‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 577 sur 803 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Si tout ce que je viens d’établir est juste, il en résulte que, dans les lettres qui feront rentrer le parlement, ce corps doit être purement et simplement rappelé à ses fonctions, et non recréé à des fonctions nouvelles, car les siennes n’ont pu être anéanties1 2.

Dans l’édit du règlement, il me paraît que la borne du pouvoir négatif et passif peut être facilement posée entre le refus de concourir par l’enregistrement et la coaction à ce qui paraît injuste (et c’est le dernier terme de la fonction du magistrat), et la liberté de s’opposer à la volonté du roi par des arrêts de défenses et des cessations de 'service, ou tous autres moyens actifs qui lui sont interdits et ne lui appartiennent nullement. Tout le reste n’est qu’une dispute de mots, ou des combats de haine personnelle.

Voilà mes idées, que je soumets avec respect au jugement des personnes éclairées qui daigneront en prendre connaissance.

Signé Caron de Beaumarchais.

N. B. Pour ôter aux méchants tout moyen de me nuire, en supposant que j’ajuste aux événements actuels un mémoire faux, imaginaire, j’ai déposé au greffe la seule copie qui m’en reste, écrite alors par mon beau-frère, mort il y a près de six ans.

Qu’il me soit permis d’ajouter à cette profession de foi une autre preuve de mon horreur pour ce qui peut aigrir les cœurs et les esprits. Un sujet très-frivole en avait fourni l’occasion ; il n’en montre que mieux quelle est ma règle de conduite en tout genre d’affaires où l’État est intéressé.

Lettre de M. de Beaumarchais à M. Saiffert ; laquelle a été répandue.

« Paris, ce 30 mai 1788.

« Vous me mandez, mon cher ami, qu’il se répand dans le public des pamphlets contre les magistrats, et qu’on a l’infamie de m’en attribuer quelques-uns.

« Ma religion, vous le savez, est de ne rien écrire sans y mettre mon nom. Si quelque chose m’a fait distinguer M. de M*** des autres écrivains satiriques, c’est qu’il s’expose franchement à la vengeance de ceux qu’il blesse, et que signer même un outrage est un genre de loyauté.

« Jugez par les lettres suivantes si j’approuve les moyens vils, les sarcasmes et les libelles sur une question majeure qui intéresse la nation entière. Toute preuve est bonne à produire dès qu’elle marche à son but.

« Les comédiens français ont voulu jouer Folle Journée à l’instant où le Palais s’est fermé ; ils s’y portaient avec un empressement obligeant pour l’auteur : ils ont voulu lever l’obstacle que l’intérêt des pauvres me faisait mettre à sa reprise ; ils m’ont écrit, ont distribué des rôles ; et moi je vous envoie mes réponses à leur

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