C. Licmius. II
Victoire Lcs Romaius eurent cette année quelques guerres
signalée du . -. , . . ,,
jcuueMai)- p^u uiiportantcs contre des peuples voisms : celle contre Gaulois"" l^s Gaulois Icur donna plus d'inquiétude, et fit nom-
^'c^ ^-ii'' '"^"^ ^^^ dictateur, qui fut T. Quintius Pennus. Ils s'étaient avancés à trois milles de Rome. Les Romains marchèrent à leur rencontre. Les deux armées restèrent quelque temps en présence sans faire aucun mouve- i ment, séparées seulement par le pont qui était sur l'Anio (/e Téuero/iy Un Gaulois d'une grandeur énorme s'avança sur le pont, et cria à haute voix : « Que le plus « brave des Romains vienne se mesurer avec moi , afin « que le succès du combat fasse connaître lequel des « deux peuples a le plus de valeur. » Sa taille extraordinaire intimidait les plus courageux. T. Manlius, celuilà même qui s'était signalé par sa piété à l'égard de son père, vint se présenter au dictateur. «Je n'ai garde, « lui dit-il, de m'engager sans votre ordre dans un com- « bat extraordinaire , non pas même quand je serais « assuré de remporter la victoire. Mais , si vous m'en « donnez la permission, j'apprendrai à cet insolent qui « vient nous braver que je suis d'une famille (jui a prête cipité les Gaulois du haut du roc Tarpéien. » Le dictateur, après l'avoir comblé de louanges, l'exhorte à
HisToiur Ro^rvrNF. 47^
aller soutenir et venger riioniu-iir du nom roiii;iin. Le hrave champion prend ses armes , et marche vers le pont , où il trouve le Gaulois , qui , fier de sa force énorme, triomphait déjà par avance, et tirait sa langue (car Tite-Live rapporte cette circonstance, marquée dans les anciens historiens ) par dérision et par insulte. A en juger par l'extérieur , la partie ne paraissait point égale. Tout le hrillant était du côté du Gaulois : une taille extraordinaire, un habit bigarré de différentes couleurs, des armes peintes et ciselées en or. Le Romain était d'une grandeur raisonnable , et telle qu'on la souhaite dans un guerrier. Il avait des armes plus maniables pour l'usage que brillantes par la beauté. On ne l'entendait point pousser de grands cris en l'air , et on ne le voyait point se donner des agitations violentes avec ses armes. Plein d'un courage intrépide, et d'une secrète indignation , il réservait toutes ses forces pour le combat même. Quand ils furent près l'un de l'autre sur le pont , à la vue des deux armées, inquiètes l'une et l'autre du succès, et flottantes entre l'espérance et la crainte, le Gaulois, comme une masse haute et pesante, avançant de la gauche son bouqjier devant lui, décliarge avec un grand bruit un coup de son sabre sur les armes du Romain , lequel , ayant relevé la pointe du sabre avec son bouclier, et s'étant mis hors de la portée de ses coups, en s'insinuant adroitement entre ses armes et son corps, lui perce le ventre de son épée, et le renverse mort par terre. Ensuite il le dépouille et lui enlève seulement le haussecol, qu'il mit lui-même sur-le-champ autour de son cou. Pendant que la frayeur et l'étonnement tiennent les Gaulois comme innnobiles et hors d'eux-mêmes, les Romains, pleins de joie, s'a-
vancent au-devant du jeune vainqueur, et, le comblant de louanges à l'envi , le conduisent au dictateur comme en triomphe. Parmi leurs acclamations de joie, on entendit le surnom de Torquatiis^, que les soldats lui donnaient, et il demeura toujours depuis à sa postérité, et devint un titre honorable pour sa famille. Le dictateur lui fit présent d'une couronne d'or, et releva par de grandes louanges l'éclat de sa victoire, en présence de toutes les troupes. Elle eut un prompt et heureux effet, et les Gaulois, regardant le succès de ce combat singulier comme un mauvais augure pour eux, abandonnèrent leur camp la nuit suivante, et se retirèrent en désordre sur les terres des Tiburtiens ^, qui, selon quelques auteurs , les avaient engagés dans cette guerre.
An. R. 395. C. PÉTÉLIUS BALBUS.
Av.J.C.357.
M. FABIUS AMBLSTUS.
Liv. lib. 7, La guerre contre les Hcrniques échut par le sort à Pétélius , celle contre les Tiburtiens à Fabius ^. Les Gaulois s'approchèrent de Rome. A cette nouvelle, on créa un dictateur'^, félon l'usage établi alors dans les guerres contre les Gaulois. Il y eut un combat, qui fut vif, et la victoire long-temps disputée. Enfin les Gaulois huent mis en fuite, et se retirèrent à Tibur. Les deux .consuls réussirent aussi, chacun de leur côté.
' Ce sumoni vient du mot Intin Fabius viiinquit les Hernique^, et
torques , qui signifie collier, hausse- Pétclius les Tiburtiens. — L. col. C'était rorneinent des Gaulois. ^ Q. Servilius Alialn ; il clioisit
^ Tibur s'appelle maintenant Ti- pour maître de la cavalerie T. Quin-
yoli. tius Capitollnus, qui avait été dicta-
3 Tite-Live dit au contraire que leur l'année précédente. — L.
HISTOIIIE ROMAINE. ' /|77
M. POPILIUS LiENAS. An. R. 3f)f).
Av.J.C. 3'i(î.
CN. MANI-lIIS.
Les Tiburtiens curent la hardiesse de s'approclicr de l{ome , mais ils en furent repousses avec perte.