CATULLE
A-N.M.3.)i(3. Catulle {Caius ou Quinliis Falerius Caiidlus) naquit à Vérone l'an de Rome ŒÇ>. La délicatesse de ses vers lui acquit l'amitié et l'estime des savants et des
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])eaiix esprits, qui étaient pour-Iors à Rome en t^rand nombre.
Il écrivit contre César deux épigrammes satiriques, dans l'une desquelles il le traite avec une hauteur et un air méprisant que Quintilien a raison de traiter d'extravagance ^ .
Nil nimiùm, Caesar , stiuleo tibi vcllc placerez Nec scire utriun sis atcr an albiis homo.
Ces vers , quelque injurieux qu'ils fussent, ne servirent qu'à faire éclater la modération de la personne offensée. César ne dissimula pas son mécontentement, mais il se contenta d'obliger le poète à lui faire satisfliction , et il l'invita à souper pour le soir même.
Une simplicité élégante , des grâces naturelles , font le caractère de Catulle. Heureux, s'il n'avait point déshonoré souvent cette aimable naïveté par une impudence cynique !
LABERIUS (Decimus).
Labérius , chevalier romain, réussit admirablement ^^^ j^j jy^^. à faire des mimes, qui étaient de petites pièces comiques. A Rome , un homme de naissance qui composait des poésies pour le théâtre ne se dégradait point; mais il ne pouvait les représenter lui-même sans se déshonorer. Malgré cette opinion établie de lon-gucmain, Jules César pressa vivement Labérius de monter sur le théâtre pour y jouer une de ses pièces, et lui donna pour cet effet une somme considérable. Le poète s'en
' « Negat se magni facere aliquis albus homo sic : Insania. " ( Quint. poetaruni , lUnun Cccsar citer an lil'. 1 1 , cap. i.)
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défendit long-temps, mais enfin il fallut céder. Les prières d'un prince % en de pareilles occasions, sont des ordres. Dans le prologue de cette pièce, Labérius exhale sa douleur d'une manière fort respectueuse pour César , et en même temps fort touchante. C'est un des plus beaux morceaux de l'antiquité. Je l'ai inséré tout entier , avec la traduction , dans le premier tome du Traité des études. Macrobe nous l'a conservé avec quelques autres fragments de la même pièce.
Il nous apprend aussi que ce chevalier romain, outré de dépit d'avoir vu ainsi sa vieillesse déshonorée , pour s'en venger en la manière seule dont il le pouvait , fit malignement couler dans la pièce dont nous venons de parler quelques traits piquants contre César. Un valet maltraité par son maître s'écriait : Romains, h mon secours! nous perdons la liberté.
Porro, Quirites! libertatem perdimus.
Et peu après il ajoutait : Il faut nécessairement que celui qui se fait craindre de beaucoup de personnes en craigne aussi lui-même beaucoup.
Necesse est multos timeat, quem multi timent.
Tout le peuple, à ces traits, reconnut César, et jeta les yeux sur lui. Quand la pièce fut finie. César, comme pour le réhabiliter dans la dignité de chevalier romain, à laquelle il avait dérogé par complaisance pour lui , le gratifia d'un anneau , qu'on pouvait regarder comme de nouvelles lettres de noblesse. Labérius alla ensuite
' « Potestas , non solùm si invitet, « Quod est potentissimum impe-
sed et , si supplicet , cogit. » ( Ma- randi genus , rogabat qui jubere po-
CROB. ) terat. « (AusoN.)
SCIENCES ET AllTS. ^ I
pour prendre sa place parmi les chevaliers , qui se serrèrent de telle sorte , qu'il n'en trouva point.