VIEILLE RONDE GAULOISE ET CIVIQUE
POUR LA RENTRÉE D’EUGÉNIE BEAUMARCHAIS DE SON COUVENT DANS LA MAISON ‘PATERNELLE L
Dédiée à sa mère, et brochée par Pierre-Augustin, son père, le premier poète de Paris en entrant par la porte Saint- Antoine.
Ce 1er mai 1791, grand jour de joie dans toutes les villes de France.
Sur l’air : Ho, ho, s’ fit-il, c’est la raison
Que je sois maître en ma maison.
1er COUPLET.
Hier Augustin-Pierre Parcourant son jardin, Regardant sa chaumière,
Disait d’un air chagrin :
Je le veux, car c’est la raison Que je sois maître en ma maison.
bis.
Quelle sotte manie, I Du bonheur me privant, j ls’ Retient mon Eugénie Dans son f...atal couvent?
Je veux l’avoir; c’est la raison Que je sois maître en ma maison.
Elle use sa jeunesse i , .
A chanter du latin ; ] ls' Tandis que la vieillesse Me pousse vers ma fin !
Tant que je vis, c’est la raison Que je l’embrasse en ma maison.
bis.
bis.
i. Gudiu a publié cette ronde dans son édition, mais incomplète. Nous la donnons ici d’après un des très-rares exemplaires qui en subsistent — car Beaumarchais l’avait fait imprimer pour ses amis — ■ avec tous ses couplets, et la musique, qui sans doute est aussi de lui.
Ed. F.
L’on danse à nos barrières Le fisc abat son mur :
Et ma fille en prières,
De son parloir obscur,
Crie à mon cœur : Est-ce raison Que tu me fermes ta maison ?
bis.
bis.
Sa mère, et vous ses tantes, Courez me la chercher.
Vous, nos braves servantes, Préparez son coucher.
Préparez-le, c’est la raison Qu’on m’obéisse en ma maison 6*
Blondin ! que l’on attelle ) Mes plus beaux chevaux gris, $ Pour rouler ma pucelle Rien n’est d’un trop haut prix.
Dépêche, car c’est la raison Qu’on m’obéisse en ma maison.
bis.
bis.
bis.
Roussel ! ouvrez la grille ; )
Je l’entends, je la voi. S Mes amis, c’est ma fille Qu’on ramène chez moi.
Pensez-vous pas que c’est raison ) Qu’elle entre en reine en ma maison? S 8°
bis.
bis.
bis.
Bonjour, fille à ta mère.
Dis : Adieu , Bon-Secours 1 Je viens chez mon bon père Être heureuse à toujours.
Papa le veut ; c’est la raison | Qu’il soit le maître en sa maison. ] 9o
Dans mon verger de Flore,
Vois mes berceaux couverts Chaque arbre s’y colore ;
Mes gazons sont plus verts.
C’est toujours la belle saison Quand tu parais dans ma maison.
Tous ces beaux , que Pou nomme, Te lorgnent-ils déjà ?
Dis-leur : Mon gentilhomme, N’êtes-vous que cela?
Des parchemins et du blason N’ouvriront point cette maison
bis.
bis.
bis.
Esprit en miniature , Gros col et soulier plat , Breloque à la ceinture ; Bien étriqué, bien fat !
bis.