‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 584 sur 803 · PROCÈS QUE CELUI QUE JE FAIS MOI-MÊME A TOUS MES · texte numérisé non relu

PROCÈS QUE CELUI QUE JE FAIS MOI-MÊME A TOUS MES

calomniateurs. Outragé, mais non inculpé, je re-

pousse une longue injure, en demandant vengeance aux magistrats. Si je me rends net et concis, je regretterai peu de chose. L’élégance que j’ambitionne est la désirable clarté. Je vais prouver de tristes vérités : ce sera toute mon éloquence.

Il manque une loi très-utile au code qu’on va réformer. C’est celle qui ordonnerait qu’aucun mari ne pourra intenter la scandaleuse action d’adultère contre sa femme, sans avoir consigné sa dot : cette sage précaution guérirait beaucoup d’âpres époux de l’envie de tenter une voie si flétrissante de s’emparer du bien de leurs épouses; surtout les tribunaux et le public ne seraient pas inondés de toutes les calomnies inventées par le sieur Guillaume Kornman, pour éviter de rendre compte d’une dot qu’il a dilapidée, et pour se venger de tous ceux qu’il a vus s’y intéresser.

Dans ce procès très-affligeant pour la jeune femme

accusée, mais démontré déshonorant pour le mari qui la poursuit, un premier libelle imprimé m’a fait prendre l’engagement de me justifier sur quatre faits qu’on m’y impute. Je dois les répéter ici.

lo D’avoir concouru avec force à faire accorder par le roi à une dame enceinte, enfermée, la liberté conditionnelle de faire ses couches ailleurs que dans une maison de force, où son désespoir la mettait en danger de perdre la vie.

2° D’avoir examiné sévèrementl’étatd’une grande entreprise dont on appréhendait la ruine, à la vive sollicitation, ai-je dit, de personnes du plus haut rang, qui avaient intérêt et qualité pour désirer d’en être instruites.

3« De m’être opposé, disait-on, par toutes sortes de moyens, au rapprochement douloureux de cette infortunée avec son avide mari.

4° D’avoir enfin causé la ruine de celui-ci, et forcé sa faillite, qu’il ne veut pas qu’on nomme banqueroute, en le diffamant en tous lieux.

Dans mon premier mémoire je me suis hâté d’avouer les deux premiers chefs imputés. Je me suis honoré publiquement d’avoir, en cette occasion, rempli mon devoir d’homme sensible et généreux, je me suis vanté d’avoir fait ce qui m’est reproché comme un crime.

Mais j’ai nié formellement d’avoir fourni le plus léger prétexte aux deux dernières imputations. Je m’engage d’en démontrer la fausseté, d’en bien prouver la calomnie, sous peine de mon déshonneur.

première imputation calomnieuse.

Ils r retendent que je la connaissais quand je V ai tirée de prison.

Je pense avoir bien établi qu’aucun autre homme humain et courageux ne se fût dispensé, plus que moi, de secourir une victime dont on me démontra qu’on n’exposait les jours dans la prison où on l’avait jetée, que pour écarter sa demande en sé-

MÉMOIRES

paration contre un mari dissipateur; que pour ne lui rendre aucun compte d’une dot de quatre cent mille livres que son époux voulait s’approprier. Je ne reviendrai point sur un fait aussi bien prouvé.

Mais j’ai dit, et je le répète, que lorsque j’employai mes soins pour l’arracher de sa prison , je ne la connaissais pas même de vue ; non que cette circonstance importât au fond de l’affaire. Peut-être mon action en a-t-elle eu plus de mérite; mais si j’ai fait un crime en la servant, soit que je la connusse ou non, cela ne change rien à la nature de ce service.

Ces faits posés, et mon assertion contestée, tout indifférente qu’elle est, prouvons, comme je l’ai dit, que je ne connaissais pas l’accusée : prouvonsle par les faits, par des témoignages non suspects, par des raisonnements sans réplique.

A la dénégation que le sieur Kornman, ou son porte-parole, a faite decette partie de mes déclarations, j’ai cherché à me rappeler quelles personnes dînaient chez le prince de Nassau en octobre 1781, quand je fus vivement pressé par ce prince et par la princesse de joindre mes efforts aux leurs pour secourir une inconnue. Je me suis souvenu que M. le comte de Coetloury , M. l’abbé de Cabres , M. l’abbe Girod , M. Saiffert, médecin, M. Baudet de Jossan , étaient de ce dîner. Je ne me rappelle pas quels étaient les autres convives.

