‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 14 sur 138 · LUCILE · texte numérisé non relu

LUCILE

As. M. 3856, Euseb. in

LuciLE(6Vzmj- Lucilius\ chevalier romain, naquit

Chrou. >j Suessa, ville de la Campanie, la 1 58"' olympiade,

l'an de Rome 6o5 , dans le temps que Pacuve était

Lf '2 ra*^"" ^'^^^^ ^^ force. On dit qu'il porta les armes sous le se-

I « Teientii scripta sunt iu hoc génère elegantissinia. »

SCllLJVCES ET AilTS. 5c) *

cond Scipion l'Africain, à la guerre de Numance. Il n'avait alors que quinze ans, et c'est ce qui rend ce fait douteux.

Il eut beaucoup de part à l'amitié de ce fameux général, et à celle de Lélius. Ils l'-associaient aux amusements et aux jeux innocents auxquels ils ne dédaignaient pas de se rabaisser, et où ces grands hommes, dans des moments de loisir, cherchaient à se délasser de leurs importantes et sérieuses occupations. Simplicité admirable dans des personnes de ce rang et de cette gravité :

Qiiin, vibi se a vulgo et scenâ in sécréta l'emôrant Horat.lib. 2,

Virtus Scipiadae, et mitis sapientia Laelî; ft'^Hi'l

Nugari cumillo, et discincti hidere, donec Decoqueretur olus, soliti.

Lucile passe pour l'inventeur de la satire, parce que c'est lui qui lui a donné sa dernière forme, telle qu'Horace ensuite. Perse et Juvénal l'ont traitée. Ennius néanmoins lui avait déjà donné l'exemple, comme Horace lui-même le témoigne par ces vers où il compare Lucile avec Ennius :

FueritLucilius, inquam, Coniis et urbanus ; fuerit limatior idem, Quàm rudis et Grsecis intar ti carminis auctor.

Mais les satires d'Ennius % semblables à celles de Lucile et d'Horace pour le fond , en différaient seulement pour la forme, en ce qu'elles étaient mêlées de plusieurs sortes de vers.

' « Olim carmen , quod ex variis et Ennius. » (Diomed. grammat. poematibns constabat, SATiRA dice- «Satira, cibi genus , ex variis

batur, quale scripserunt Pacuvius, rebas conditum. >> (Festus.)

Go HISTOIUE ANCIENJVE.

C'est, comme je l'ai déjà dit, la nouvelle forme que Lucile donna à la satire, qui l'en a fait regarder par Horace et par Quintilien comme l'auteur et l'inventeur ^ ; et il avait mérité ce nom à juste titre.

Il y avait encore une autre espèce de satire ^ , née , aussi de l'ancienne; c'est celle que l'on appelle varroniemie, ou la satire mènippêe^ parce que Varron, le plus savant des Romains, en fut le premier auteur, et qu'il imita dans cet ouvrage les manières de Ménippe, Gadarénien, philosophe cynique. Cette satire n'était pas seulement mêlée de plusieurs sortes de vers ; Varron y avait entremêlé de la prose, et avait fait un mélange de grec et de latin. L'ouvrage de Pétrone, celui de Sénèque sur la mort de Claudius , et celui de Boèce , de la Consolation de la philosophie, sont autant de satires semblables à celles de Varron. Je reviens à mon sujet.

Lucile composa trente livres de satires où il censurait nommément et d'une manière très-piquante plusieurs personnes qualifiées, comme Horace nous l'apprend, ne respectant et ne ménageant que la vertu seule et les hommes vertueux.

Primores popyli arripuit, populumque tributim, Lib. 2,sat. I. Scilicet uni gequus virtuti, atque ejus amicis.

Sa plume faisait trembler les coupables, comme s'il les eût poursuivis l'épée à la main :

I Quid quum est Lucilius ausus ^ « Altei'im illud est et prius su-

Prinius in hune opeiis coinpoiieic caimiiia ^j,.^ genus , quod non solà cain^iuum

morein. f y|, ^ sat i ) vaiietate conilidit ïeieutius VaiTO,

« Salira quidem tota nostra est , vir Roinanoruni eruditissimus. .. (Id.

in qua primas insîgneni laudem adep- Jnjd.)

tus est Lucilius » (Quint, lib. lo ,

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