LUC AIN
Lucain i^M. Annœiis Liicaiius^ était neveu de Sénèque. Son ouvrage le plus célèbre est sa Pharsale, oîi il décrit la guerre de César et de Pompée. Il est riche en belles pensées et a une grande vivacité de style; mais Quintilien croit qu'il doit être rangé plutôt parmi les orateurs que parmi les poètes :Lucanus ardeiis ^ lil. io.c. i. et concilatus ^ et se nient Us clarissùnus; e/, ut dicam quod sentio^ niagis ovatoribus quain poetis annumerandus. Egaler Lucain à Virgile comme quelques-uns
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l'ont voulu faire, ce n'est pas relever Lucain, mais faire voir qu'on a peu de discernement. Ce (ju'on peut dire, c'est que, si l'âge eût pu mûrir l'esprit de Lucain, qui n'avait peut-être pas vingt-six ans quand il mourut, et joindre à son feu et à son élévation le jugement de Virgile, on aurait pu voir en lui un poète achevé. On a perdu plusieurs de ses poésies.
La vie de Lucain, qu'on attribue à Suétone, l'accuse d'avoir eu une langue légère et intempérante, et d'avoir surtout parlé de Néron , qui l'aimait , d'une manière capable d'irriter même un prince doux et modéré.
Il entra'' des premiers dans la conspiration dePison % piqué de ce que Néron, par une basse jalousie, s'opposait à la réputation de ses vers, et l'empêchait de les publier. Le prince ordonna qu'on fît mourir Lucain , et on lui coupa les veines. Comme il sentait la chaleur abandonner les extrémités de son corps , se souvenant qu'il avait autrefois dépeint un soldat qui mourait de la sorte, il prononça les vers qui exprimaient sa mort, et ce furent là ses dernières paroles : frivole consolation pour un mourant, mais digne d'un poète! Il mourut l'année 65 de l'ère chrétienne, et la douzième de Néron.