Forcé de justifier un fait indifférent, je n’ai pas cru manquer à des hommes d’honneur en les faisant appeler en témoignage, ainsi queM. le prince de Nassau, dans l’information faite devant le commissaire Chenu. Tous ont dit (car tous ont dû le dire, et leurs dépositions sont dans les mains de M. l’avocat général) qu’il me fut fait de vives sollicitations par le prince et par la princesse ; que je leur résistai longtemps, ne connaissant pas même de vue la dame dont on me parlait, et sur des motifs de prudence qu’ils auront pu se rappeler, ce point ayant été traité à fond. Et tous ont dit (car tous ont dû le dire) qu’après de longs débats on me remit les lettres du sieur Kornman à son ami Daudet, que j’ai transcrites dans mon premier mémoire ; que cette lecture enchaîna mon irrésolution, me fit accompagner la princesse chezM. LeNoir, et m’a fait faire depuis d’autres démarches à Versailles.

Quel intérêt avais-je alors de dire : Je ne la connais pas ? Si, voulant aujourd’hui nier la part que j’eus à sa liberté provisoire, je disais, pour m’en disculper, qu’on ne peut m’imputer d’avoir fait ces démarches, puisque je ne la connaissais pas, peut-être on pourrait suspecter la vérité de ma déclaration, comme mise en avant pour écarter l’idée de mon concours en cette affaire.

Mais quand je m’honore hautement des efforts que je fis pour obtenir que cette infortunée n’accouchât pas dans une maison de force; quand j’avance que je me rendis, malgré mes justes répugnances, chez M. Le Noir, avec la princesse,

chez tous les ministres, à Versailles ; que j’y sollicitai, avecM. le prince de Nassau, sa translation provisoire chez un médecin- accoucheur, ce que nous eûmes le bonheur d’obtenir; comment peuton me contester que je ne la connaissais pas , et faire un incident de cette circonstance oiseuse? N’est-elle pas aussi indifférente aujourd’hui qu’elle l’était en 1781 ?

Qu’on relise ma lettre écrite à M. Le Noir à cette époque, et rapportée dans mon premier mémoire, laquelle existe au dépôt même de la police, et a été remise avec les autres pièces à M. l’avocat général ; on y verra ces phrases, que nul intérêt, dans ce temps, ne pouvait m’engager d’écrire :

« Quant à moi, qui ne Vai jamais vue , qui ne la « connais que par le tableau très-touchant que « votre sensibilité vous en a fait faire en ma pré- « sence [à madame la princesse de Nassau), je ia « vois si cruellement abandonnée après une dé- « tentionde cinq mois, pendant que le mari court « à Spa, fait bombance et séduit tout ce qui l’ap- « proche, que je viens d’écrire à M. Turpin (avo- « cat, et son conseil ) que si les intérêts de son client « l’empêchent de me voir comme conciliateur, je « vais franchement offrir à cette jeune dame, et « mes conseils, et mes secours, mes moyens per- « sonnels, et ma bourse, et ma plume. »

L’homme qui s’expliquait avec cette franchise pouvait-il être suspect quand il disait: Je ne lacojinais pas ? surtout ma conduite ultérieure et mes services non interrompus ayant prouvé depuis que si je la servis sans la connaître, y eusse mis plus de zèle encore à mes démarches, si à l’intérêt du malheur j’avais pu joindre alors celui qu’inspire sa personne.

Tout inconnue qu’elle m’était, je déclare que j’ai contribué de toutes mes forces à l’arracher de sa prison; je m’en honore, et le ferais encore si le même cas arrivait.

Mais, pour y parvenir, ai-je corrompu ses geôliers ? l’ai-je enlevée de force, ou violé les clôtures? ai-je usé d’intrigue ou de ruse? Si on l’eût jetée dans une prison légale, c’est vous, ô magistrats, que j’aurais invoqués. Elle était enfermée par une lettre de cachet, et dans une prison royale: c’est vers Sa Majesté, c’est vers les ministres du roi que M. le prince de Nassau et moi avons dirigé nos démarches; mais ont-elles été clandestines? Lisez la réponse du ministre, adressée à ce prince ; elle existe en original, avec toutes les autres pièces, entre les mains de M. l’avocat général. Chacun de nous croyait alors remplir un devoir imposant.

M. Amelot à M. le prince de Nassau-Sieghen.

« Versailles, 20 décembre 1781.

« J’ai reçu, monsieur, avec la lettre que vous « m’avez fait l’honneur de m’écrire, le mémoire « concernant la dame Kornman. Je mettrai inces- « somment sous les yeux du roi les représentations

« de cette dame, et je vous prie d’être persuadé « que je ne proposerai à S. M. que le parti qui « paraîtra le plus conforme à la justice. J’ai l’hon- « neur d’être, etc.

« Signé Amelot. »

On voit par cette lettre que nous ne présentâmes au ministre que le mémoire de cette infortunée ; ce qui détruit jusqu’au soupçon que nous ayons, pour déguiser les faits , joint au sien nos propres mémoires. Cette remarque est d’un grand poids.

