‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 583 sur 803 · DANS LE PROCÈS DU SIEUR KO II N MAN CONTRE SA FEMME · texte numérisé non relu

DANS LE PROCÈS DU SIEUR KO II N MAN CONTRE SA FEMME

Dans ce moment d’élan universel, où tous les esprits sont tendus vers les intérêts nationaux, où chaque homme s’honore de s’occuper de tous, celui-là est bien malheureux, qui, forcé de parler de lui, est obligé d’y ramener les autres. Le respect dû aux circonstances doit au moins l’engager d’écrire simplement, et sans prétention, la justification qu’on lui a rendue nécessaire.

C’est ce que je vais faire aujourd’hui. En lisant ce récit, on verra que c’est malgré moi que j’ai dû m’occuper de moi. Mais pouvais-je moins faire, à la fin du plus odieux, du plus ridicule procès, que de repousser, par un simple exposé, la multitude de libelles avec lesquels de faméliques écrivains, caches et guidés par l’imposteur Bergasse, battent monnaie depuis deux ans aux dépens d’un public trop facile, en l’abusant sur tous les points de cette rscandaleuse affaire?

A voir l’empressement avec lequel on dévorait ces infamies, on eût dit qu’il ne fallait plus à notre peuple que deux choses : du pain \ et des libelles , des libelles et du pain. Et parce que j’avais fortement réclamé la liberté de la presse, il semblait juste à tous que je fusse accablé le premier sous sa plus effrénée licence. Mais quel particulier oserait maintenant se plaindre de s’en être trouvé frappé, après toutes les horreurs dont nous sommes témoins? Laissons ces tristes réflexions ; renfermonsnous dans notre objet: il n’y prête que trop luimême.

Que ceux qui dans le mal d’autrui ne cherchent qu’un vain amusement, s’abstiennent de lire ce récit, destiné partout à convaincre, mais sans espoir d’intéresser: sa force tout entière se tire des nombreuses pièces probantes qui l’accompagnent 1 et le surchargent.

Dans les discussions de ce genre il faut bien renoncer à plaire. La rage et la démence unies m ont attiré dans cette arène, sans que j’y aie d’autre

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