‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 763 sur 803 · Scène iro. — Je la voudrais tournée à peu prés de cette manière · texte numérisé non relu

Scène iro. — Je la voudrais tournée à peu prés de cette manière

LE COMTE

Mais, parbleu, si tu jases...

FIGARO

Moi, jaser?

LE COMTE

Si ton indiscrétion allait me perdre.

FIGARO

Je n’emploierai point pour vous rassurer .es... etc., va bien.

Même scène, page 14.

le COMTE, toujours rêvant .

Tant mieux.

FIGARO

Sans doute : moins l’argus a de jeunesse, plus celle de l’amant devient piquante.

le comte.

Ses moyens de plaire?

FIGARO

Nuis.

le comte.

Tant mieux encore.

FIGARO

Apparemment à cause qu’une place menacée de famine est toute prête à se rendre, etc., etc.

FIGARO

Une bamboche.

LE COMTE, rêvant.

Tant mieux!

FIGARO

Oui, il en sera meilleur à tromper, n’est-ce pas?

Son âge?

FIGARO

Soixante ans.

1. Ces observations, que nous reproduisons le plus exactement possible, d’après deux feuillets volants intercalés dans le tome 1er des manuscrits de Beaumarchais à la bibliothèque du Théâtre-Français, sont très-curieuses pour nous renseigner sur le premier état du Barbier de Séville, lorsqu’avant de devenir comédie il était encore, comme nous l’avons dit dans notre Vie de Beaumarchais, un opéracomique destiné à la Comédie-Italienne. C’est sans contredit, sur ce point, ce qu’on a de plus intéressant. On y apprend, entre autres choses, que le Barbier , comme tous les premiers essais comiques de Beaumarchais, tournait en quelques endroits à la parade, surtout vers latin ; et nous voyons, par les dernières ligues, que c’est encore la société d’Etioles, chez M. Le Normand, qui en avait eu la primeur. — De qui sont ces observations, qu’il est impossible d’attribuer à Beaumarchais lui-même, tant à cause des critiques qu’en raison aussi des éloges, un auteur ne se distribuant ainsi, in petto, ni les uns ni les autres, pour le seul plaisir de se dire à soi-même du bien et du mal de ce qu’il a fait ? Nous croyons qu’elles sont de Gudin, l’ami, le conseiller toujours fidèle, et toujours aussi le collaborateur plus ou moins secret de Beaumarchais, ce qui attira même à celui-ci une malice de Rivarol, qui, dans son Petit almanach de nos grands hommes, ne lui consacra pas une ligne, et se contenta de mettre à son nom : « Voyez Gudin de la Brenellerie ». — Ces observations, si elles sont de Gudin, expliqueraient comment il fut le seul qui put nous faire connaître, dans son édition de 1807, un couplet du Barbier de Séville, opéra-comique. Elles justifieraient aussi certaine note inédite de Collé sur un entretien qu’il eut avec Gudin, et dans lequel celui-ci ne lui cacha pas sa part de travail dans ce qu’écrivait Beaumarchais, qui lui avait même pour cela donné audessus de sa chambre un cabinet : « Lorsque l’heure de fermer la porte de Beaumarchais pour tout le monde est arrivée, dit-il, je descends mon travail chez lui, et nous y mettons ensemble la dernière main. Il en est de même, ajoute-t-il, pour toutes les pièces de théâtre; il en fait la minute, je les lis ensuite; j’écris mes observations, et nous achevons la pièce ensemble. » Cette note, que la découverte des observations données ici rend de plus en plus précieuse, n’a paru que dans un article du Journal de l’Institut historique, 1834, in-8, p. 75. Ed. F.

Acte Ier. — Tout bon, si on peut serrer le dialogue davantage, ou mettre plus de chant.

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