Tome XI. Hist. anc
1l6 HlSTOlllK ANCIENNE.
« tant en paix qu'en guerre, Panétius et Polybe, deux « illustres savants. Personne ne savait mieux que lui a entremêler le repos et l'action, ni mettre à profit « avec plus de délicatesse et de goût les vides que lui « laissaient les affaires. Partagé entre les armes et les « livres , entre les travaux militaires du camp et les « occupations paisibles du cabinet, ou il exerçait son « corps par les fatigues de la guerre, ou il cultivait son « esprit par l'étude des sciences. »
Caton d'U tique.
Lib, 2,c.35. "J^- Cato, genitus proavo M. Catone, principe illo fajiiiliai Porciœ : honio virtuti simillimus, et per omnia ingénie diis quàm hominibus propior : qui nunquàm rectè fecit, ut facere videretur, sed quia aliter facere non poterat; cuique id soluni visum est rationem habere, quod haberet justitiani , omnibus hunianis vitiis immunis, semper fortunam in sua potestate habuit. »
« Caton d'Utique eut pour bisaïeul Caton le censeur, «,ce cbef illustre de la famille Porcienne. Plus sem- « blable par son caractère aux dieux qu'aux hommes, « on pouvait le regarder cdVnme le portrait vivant de « la vertu. Il ne fit jamais rien de vertueux pour le pa- « raître, mais parce qu'il ne pouvait pas faire autre- « ment. Il ne trouvait rien de raisonnable que ce qui « était juste. Exempt de tous les défauts humains, il « demeura toujours maître de la fortune, sans jamais « lui céder. »
Pompée,
«Innocenliâ eximius, sanctilate prœcipuus, eloquentià Lib. 2,0.29 médius : potentiœ , quae honoris causa ad eum deferreliu- , non ut ab eo occuparetur, cupidissimus. Dux bello peiitissimus; civis in toga (nisi uhi vereretur ne queni liaberetparem)modestissinius. Amicitiarum tenax, in ot'f'ensis exorabilis, in reconcilianda gratia fidelissinius , in accipienda satisfactione facillimus. Potentiâ sua nunquàm , aut raiô, ad inipotenliani usus : penè omnium vitioium expers, nisi numeraretur inter maxinia, in civitate libéra dominaque gentium indignari, quum omnes cives jure haberet pares, quemquam œqualem dignitate conspicere. »
« Pompée était de mœurs très-pures, d'une probité « irréprochable, d'une éloquence médiocre; très-avide « de distinctions et d'emplois , pourvu qu'on les lui dé- « férât volontairement et par honneur, mais non jus- « qu'à les envahir par force; général très -habile dans « la guerre, citoyen très-modéré pendant la paix, si- « non lorsqu'il craignait que quelqu'un ne devînt son « égal; ami constant, facile à jiardonner les injures, de « bonne foi lorsqu'il se réconciliait, et n'exigeant point « les satisfactions à la rigueur. 11 n'usa jamais ou rate rement de son pouvoir pour commettre des injustices « et des viglences. On aurait pu dire qu'il était exempt « de tous les vices, si ce n'en était un très -grand dans « une ville libre, maîtresse de toutes les nations, où « de droit tous les citoyens sont égaux, de ne pouvoir « souffrir qu'aucun l'égalât en crédit et en autorité, m
'210 IIISTOIRK ANCIEIVNi;.
César.
Lib«2, C.41. « Gœsar forma omnium civium excellentissimus, vigoi'e animi acerrimus, muiiificenti?e effusissimus, animo super humanara et naturam et fidem evectus , magnitudine consiliorum , celeritate bellandi , patientià periculorum , Magno illi Alexandre, sed sobrio neque iracundo, simillimus : qui denique semper et somno et cibo in vitam, non in voluptatem, uteretur, »
« César, le mieux fait d'ailleurs de tous les Romains, « l'emportait sur eux par la force et l'étendue d'un « génie supérieur, par une générosité et une magnifi- « cence portées jusqu'à la profusion; enfin il paraissait « élevé au-dessus de Tliomme par un esprit et un cou- « rage qui passent toute croyance. La grandeur de ses « projets, sa rapidité dans la manière de faire la guerre, « sa hardiesse intrépide à affronter les dangers, l'ont « rendu tout -à -fait semblable à Alexandre -le -Grand, ce mais à Alexandre encore sobre et maître de sa colère. « Il usait de la nourriture et du sommeil, non pour le « plaisir, mais uniquement pour satisfaire aux besoins « de la nature. »