‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 29 sur 138 · JUVÉNAL · texte numérisé non relu

JUVÉNAL

J'anticipe le temps de Juvénal pour joindre ensemble ces deux poètes satiriques.

Juvénal {Deciinus ou Deciiis Juniiis Juuenalis) était d'Aquin , au royaume de Naples. Il vivait à Rome sur la iin du règne de Domitien, et même sous Nerva et sous Trajan. Il s'est rendu très-célèbre par ses satires. Nous en avons seize de lui. Il avait passé une grande partie de sa vie dans les exercices scolastiques, où il avait acquis la réputation de déclamateur véhément.

Dcsnriaux. Juvéïial, élevé dans les cris de l'école,

Poussa jusqu'à l'excès sa moidante hyperbole.

Jules Scaliger, qui est toujours singulier dans ses sentiments, préfère la force de Juvénal à la simplicité d'Horace. Mais tous les gens de bon goût jugent que le génie déclamateur et mordant de Juvénal est beaucoiq) au-dessous de celte naïveté fine , délicate et naturelle d'Horace.

Il avait osé attaquer dans sa septième satire le co- '''^- médien Paris, <lont le pouvoir était énorme à la cour, et qui donnait généralement toutes ' les charges et de la robe et de l'épée.

Vetiis Juv.

SCIENCES ET AKTS. lOj

nie et mililiae mullis largitur honoiom, Semestri vatum digitos ciroumligat auro.

Quod non dant pi'ocercs , dabit histrio.

Le fier comédien ne souffrit pas patiemment une entreprise si criminelle. Il fit bannir Juvénal en Egypte, en l'envoyant commander un régiment campé à l'extrémité de ce pays. Il revint à Rome après la mort de Domitien, et y demeura, comme on le juge par quelques-unes de ses satires, jusqu'au règne d'Adrien.

On croit que Quintilien, qui s'était fait une régie de ne nommer aucun des auteurs vivants, marque Juvénal, lorsqu'il dit qu'il y avait de son temps des poètes satiriques dignes d'estime, et qui seraient un jour fort célèbres. Sii/U clan hodieque^ et qui oliiii ouiuiii.i. i.., tioniinabiuitur. « -4' '

Il serait à souhaiter qu'en reprenant les mœurs des autres avec tant de sévérité, il ne nous eût pas fait voir qu'il était lui-même sans pudeur, et qu'il n'eût pas combattu les crimes d'une manière qui enseigne plus à les commettre qu'elle n'en inspire de l'horreur.

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