‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 44 sur 172 · LE FILS DU PAPE · texte numérisé non relu

LE FILS DU PAPE

Aiii : l.ison donnai/, dans la prairie.

Ma mère, quittez la besace, Le pape avec vous a couché; Je cours lui rappeler en face Qu'il fut un moine débauché.

Quoique soldat, il va, j'espère.

Me créer cardinal-neveu.

Ah! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Saint-Père, au moins soyez bon [)ère;

Ah ! ventrebleu !

Ah! sacrebleu!

Ou je f... le saint-siége au feu.

Au sacré collège je frappe ; Vient un cou tors : Allons, cagot.

Par mon sabre! va dire au pape Que je suis le fils de Margot.

Dis que ^largot fut sa commère; Que moi d'être saint j'ai fait vœu.

Ah! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Saint-Père, au moins soyez bon père:

Ah ! ventrebleu !

1)K BKRANC KR.

Ah! sacrel)Iou!

Ou jo f. .. le saint-siéc;e au feu.

•l'entre en faisant trois révéï'enccs; Sa Sainteté baillait d'ennui.

Mon fils, veux-tu des induli»;cnoes?

Non, dis-je, on s'en passe aujourd'hui.

J'ai , si j'en crois IMargot ma mère , Vos goûts, votre nez, votre œil bleu.

Ah! ventrebleu!

Ah ! sacrel)leu !

Saint-Père, au moins soyez bon père;

Ah ! ventrel)leu !

Ah! sacrebleu!

Ou je f. .. le saint-siége au l'eu.

Quand mes trois sœurs, vos pauvivs filles,

Le soir, pour avoir un jupon,

Vendent le plaisir en guenilles,

\n diable votre àme en répond.

Le diable vous sert de compère ;

Ayez donc l'air d'y croire un peu.

Ah! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Saint-Père, au moins soyez bon père;

Ah! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Ou je f. .. le saint-siége au feu.

Il me repond : Dieu nous afflige; Nous sommes pauvres, mon cher fils.

104 CHA^SOi>JS

Mais (lu purgatoire, lui dis-je, Où passent donc tous les profits?

Donnez-moi les os de saint Pierre.

Oue je les vende à quelque Hébreu.

Ah! ventrebleu!

Ahl sacrebleu!

Saint-Père, au moins soyez bon père;

Ah! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Ou je f. .. le saint-siège au feu.

Mon fils, que le diable t'emporte!

Prends ces mille écus, et va-t'en.

C'est bien peu, dis-je; mais qu'importe! Dans huit jours j'en viens prendre autant. Tant de sots font encor sur terre Bouillir votre vieux pot-au-feu!

Ah! ventrebleu!

Ah ! sacrebleu !

Saint-Père, au moins soyez bon père;

Ah! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Ou je f. .. le saint-siège au feu.

Adieu. Margot fera ripaille; Mes sœurs seront morceaux de roi. Quoique j'abhorre la prôtraille, D'un chapeau rouge affublez-moi.

De me transmettre votre chaire, Bon homme, occupez-vous un peu.

DE BKRANGKH.

Ali ! ven(ivl)leu !

Ah! sacivbleu!

Saint-Père, au moins soyez Ixjn père;

Ali! ventrebleu!

Ah! sacrebleu!

Ou je f... le sainl-siéi<e au l'eu.

MON ENÏEUUEMENT.

Aiu : Quand on ne durt pas de la nuit (de Lishetii].

Ce matin, je ne sais comment,

Je vois d'Amours ma chambre pleine;

J'étais couché, sans mouvement.

Il est mort, disaient-ils gaîment;

De l'inhumer prenons la peine.

Lors je maudis entre mes draps

Ces dieux que j'aimais tant à suivre.

Amis, si j'en crois ces ingrats,

Plaignez-moi {bk); j'ai cessé de vivre, ibis.]

De mon vin ils prennent leur part; Ils caressent ma chambrière :

L'un veut guider le corbillard.

Et l'autre d'un ton nasillard Me psalmodie une |)rièie.

Le plus grave ordonne à l'instant Vingt galoubets pour mon escorte :

ÎMais ûéyd la voiture attend.

Plaignez-moi {bis), voilà qu'on m'empoile

Causant, riant, faisant des leurs, Les Amours suivent sur deux lignes :

Le drap, oii l'argent brille en pleurs, Porte un verre, un luth et des fleurs. De mes ordres joyeux insignes.

Maint passant, qui met chapeau ])as, Se dit : Triste ou gai, tout succombe! Les Amours font hâter le pas.

Plaignez-moi {bis), j'arrive à ma tombe.

Mon cortège, au lieu de prier.

Chante là mes vers les ])lus lestes.

Grâce au ciseau du marbrier.

Une couronne de laurier

Va d'orgueil enivrer mes restes.

Tout redit ma gloire en ce lieu.

Qui bientôt sera solitaire.

Amis, j'allais me croiie un dieu :

Plaignez-moi {bis), voilà qu'on m'enterre.

Mais d'aventure, en ce moment, Par là j)assait mon infidèle.

Lise m'arraclie au monument; Puis encor, je ne sais comment , Je me sens renaître auprès d'(>lle.

DK BkU A l^ G KR. 107

Do la vio et do ses douceurs Vous qu'à médire Tàge excite; Vous du monde éternels censeurs, Plaignez-moi (///.s); cai" je ressuscite, (his.)

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