‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 32 sur 138 · SILIUS ITALICUS · texte numérisé non relu

SILIUS ITALICUS

C, Silius Italiens s'est rendu célèbre par son poëme de la seconde guerre punique.

Il n'était pas né poète ^ , et l'étude ne suppléa pas entièrement à ce ({ui lui manquait du coté de la nature. D'ailleurs il ne s'appliqua à faire des vers qu'après avoir Martial, i. 7. long-temps exercé dans le barreau la fonction d'avocat, *'i"f'^"'"' et avoir été consul, c'est-à-dire dans un âge déjà fort avancé et languissant.

Quelque éloge que lui donne Martial ^ , il n'est pas fort estimé en qualité de poète; mais on trouve qu'il surpasse tous ceux de son temps pour la pureté de la langue. Il suit avec assez d'exactitude la vérité de l'iiistoire, et l'on peut tirer de son poëme des lumières pour les temps mêmes qui ne sont pas de son principal dessein, y ayant des faits qui, ne se trouvent point ailleurs.

Ce qu'il y dit de Domitien fait assez voir qu'il le composait sous ce prince, après la guerre des Sarmates, sous laquelle il peut comprendre celle des Daces.

On croit jque sa mort arriva sous Trajan, l'an 100. piiu. lib. 3 =

epist. 7.

I « Scribebat carmina majore cura cjuàin ingenio. " ( Plin. lib. 3, ep. 7. ) ^ Perpetui nuuquàm inoritura volumiua Silî Qui legis, et latiâ carmina digna togâ.

(Lib. 7, epigr. 63. )

112 IlISTOir.E ANCIENNE.

Il se laissa mourir de faiin, ne pouvant plus souffrir la douleur d'un clou que les médecins ne pouvaient guérir. Pline remarque que Silius, s'étant retiré dans la Campanie à cause de sa vieillesse , ne quitta point sa retraite pour venir h. Rome féliciter Trajan sur son avènement à l'empire. On estima Trajan de n'avoir point été offensé de cette liberté ^ , et lui d'avoir osé la prendre.

Si notre poète n'a pu arriver à une parfaite imitation de Virgile, du moins son respect pour lui ne pouvait pas aller plus loin. Il était devenu maître du lieu OLi était le tombeau de Virgile. C'était pour lui un lieu sacré ^, et qu'il respectait comme un temple. Il célébrait tous les ans le jour natal de Virgile avec plus de joie et de solennité que le sien propre. Il ne put souffrir qu'un moninnent si respectable demeurât négligé entre les mains d'un pauvre paysan, et il en fît l'acquisition.

Maitial.l.ii J^ii^ propc dcsertos cincrcs, et sancta Maronis

opigrani. 5o. Nomina qui coleret, paiipcr et tinus erat.

Silius optatae succurrerc censuit umbrse : Silius et vatem , non minor ipse , colit.

L'ouvrage de Silius était demeuré enseveli depuis plusieurs siècles dans la poussière de la bibliothèque de Saint-Gall. Pogge l'y trouva pendant le concile de Constance, avec plusieurs autres manuscrits, comme je l'ai déjà marqué ailleurs.

1 « Magna Cœsaris laiis, sub quo liglosiùs quàm simm celebrabat; hoc liberiim fuit : magna illius, qui Neapoli maxime, ubi monumentum hàc libertate ausus uti. » (Pr.iN. ib.) ejus adiré ut tenipluin solebat, »

2 « Cujus ( Virgilii) natalem rc- ( Ibid. )

SCIENCKS ET ARTS. fl

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