‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 57 sur 138 · PHILON. APION · texte numérisé non relu

PHILON. APION

Philon était un Juif d'Alexandrie, de la race sacerdotale, et des plus illustres familles de toute la ville. Il avait étudié avec un grand soin les livres sacrés qui faisaient la science des Juifs. Il se rendit aussi très; célèbre dans les lettres humaines, et dans la philosophie, surtout dans celle de Platon. Il fut député par les Juifs d'Alexandrie vers l'empereur Caïus Caligula pour maintenir le droit de bourgeoisie qu'ils prétendaient avoir dans cette ville.

Outre beaucoup d'autres ouvrages, il écrivit en cinq livres, selon Eusèbe, les maux que les Juifs souffrirent lap- •>• sous Caïus. Nous n'en avons conservé que les deux pre-

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Kusci). 1. 2, iiiiers, dont Tun a pour titre, Légation à Caïus. Les trois autres ont été perdus. On dit- que, Philon ayant lu sous Claude, en plein sénat, les écrits qu'il avait faits contre l'impiété de Caïus, ils y furent si estimés, qu'on les fit mettre dans la bibliothèque publique.

Apion, ou Appion, était Egyptien, né à Oasis, à l'extrémité dej^Egypte. Mais, ayant obtenu le droit de bourgeoisie à Alexandrie, il se fit passer pour Alexandrin. 11 était grammairien de profession, comme on appelait alors ceux qui étaient habiles dans les lettres humaines et dans la science de l'antiquité. Il fut mis à la tête des députés que ceux d'Alexandrie envoyèrent à Rome vers Caïus contre les Juifs de la même ville. Suidas. Il avait été élevé par Didyme , célèbre grammairien

Aul. Gell. . ,, . , , 11-'

11b. 5,c. i4. d Alexandrie. C était un homme de grande littérature, et qui possédait parfaitement Tliistoire grecque , mais fort plein de lui-même , et entêté de son mérite.

Ce qu'on cite de lui , c'est son Histoire d'Egypte, où il renfermait presque tout ce qu'il y avait de plus mémorable dans ce pays si fameux. Il y parlait fort mal contre les Juifs, et encore plus dans un autre ouvrage, où il avait ramassé contre eux toutes sortes de calomnies.

id. ibid. L'histoire d'un esclave nommé Androcle, qui fut

nourri trois ans par un lion qu'il avait guéri d'une plaie, et reconnu ensuite par le même lion a la vue de toute la ville de Rome, lorsqu'il était exposé aux bêtes, doit être arrivée vers le temps dont nous parlons, puisque Apion, de qui Aulu-Gelle la cite, assurait l'avoir vue de ses yeux. L'esclave en eut la vie et la liberté pour récompense, avec le lion même. Cette

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histoire est décrite fort au long dans Auki- Celle, et mente ci être lue.

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