Beaumarchais, dont les malheurs, le courage et la position pressante doivent intéresser tous les honnêtes gens ' .

« Délibéré à Paris, le 12 janvier 1775, par nous avocat au parlement.

« Signé Ader. »

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