Tome XI. Ilist. anc. 1 I
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«agréable, délié, piquant % et qui savait parfaitement « mêler le sel et l'amertume dans ses écrits, et en même « temps rendre justice au mérite. A son départ de Rome, « je lui donnai de quoi l'aider à faire son voyage. Je « devais ce petit secours à notre amitié, je le devais « aux vers qu'il a faits pour moi. C'était ^ un ancien « usage d'accorder des récompenses utiles ou honora- « blés à ceux qui avaient écrit à la gloire des villes ou « de quelques particuliers. Aujourd'bui la mode en est « passée, avec tant d'autres, qui n'avaient guère moins « de grandeur et de noblesse. Depuis que nous cessons « de faire des actions louables , nous méprisons la '.(. louange. » Pline rapporte l'endroit de ces vers où le poète adresse la parole à sa muse , et lui recommande d'aller trouver Pline à sa maison des Esquilies, et de l'aborder avec respect.
Scd ne tompore non tuo disertam Puises ebria januam, videto.
Totos dat tetricae dies Minervce, Dùm centum studet auribus virorum Hoc quod secula poslerique possint A.rpinis quoque conipararc chartis.
Seras tutior ibis ad lucernas :
Haec hora est tua , qunm furit Lyaeus , Qnum régnât rosa , quuni niadent capilli. Tune me vel rigidi legant Catones.
' « Erat homo ingeniosus, acu- scripserant, aiit honoribus aut pcca-
lus, acer , et qui plurimùm in scri- niàornare: nostris verù temporibiis ,
hendo et salis haberet et fellis, nec ut ab"a speniosa et egregîa , ita hoc
candoris minus. » imprimis exolevit. Nam postquàna
' «Fuit moris antiqui, eos qui desjimus' facere laudanda, laudari
Tel singiilorum laudes vel iirbiuni quoque ineptnm putaraus.»
M. de Sacy a traduit ainsi ces vers :
Prends garde, petite ivrognesse.
De n'aller pas à contre- temps
Troubler les emplois importants Où du soir au matin l'occupe sa sagesse. Respecte les moments qu'il donne à des discoui's
Qui font le charme de nos jours , Et que tout l'avenir, admirant notre Pline, Osera comparer aux oracles d'Arpine.
Prends l'heure que les doux propos.
Enfants des verres et des pots.
Ouvrent tout l'esprit à la joie;
Qu'il se détend , qu'il se déploie,
Qu'on traite les sages de sots,
Et qu'alors, en humeur de rire,
Les plus Gâtons te puissent lire.
« Ne croyez- VOUS pas, dit Pline en finissant sa lettre, « que celui qui a écrit de moi dans ces termes a bien « mérité de recevoir des marques de mon affection à « son départ , et de ma douleur à sa mort ? »
Il pleura aussi beaucoup celle de Silius Italiens, de m, 3 la poésie duquel il porte un jugement tout-à-fait sensé. *"!"*'• 7- Il faisait des vers ( dit-il ) ou il y avait plus d'art que de geriie^. Un abcès incurable qui lui était survenu l'ayant dégoûté de la vie, il finit ses jours par une abstinence volontaire.