HÉRODOTE
Ax.M.359,0. Hérodote était d'Halicarnasse , ville de Carie. Il
Av. J.C.484. • 1, / A K . ' • -1
Suidas. naquit 1 année même que mourut Artemise , reine de Carie, et quatre ans avant la descente de Xerxès dans la Grèce. Voyant sa patrie opprimée sous la tyrannie de Lygdamis , petit-fils d' Artemise , il la quitta pour se retirer dans l'île de Samos , où il apprit à fond le dialecte ionique.
C'est dans ce dialecte qu'il a composé son histoire renfermée en neuf livres. Il la commence à Cyrus, selon lui premier roi des Perses , et la conduit jusqu'il la bataille de Mycale , qui se donna la huitième année de Xerxès; ce qui comprend l'espace de six- vingts ans, sous quatre rois de Perse , Cyrus , Cambyse , Darius , Xerxès, depuis l'année du monde 34o5 jusqu'à 3524- Outre l'histoire des Grecs et des Perses, qui est son principal objet, il en traite plusieurs autres par digression , comme celle des Egyptiens , qui occupe le second Lib. I , livre. Il cite dans l'ouvrage que nous avons ses histoires «ail. I 4 jgg Assyriens et des Arabes , qu'il avait écrites ; mais il ne nous en reste rien , et l'on doute même s'il les avait achevées, parce qu'aucun auteur n'en fait mention. On ne croit pas que la vie d'Homère, attribuée à Hérodote, soit de lui.
^ -jj Hérodote , pour se faire connaître en même temps à
toute la Grèce, choisit le temps qu'elle était assemblée aux jeux olympiques , et il y fit lecture de son Histoire, qui fut reçue avec des applaudissements ex-.
Suidas.
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Iraorclinaires. On croyait entendre parler les Muses, tant le style clans lequel elle est écrite parut doux et coulant ; et c'est ce qui flt qu'on donna pour-lors aii.v neuf livres qui la composent les noms des neuf Muses.
Il paraît qu'il accorda une lecture particulière de son ouvrage à la ville d'Athènes, qui méritait bien cette distinction : ce fut à la célèbre fête des Panathénées. 11 est facile déjuger combien une histoire composée avec , tant d'art et d'éloquence dut plaire à des oreilles aussi fines et aussi délicates que celles des Athéniens , et à des esprits aussi curieux et d'un aussi bon goût.
On peut croire que ce fut dans cette assemblée plu- Manciiin. tôt qu'à celle des jeux olympiques que Thucydide, en- '^"^'.nj '"" core tout jeune, et âgé peut-être de quinze ans, fut tellement frappé de la beauté de cette histoire , qu'il entra dans une espèce de transport et d'enthousiasme, et versa des larmes de joie avec abondance. Hérodote s'en aperçut, et en fît ses compliments au père du jeune homme, nommé Olore, et l'exhorta fortement à prendre un soin particulier de ce fils., qui montrait déjà un goût si marqué pour les belles-lettres, et qui pourrait un jour faire honneur à la Grèce. Les grands hommes ne peuvent être trop attentifs à encourager, par quelques louanges, des jeunes gens en qui ils aperçoivent des talents et de la bonne volonté. C'est peutêtre à ce petit mot d'Hérodote que nous devons l'admirable histoire de Thucydide.
J'ai supposé que Thucydide pouvait avoir quinze ans lorsqu'il assista à la lecture qu'Hérodote fit de son Histoire à Athènes. Suidas dit qu'il était encore enfant, ou plutôt encore jeune : exi -Kctiq. Or , comme il n'était né que treize ans après Hérodote, Hérodote lui-même
j36 histoire ancienne.
n'en avait donc alors que vingt - huit , ce qui ajoute beaucoup au mérite de cet auteur , d'avoir à cet âge composé un ouvrage si estimable ^
Hérodote, comblé de gloire, songea à retourner dans sa patrie : c'est où le cœur nous rappelle toujours. Quand il y fut arrivé, il exhorta ses compatriotes à chasser le tyran qui les opprimait , et à se remettre en possession de la liberté , plus chère aux Grecs que la vie même. Ses exhortations eurent tout le succès qu'il en pouvait attendre , mais ne furent payées à son égard que d'ingratitude , par l'envie qu'une si glorieuse et si heureuse entreprise lui attira. Obligé de quitter une patrie ingrate, il crut devoir profiter d'une conjoncture fa^rable qui se présenta fort à propos. C'était une colonie que les Athéniens envoyaient à Thurium, dans la partie de l'Italie appelée la grande Grèce , pour repeupler et rétablir cette ville. Il se joignit à la colonie, alla s'établir avec elle à Thurium , et il y finit ses jours. Thurium était l'ancienne Sybaris; ou du moins cette ville fut bâtie dans le voisinage de Sybaris, et on y ramassa les restes de cette ancienne ville, ruinée par les Grotoniates.
Je diffère à parler de ce qui regarde le jugement qu'on doit porter d'Hérodote après que j'aurai traité l'article de Thucydide , afin de pouvoir les comparer ensemble.
' M.Larcher place cette anecdote jeux olympiques, en 456 avantJ.C; sur Thucydide , lors de la lecture mais toutes ces dates exigeraient une qu'Hérodote fit de son ouvrage aux discussion nouvelle. — L.
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