Que nous nous fussions abusés sur l’équité de nos demandes , toujours est-il prouvé que nous prenions la seule voie honorable pour obtenir ce que nous désirions, ou pour nous le voir refuser.

Toujours est-il prouvé que, pour persuader tes ministres, nous n’avons employé qu’un plaidoyer décent, respectueux, et propre à être mis sous les yeux du meilleur des rois, le mémoire, en un mot, de cette infortunée , puisque , sur ses moyens offerts, Sa Majesté a ordonné que la malheureuse victime de la cruauté d’un mari accoucherait ailleurs que dans une horrible prison; en sorte que le désespoir ne fît point périr une mère dans ce moment où tous les cœurs plaidentsi fortement sa cause; où, placée entre la vie et la mort, le plus léger chagrin peut tuer celle qui remplit le but sacré de la nature et de la société, en donnant la vie à un homme, et un citoyen à l’État ; une jeune femme surtout qui avait apporté quatre cent mille livres de dot à son mari; qui était belle, et sacrifiée par celui qui, devant la préserver, est trop justement suspecté d’avoir voulu s’en faire un moyende fortune, en la présentant comme attrait à un jeune homme qu’il dit ardent, auquel il savait du crédit ! Oh! si je ne démontre point, par mille preuves sans réplique, qu’il n’eut que ce honteux projet, je me dévoue au plus profond mépris; je me livre au regard dédaigneux que mérite un sot imbécile, séduit, trompé par la plus sotte des erreurs.

Vous me lirez, vous, hommes malveillants qui, sans autre objet que de nuire, vous êtes rendus les apôtres de tant d’odieuses calomnies; qui avez colporté de maison en maison leurs effrontés libelles, et les avez prônés, parce qu’ils m’outrageaient ; et les honnêtes gens me liront, et ils regretteront d’avoir cru trop légèrement cesrapports si calomnieux, dont vous intéressiez leur vaine curiosité ; car il y a loin du vrai public, dont nous recherchons tous l’estime, à cette classe méprisable qui veut en usurper le nom, composée d’hommes sans état, parasites piquant les tables, et payant partout leur écot en sottise ou en calomnie; falsifiant tout ce qu’ils racontent, etchangeant les faits les plus simples en histoires bien scandaleuses. Vous les voyez courant de dîner en dîner, versant partout la haine et le poison. Les gens aisés qui les reçoivent s’amusent un moment de

leur venimeux bavardage, sans songer que le lendemain ils seront exposés aux mêmes calomnies dans d’autres sociétés qu’il faut bien amuser aussi.

Mais quelle preuve offrent nos adversaires que je connusse cette dame avant l’époque où je la tirai de sa prison? Ils ont fait un si grand éclat de cette objection inutile, qu’il faut la discuter ici.

Qu’opposent-ils à tant de témoignages ? Rien, sinon qu un cocher, chassé de ma maison, a dit que, quelque temps avant les fêtes de l’hôtel de ville pour la naissance du Dauphin, j’avais fait mettre des chevaux àma voiture, dans la nuit ; que j’avais été prendre la dame Kornman chez elle , et l’avais conduite à la Nouvelle- France , où je l’avais laissée, chez le sieur Daudet, avec lui ; puis étais retourné chez moi.

Le malheur de ces captations de valets salariés et pratiqués si gauchement, c’est qu’on ne peut donner à cette espèce dégradée l’adresse qu’il faut pour mentir, comme on leur en donne l’audace en leur montrant quelques écus% Or il se trouve que la déposition de celui-ci, justement chassé de chez moi comme mauvais sujet, et gendre d un portier aussi chassé de ma maison pour cause d’inconduite, ne contient pas un mot qui ne soit une absurdité reconnue.

Quelque temps avant les fêtes de Vhôtel de ville pour la naissance de monseigneur le Dauphin, lui fait-on dire : voilà donc l’époque fixée ; mais les réjouissances de ï hôtel de ville ne se firent qu’à la fin de janvier 1782 (lorsque la reine 'fut relevée de couches). La dame Kornman, à cette époque, venait de passer d’une prison où elle avait gémi six mois, dans la maison d’un accoucheur où elle attendait le moment. De plus, le sieur Daudet (qui n’a jamais demeuré à la Nouvelle-France ) était parti pour la Hollande, où les affaires du prince de Nassau l’avaient appelé plus de deux mois avant la détention de cette dame; ce qui compose au moins neuf mois d’anachronisme, et démontre l’impossibilité de la course honorable que mes ennemis me font faire.

