‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 100 sur 141 · Tome XI F. Hisl. Rom · texte numérisé non relu

Tome XI F. Hisl. Rom

45o HISTOIRE ROMAINE.

<c tribunitienne languissaient avec eux, moins encore « par les divers artifices de leurs ennemis que par la « mollesse et l'indolence du peuple : qu'il pouvait dans « le moment même, s'il le voulait, voir d'un coté la « ville et la place publique libres de créanciers impi- « toyables , et de l'autre les terres retirées des mains de « leurs injustes possesseurs. jNIais que de si importants « services méritaient bien qu'il en témoignât quelque « reconnaissance à ceux qui les lui rendaient , et qu'il « n'était pas de la générosité du peuple romain de n'être « attentif qu'à ses intérêts particuliers et de négliger « ceux de ses défenseurs, en leur fermant l'entrée aux a honneurs et aux dignités: qu'ainsi ils délibérassent « d'abord avec eux-mêmes sur le parti qu'ils voulaient « prendre, et qu'ensuite ils déclarassent leur volonté « dans l'assemblée pour l'élection des tribuns: que, s'ils « étaient résolus d'accepterconjointement les trois chefs « de la loi , ils |)OUvaient continuer leurs triljuns ; qu'au- « trement, il était inutile de les exposer gratuitement «. à l'envie et à la haine des patriciens ». Anpiusciau- Pendant (ju'uii dïscours si plein de hardiesse et d'ari)ose forte- rogaucc tenait les autres sénateurs dans l'etonnement

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dcnianao. «"t 'G silcnce , Appuis Clauchus Crassus, petit - fds (hi décemvir, moins dans l'espérance de réussir que j)our exhaler sa juste colère qu'il ne pouvait retenir, prit la parole, et s'exprima à peu près en ces termes: « Je « n'ignore pas, Romains, ce qu'on a coutume d'objecter « à notre famille sur son attachement pour le sénat, « et son opposition au peuple: mais je sais aussi que, « pleine de respect et de reconnaissance pour l'auguste « compagnie (pu la adoptée, elle n'a jamais niancpic « de zèle pour les véritables intérêts du pi'uple, quoi-

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u (juVlle ait été forcée quelquefois de se déclarer contre (( ses désirs , ou plutôt contre l'injustice de ceux (|ui « abusaient de sa crédulité et de sa confiance : et « c'est la triste nécessité où je me trouve réduit au- « jourd'hui. Qu'on soit patricien ou plébéien , peut-on « voir sans indignation l'empire despotique qu'un Sex- « tins et un Licinius exercent sur vous depuis neuf « années? Avez -vous rien de plus cher que votre lice bcrté? Et on a la hardiesse de vous en priver, et de « vous déclarer nettement ({u'on ne vous laissera point « vos suffrages libres dans vos assemblées et dans vos (c délibérations. Vous ne pourrez nous continuer dans « le tribiuiat, disent-ils, (jue sous condition: et cette « condition est que vous recevrez conjointement nos « lois, soit qu'elles vous plaisent ou non, soit qu'elles « vous paraissent utiles ou pernicieuses. Des Tarquins « parleraient-ils autrement? Ou recevez le tout, ou je « ne propose rien. C'est comme si quelqu'un présentait « à un homme pressé j)ar la faim du poison avec ce du pain , et cju'il l'obligeât ou de prendre l'un et ce l'autre ensemble, ou de renoncer à l'un et à l'autre « également. Si quelque patricien, ou ce qui paraît à ce quelques-uns encore plus odieux, si quelqueClaudius ce vous tenait un pareil discours, le souffririez -vous, ee Romains? Serez -vous donc toujours plus attentifs ce aux personnes qui vousSarleront qu'aux choses mêmes? ce toujours disposés à bien recevoir les propositions de ce votre magistrat, et à rejeter les nôtres? Car enfin l'arec ticle de la loi que vous refusez d'accepter, et sur lequel ce vos tribuns insistent si fort , ne va-t-il pas directement ce à vous ôter la liberté de vos suffraiies? Ils veulent ee VOUS obliger nécessairement à prendre un des deux

« consuls parmi les plébéiens. Et s'il arrive des con- « jonctures où le bien de l'état demande que vous nomce miez deux patriciens, vous n'en aurez pas la liberté! « Si votre Sextius d'une part, et de l'autre le grand « Camille avec un autre patricien demandaient le con- « sulat, vous serez forcés malgré vous de nommer « Sextius , et Camille courra rique d'être refusé ! Vous « pourrez bien nommer ensemble deux plébéiens pour « consuls, mais non pas deux patriciens! Est-ce là « établir, comme s'en vantent vos tribuns , une parfaite « égalité entre les deux corps de l'état? Mais, par ce u nouveau règlement , que deviennent les auspices, fonce dément de toutes nos cérémonies, de toutes nos ente treprises, de toute notre religion, aussi anciens que (c Rome même, et qui ont toujours été eutre les mains <c des patriciens? Qu'importe, dira-t-on, que les poulets ce ne mangent point, qu'ils sortent plus tôt ou plus tard ce de leur cage; que les oiseaux cliantent ou non? ce ce sont là de petites observances ^ Oui; mais c'est en ce gardant et respectant ces petites observances que nos ce ancêtres ont porté Rome au point de grandeur où ce nous la voyons. Maintenant nous négligeons toutes ce les cérémonies de religion , comme si nous n'avions ce plus besoin du secours et de la protection des dieux, ce Vous y ferez réflexion , Romains : quelque résolution ce que vous preniez , je souhaite que les dieux la fassent ce prospérer et la rendent util* à l'état. »

I>'cffet du discours d'Appius fut simplement de faire différer la tenue de l'assemblée pour l'acceptation de la loi

' « Parva sunt ha-c : sed parva Nunc nos , tanquaru jam nihil pacc ista nou contemnendo , majores nos- deoruin opus sit , omnes cseremonias tri inaxiinam hanc rem f'ecerunt. polluimus. » (Liv. )

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(jul déplaisait le plus aux patriciens. Les deux tribuns, ayant été continués pour la dixième fois, se bornèrent ])our-lors à faire passer la loi touchant les décemvirs gardes des livres sibyllins. On en créa cinq d'entre les patriciens et cinq d'entre ceux du peuple. Il leur parut que c'était un degré pour parvenir au consulat. Contents de cette victoire, ils consentirent (ju'on nonnnàt des tribuns militaires.

A. et M. CORNr.Lli. IL ^ An. R. 388.

Av.J.C. 364.

M. GEGANIUS.

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