‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 37 sur 138 · PRUDENCE · texte numérisé non relu

PRUDENCE

Prudence i^Aurelius Prudeniius Cleme?îs\ poète chrétien, officier à la cour de l'empereur Honorius, naquit en Espagne à Saragosse, l'an 348, et mourut vers l'an 4 12.

Il ne commença ses poésies sur la religion qu'à l'âge de cinquante-sept ans. Il avait été avocat, puis juge, ensuite homme de guerre : enfin il fut attaché à la cour par un emploi honorable. C'est lui-même qui nous apprend ces circonstances dans le prologue de ses ouvrages.

Per quinquennia jam decem , Ni fallor , fuimus : septimus irisuper Annum cardo rotat , dùm fruimur sole voliibili.

Après avoir parlé de sa jeunesse, il expose ses difTérents emplois.

Exin jurj^ia tiirbidos Armârunt animos, et malè pertinax Vincendi studium subjacuit casibus aspcris. Bis legum moderamine Frenos nobilium leximus urbium :

Jus civile bonis reddidimus , terruimus reos. Tandem militiae gradu Evectum pietas principis extulit, Adsumptnm propriîis starejubens ordine proximo.

Les poésies qu'on a de Prudence sont plus remplies de zèle de religion que des ornements de l'art. On y trouve beaucoup de fautes de quantité. D'ailleurs l'orthodoxie n'y est pas toujours gardée. Il faut pourtant avouer qu'on trouve en plusieurs endroits de ses ouvrages beaucoup de goût et de délicatesse. Je n'en veux pour preuves que ses hymnes sur les innocents : j'en rapporterai quelques strophes.

Salvete , flores martyrum, Quos hicis ipso in limine, Christi insecutor sustulit , Ceu turbo nascentes rosas Vos prima Christi victiiiia, Grex immolatorum tener , Aram sub ipsam simplices

. Palmâ et coronis luditis

Audit tyrannixs anxius ^Adesse regum principem , Qui nomen Israël regat, Teneatque David regiam.

Exclamât amens nuntio :

Successor instat, pellimur.

J22 HISTOIRE ANCIE^WL.

Satelles, i, firrum râpe, Pcrfimdc ciuias sanguine.

Transfigit ergo carnifex Mucronc districto furens Effusa nuper corpora, Animasque rimatux' novas.

Le siècle d'Auguste n'a rien de plus vif ni de plus délicat que ces strophes.

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