Voici ce qui leur a donné l’idée d’imprimer ce galimatias. A la fin de décembre 1781 , c’est-à-dire peu de temps avant les fêtes de Vhôtel de ville, ayant obtenu deM. Le Noir la permission d’accompagner le sieur Page, médecin-accoucheur, qui allait, avec l’ordre du roi, retirer la dame Kornman du château Charollais, où elle était enfermée depuis six mois (non pour la remettre en mes mains, comme on ne cesse de l’articuler bêtement , et comme chacun feint de le croire, mais pour qu’elle passât dans celles du seul homme qui lui fût essentiel, un accoucheur intelligent), je donnai l’ordre à ce cocher, qui était celui de ma femme, d’atteler des chevaux à sa berline.il me conduisit d’abord chez M. Le Noir ; delà, vers les onze heures du soir, il mena le sieur Page et moi dans la prison de Cha-

MEMOIRES

rollais, qui se trouve en effet au haut de la Nouvelle-France, où je restai le temps nécessaire pour remplir les formalités de sortie de la prisonnière; puis il nous ramena, après minuit sonné, près de l’Apport-Paris, où demeurait cet accoucheur, chez lequel je la déposai.

Voilà sur quel fondement ils ont bâti la déposition calomnieuse du cocher, et l’absurde supposition que j’eusse été prendre chez elle une dame emprisonnée depuis six mois, pour la conduire chez un homme absent de France, deux mois après sa détention. Notez que ce cocher, ainsi que les autres témoins que ces messieurs ont salariés, ont tous fixé, sans le vouloir, Eépoque juste de mes premières relations avec la dame Kornman.

Toutes les fois , disent-ils, qu'eVe venait dans la maison de notre maître , on lui apportait un enfant auquel elle donnait à téter. Le fait est véritable. Or elle était donc accouchée, puisqu’elle allaitait son enfant! Mais elle n’est accouchée que deux mois après être sortie de l’affreuse prison où elle en avait resté six : ce qui, avec le temps nécessaire à ses couches, reporte en mars 1782 l’époque où cette dame m’a fait l’honneur de venir chez moi. C’est depuis ce temps seulement que j’ai eu celui de la voir, et de lui offrir mes services dans les divers quartiers où elle a successivement logé.

Tous ces détails sont fastidieux, mais la calomnie les commande; et comme elle se traîne ici dans la fange, on est forcé de se baisser pour l’élever et l’exposer au jour, en la tirant avec dégoût par •ses longues et hideuses oreilles.

J’ai dit queM. Le Noir me permit d’accompagner le sieur Page, médecin accoucheur, aux secours duquel on confiait la malheureuse incarcérée, lorsqu’il fut la tirer de la maison de force, en plein hiver, en pleine nuit, le 29 décembre 1781; j’ai dit combien je fus touché de sa douleur, de sa reconnaissance ; j’ai dit comment tout se passa, comment je les remis de ma voiture à la porte de l’accoucheur, en la recommandant aux soins intéressés de cet homme chargé d’en répondre au gouvernement jusqu’à ce qu’elle fût rétablie. Je crus ma mission terminée ; et pendant six semaines qu’elle habita le plus incommode séjour, je ne l’y vis qu’une seule fois, fortement invité par elle dans un moment où on la croyait en danger. La déposition de cet homme et celle de l’infortunée sont dans les mains de M. l’avocat général. La calomnie est démontrée, et la preuve est faite au procès.

Cependant la dame Kornman était accouchée; elle plaidait contre son mari, et le mari contre sa femme, sur différents objets et dans différents tribunaux. La mainlevée provisoire de la lettre de cachet n’en détruisant pas l’existence, on pouvait arrêter de nouveau la dame Kornman sans qu’il fût besoin d’un autre ordre. Mais le mari, qui s’occupait à ébaucher des traités avec elle, et

qui les rompait brusquement, qui plaidait de nouveau, puis recommençait les traités quand la frayeur d’un jugement le pressait d’amadouer sa femme, avait tellement oublié l’ordre de détention et sa mainlevée seulement provisoire; cette lettre de cachet était même à tel point sortie de la mémoire de tout le monde, que depuis six années le mari, ni la femme, ni le gouvernement, ni moi, nous n’y avons non plus songé que si elle n’eût jamais existé. Cependant elle est dans toute sa force, et la dame Kornman n’est libre que par l’oubli total qu’on a faàt qu’elle ne l’est pas.

Or, par une logique digne du sage esprit de nos deux adversaires, c’est l’obtention en 1781 de cette mainlevée provisoire d’une lettre de cachet oubliée six années, qui sert aujourd’hui de prétexte à la vexation dégoûtante que ces ennemis nous suscitent. Je supplie le lecteur de peser de sang-froid cette circonstance majeure, trop oubliée dans les plaidoiries du Palais. Quel est donc leur projet? — Lecteur, ayez patience, et vous serez instruit de tout. Avant la fin de ce mémoire, vous le connaîtrez parfaitement.

seconde imputation calomnieuse

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