‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 8 sur 138 · Q. ENNIUS · texte numérisé non relu

Q. ENNIUS

Il était né l'an de Rome 5i4 ou 5i5, à Rudiae, ville an.m.s,^^.

Aurel. Yift.

deVir. illust.

de Calabre. Il vécut dans la Sardaigne jusqu'à l'âge de quarante ans. C'est là qu'il fit connaissance avec Caton, J'- ''7- ,

' ■■ ' I. lusc. n. 3

qui apprit de lui la langue grecque dans un âge fort avancé, et qui l'emmena ensuite avec lui à Rome. M. Fulvius Nobilior le mena avec lui en Étolie. Le fils de ce Nobilior lui fit accorder le droit de bourgeoisie romaine, ce qui était, dans ces temps-là, un honneur fort considérable. Il avait composé en vers héroïques les Annales de Rome, et en était au douzième livre à AuI. cdi. l'âge de soixante -sept ans. Il avait aussi célébré les ' ' ^''^'^ victoires du premier Scipion l'Africain , avec qui il était lié ^ d'une amitié particulière, et qui lui donna toujours de grandes marques d'estime et de considération. Quelques-uns même croient qu'on lui accorda une place dans le tombeau des Scipions. Il mourut âgé de soixante-dix ans.

Scipion était bien assuré que, tant que Rome subsisterait, et que l'Afrique serait soumise à l'Italie, la mémoire de ses grandes actions ne pourrait être abolie : mais ^ il crut aussi que les écrits d'Ennius étaient fort capables d'en illustrer l'éclat et d'en perpétuer le souvenir ; digne certainement d'avoir pour héraut de ses

' «Charus fuit Africano superioii 2 Non iiicendia Caithagiiiis iiupiic,

nosterEnnius. Itacjue etinniin sepul- Ejus, qui doinita nomen ab Africa

cro Scipionum putatur is esse coii- Lucratus vediit.claiiùs indicant

stitutus. » ( Cic. pro Àrch. poetn , l-andes , quàm calabia; Piérides. ... '

n. 22.) (lloRAT. lib. 4 , od. S.)

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éclatantes victoires un Homère plutôt qu'un poète dont le style répondait mal à la grandeur de ses actions !

On comprend aisément que la poésie latine, faible encore et presque naissante dans les temps dont je viens de parler, ne pouvait pas avoir beaucoup de beauté et d'ornement. Elle montrait quelquefois de la force et des traits de génie , mais sans élégance , sans grâce , et avec de grandes inégalités. C'est ce que Quintilien, en traçant le portrait d'Ennius, exprime par une comparaison admirable : Ennium sicut sacros velustate liicos adoremus , in qiiihus grandia et antiqua roborajam non tantam habent speciem, qudntam j^e- Ugionem. « Révérons Ennius, dit-il, comme on révère « ces bois que leur aacienneté a consacrés , dont les « grands et vieux chênes n'offrent plus aux yeux autant (( de beauté qu'ils inspirent un sentiment de respect « religieux. »

Cicéron, dans son traité de la Vieillesse, nous apprend un fait qui doit faire beaucoup d'honneur à la mémoire d'Ennius. Il dit que ^ « ce poète, à l'âge de « soixante-dix ans , chargé de deux fardeaux qu'on re- « garde comme accablants, la pauvreté et la vieillesse, « les portait non-seulement avec constanc^e, mais avec (( gaîté ; ce qui donnait presque lieu de penser qu'elles (( lui faisaient même plaisir, et lui étaient agréables. »

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