DIODORE DE SICILE
Diodore éfait d'Agyrium , ville de Sicile, ce qui l'a fait appeler Diodore de Sicile, pour le distinguer de plusieurs autres écrivains de ce nom. Il a vécu sous Jules César et sous Auguste.
Son ouvrage a pour titre. Bibliothèque historique. Il •
l6o niSTOtRE ANCIENNE.
comprentl en effet l'histoire de presque tous les peuples de la terre, qu'il faisait passer comme en revue devant son lecteur : Egyptiens , Assyriens , Mèdes , Perses , Grecs , Romains , Carthaginois , et d'autres encore. 11 comprenait quarante livres , dont il nous trace luimême l'idée et la suite dans sa préface. Les six premiers , dit-il , contiennent ce qui s'est passé avant la guerre de Troie , c'est-à-dire tous les temps fabuleux : dans les trois premiers sont les antiquités barbares, dans les trois autres les antiquités grecques. Les onze suivants comprennent l'histoire de tous les peuples , depuis la guerre de Troie jusqu'à la mort d'Alexandrele-Grand inclusivement. Dans les vingt -trois autres, cette histoire générale est continuée jusqu'au commen- ' cernent de la guerre contre les Gaulois, où Jules César, après avoir subjugué plusieurs nations gauloises trèsbelliqueuses, porta les limites de l'empire romain jusqu'aux îles britanniques.
De ces quarante livres il ne nous en reste que quinze, avec quelques fragments qui nous ont été conservés principalement par Photius et par les extraits de Constantin Porphyrogénète. On a les cinq premiers de suite.
Dans le premier, Diodore traite de l'origine du monde , et de ce qui regarde l'Egypte ;
Dans le second, des premiers rois d'Asie depuis Ninus jusqu'à Sardanapale , des Mèdes , des Indiens , des Scythes , des Arabes ;
Dans le troisième , des Éthiopiens et des Libyens ;
Dans le quatrième, de l'histoire fabuleuse des Grecs;
Dans le cinquième, de l'histoire fabuleuse de la Sicile , et des autres îles.
Les livres six , sept , huit , neuf et dix , sont perdus.
SCIEIVCES ET ARTS. J () I
Les sept qui suivent, "depuis le onzième jusqu'au dix-septième inclusivement, renferment l'histoire de quatre-vingt-dix ans, depuis l'expédition de Xerxès dans la Grèce juscju'à la mort d'Alexandre-le-Grand.
Les trois suivants, savoir lès dix-huit, dix- neuf et vingt, traitent des différends et des guerres entre les successeurs d'Alexandre jusqu'aux dispositions pour la ha.taille d'Ipsus. Et là finit ce qui nous reste de l'histoire de Diodore de Sicile , dans l'endroit le plus intéressant, et dans le moment même où va se donner un comhat qui décidera du sort des successeurs d'Alexandre.
Dans ces dix derniers livres , qui renferment proprement l'histoire suivie des Perses , des Grecs et des Macédoniens, Diodore y joint aussi l'histoire des autres peuples , et en particulier celle des Romains , selon que les événements concourent avec son principal ohjet.
Diodore nous marque lui-même dans sa préface qu'il employa trente années à la composition de son histoire. Le long séjour qu'il fit à Rome lui fut pour cela d'un , grand secours. Il parcourut aussi , non sans courir beaucoup de risques , plusieurs provinces de l'Europe et de l'Asie, pour s'assurer par lui-même de la situation des villes et des autres lieux dont il devait parler, ce qui n'est pas indifférent pour la perfection de l'histoire.
Son stvle n'est point élégant ni orné, mais simple, clair, intelligible, et cette simplicité n'a rien de bas ni de rampant.
Il n'appçouve pas qu'on interrompe le fil de l'histoire d^qj j. 20, par de fréquentes et de longues harangues : il n'en re- ^' "^ ' jette pourtant pas entièrement l'usage, et croit qu'on les peut employer fort h propos quand l'importance de la matière semble le demander. Après la défaite de