‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 52 sur 138 · XÉNOPHON · texte numérisé non relu

XÉNOPHON

J'ai exposé ailleurs assez au long tout ce qui regarde les actions et les ouvrages de Xénopbon. Je n'en dirai ici qu'un mot , pour en rappeler le souvenir et les dates dans l'esprit du lecteur.

Xénopbon , fils de Gryllus , naquit à Atbènes la troi- an.m.3554. sième année de la 82*^ olympiade. Il était plus jeune que Thucydide d'un peu plus de vingt ans. 11 fut grand philosophe , grand historien , grand général.

Il s'engagea dans les troupes du jeune Cyrus , qui ^^•J^j;^^^^^marchait contre son frère Artaxerxe Mnémon , roi de Perse , pour le détrôner. C'est ce qui fut la cause de son exil, parce que les Athéniens étaient alors amis d'Artaxerxe. La retraite des dix mille, sous la conduite de Xénopbon , est connue de tout le monde, et a rendu son nom célèbre à jamais.

Depuis son retour , il fut toujours employé dans les troupes lacédémoniennes , d'abord dans la Thrace, puis dans l'Asie, jusqu'au rappel d'Agésilas, qu'il accompagna jusqu'en Béotie. Alors il se retira à Scyllonte, où les Lacédémoiiiens lui avaient donné en propre une terre , située assez près de la ville d'Elide.

Sa retraite ne fut pas oisive. Il profita du repos qu'elle lui laissait piour com.poser ses histoires. Il commença par la Cjropèdie , qui est l'histoire du grand Cyrus renfermée en huit livres. Elle fut suivie de celle du jeune Cyrus , qui est la fameuse expédition des dix

Orat. V. (J2.

Lib. lo, c. I

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mille, en sept livres; puis il écrivit l'histoire grecque, en sept livres aussi , qu'il commença où Thucydide avait fini la sienne. Elle contient l'espace à peu près de quarante - huit ans , depuis le retour d'Alcibiade dans l'Attique jusqu'à la bataille dé Mantinée. Il a fait aussi plusieurs traités particuliers sur des sujets historiques ^ t-

Son style, sous un air de simplicité et de douceur naturelle , cache des grâces inimitables , que les personnes d'un goût peu délicat sentent et admirent moins , mais qui n'ont pas échappé à Cicéron , et qui lui ont fait dire « que les Muses paraissaient avoir parlé par la « bouche de Xénophon. » Xenophoniis voce Musas quasi loculasjeî^unl.

Quintilien , dans l'éloge qu'il nous en a laissé , ne fliit presque qu'étendre cette pensée. Quid ego commemorem Xejioplionlis jucanditatem ûlam inajfectatam , sed quam nulla possit affeciatio coiisequi? ut ipsœ Jînxisse serinonein Gra.tiœ videantur : et ^ quod de Pericle veteris comœdiœ testimonium est, in hune iT^ans/erri justissime possit , in labris ejus sedisse quamdam persuadendi deam. « Quelles louanges ne « mérite point cette douceur charmante de Xénophon , « si simple , si éloignée de toute affectation , mais que « nulle affectation ne saura jamais atteindre ! Vous (( diriez que les Grâces elles-mêmes ont composé son « langage; et l'on pourrait lui appliquer justement ce « que l'ancienne comédie disait de Périclès , que la « déesse de la persuasion résidait sur ses lèvres. »

' Les dits mémorables de So- d'Athènes ; un traité des revenus de crate; k> j^ouveinemciit de Sparte et l'Attique. — L.

SClENCliS ET AllTS. I i) I

CTESIAS.

Ctésias, de Cnide, était contemporain de Xénophon. Il fut fait prisonnier après la bataille que le jeune Cyrus livra contre son frère Artaxerxe. Ayant guéri le roi de la blessure qu'il y avait reçue , il exerça la médecine dans la cour de Perse avec beaucoup de réputation, et demeura auprès du prince pendant dixsept ans.

Il écrivit l'iiistoire des Assyriens et des Perses en photius. \ingt-trois livres. Un des fragments que Photms nous a conservés ( car il ne nous reste de Ctésias que des fragments ), nous apprend que dans les six premiers livres il traitait de l'iiistoire d'Assyrie, et de tout ce qui y était arrivé avant l'empire des Perses; et que depuis le septième jusqu'au treizième inclusivement, il rapportait tout ce qui regarde les règnes de Cyrus, de Cambyse, du Mage, de Darius et de Xerxès. Il avait ^j^jj. j ,; conduit l'histoire des Perses jusqu'à la troisième année i'"^'^' • de la 95*^ olympiade,' où Denys l'ancien, tyran de Syracuse, faisait de grands préparatifs de guerre contre les Carthaginois.

Il contredit presqu'en tout Hérodote, et s'attache phoiius. particulièrement à le décrier. Mais le décri est tombé sur lui-même, et il est regardé par tous les savants comme un écrivain rempli de mensonge, et indigne d'être cru, ainsi que l'appelle Aristote ^ Il s'est aussi écarté fort Souvent des récits de Xénophon. On s'étonne que Diodore de Sicile, Trogus Pompeius, et

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quelques autres, aient suivi Ctésias préférablement à Hérodote et même à Xénophon. Ce qui les a trompés , sans doute, est l'assurance avec laquelle il affirme qu'il n'avance rien , dans ses écrits, dont il n'ait été témoin oculaire, ou qu'il n'ait appris des Perses mêmes, et puisé dans leurs archives,

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