‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 122 sur 138 · CRATÈS · texte numérisé non relu

CRATÈS

Cratès le cynique fut un des principaux disciples de Diog. La Diogène. Il était Théliain, d'une famille très - considérable, et qui possédait de grands biens. Il vendit tout son patrimoine, dont il tira plus de deux cents talents ', qu'il mit entre les mains d'un banquier, et le pria de les rendre à ses enfants, en cas qu'ils se trouvassent avoir peu d'esprit : mais , s'ils avaient assez d'élévation pour être philosophes, il lui permit de distribuer cet argent aux citoyens de Thèbes, parce que les philosophes n'avaient besoin de rien. Toujours de l'excès et du travers, jusque dans les actions louables par ellesmêmes.

Hipparchia, sœur de Métrocle l'orateur, charmée des manières libres de Cratès, voulut absolument l'épouser, malgré l'opposition de tous ses parents. Cratès, à qui ils s'étaient adressés, fît de son côté tout ce qu'il put pour la détourner de ce mariage. S'étant dépouillé devant elle pour lui faire voir sa bosse et son corps tout de travers, et ayant jeté par terre son manteau, sa besace et^ son bâton : Voila toutes mes richesses, dit-il, et mafeniine iien doit prétendre d'autres pour elle-même. Elle persista dans son dessein , épousa ce

' Deux cent mille écus. = 610,000 fr. — L.

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bossu, s'habilla en cynique, et devint encore phis effrontée que son mari.

L'effronterie était le caractère dominant de ces philosophes. Ils reprochaient aux autres leurs défauts sans garder aucun ménagement, ajoutant même à leurs reproches un air de mépris et d'insulte. C'est ce qui, selon quelques-uns , leur fit donner le nom de cyniques, parce qu'ils étaient mordants, et qu'ils aboyaient après tout le monde comme des chiens, et aussi parce qu'ils n'avaient honte de rien, et qu'ils tenaient qu'il était permis de tout faire en public sans pudeur et sans retenue.

As.M.:iG7r). Cratès florissait à Thèbes vers la 1 1 3*^ olympiade , et effaçait tous les autres cyniques de ce temps. C'est lui qui a été le maître de Zenon , chef de la secte des stoïciens si renommée.

ARTICLE VII

Des stoïciens.

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